Infections associées aux soins
Infections associées aux soins

Santé publique France a pour mission de surveiller et de prévenir ces infections en établissements de santé, établissements médico-sociaux et soins de ville, contribuant ainsi à en limiter l’impact. 

Mis à jour le 21 juin 2019

Infections associées aux soins : données

Le dispositif de surveillance des infections associées aux soins piloté par Santé publique France permet de suivre l’évolution d’indicateurs spécifiques des IAS

La fréquence des infections nosocomiales ne diminue plus

Depuis 1996, des enquêtes nationales de prévalence (ENP) des infections nosocomiales (IN) et des traitements anti-infectieux (AI) sont réalisées tous les 5 ans environ.  

En 2017, l’ENP des IN et des AI avait pour objectif de mesurer, un jour donné, entre le 15 mai et le 30 juin, leur prévalence et d’en décrire les caractéristiques dans les établissements de santé (ES) en France. Le protocole a pris en compte celui de l’enquête européenne pilotée par l’ECDC. Cette 6e enquête nationale a été mise en œuvre et coordonnée par Santé publique France en partenariat avec 5 Cpias.  

Les résultats de l’ENP 2017 confirment les résultats des précédentes éditions : un jour donné en France, un patient hospitalisé sur 20 présente au moins une infection nosocomiale et près d’un patient sur 7 reçoit un traitement antibiotique. 

Depuis 2012, on observe que la prévalence globale des patients infectés reste stable alors qu’elle avait diminué régulièrement entre 2001 et 2012. Par rapport aux autre pays européens, le rang de la France en matière de prévalence des patients infectés en ES de court séjour a reculé en 2017 par rapport à 2012. 

Ces résultats incitent à poursuivre les actions de prévention des infections associées aux soins en les ciblant sur les infections les plus fréquentes et/ou les plus graves (infections urinaires, infections du site opératoire, pneumonies, bactériémies). Enfin, les variations régionales de la prévalence des patients infectés ou traités, si elles peuvent s’expliquer par celles des caractéristiques des patients ou établissements, doivent être connues et prises en compte dans le cadre d’une déclinaison régionale des actions dorénavant promues par les missions nationales de prévention et de surveillance des IAS

ENP 2017 – Résultats

Publication à télécharger

Enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales et des traitements anti-infectieux en établissements de santé, France, mai-...

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ENP 2012 – Résultats

ENP 1996 – Résultats

Les infections associées aux soins en Ehpad sont moins fréquentes et moins sévères qu’en établissement de santé

Cette enquête nationale de prévalence des infections associées aux soins (IAS) et des traitements antibiotiques (ATB) en Ehpad a mesuré, un jour donné entre le 16 mai et 30 juin 2016, la prévalence des IAS et des traitements ATB prescrits aux résidents. 

Près de 3 résidents sur 100 sont infectés le jour de l’enquête. Chez les résidents présentant un dispositif invasif à demeure le jour de l’enquête (sonde urinaire ou cathéter), près d’un résident sur 10 est infecté.
Les infections les plus fréquentes sont les infections urinaires, les infections respiratoires basses et d’infections de la peau et des tissus mous. 

La prévalence des résidents infectés est faible en comparaison des autres données françaises ou étrangères existantes dans le secteur médico-social. 

La répétition de cette enquête nationale tous les 5 ans permettra un suivi dans le temps de ces indicateurs.

Prev’Ehpad 2016 – Résultats

rapport/synthèse 1/01/2016

Enquête nationale de prévalence des infections associées aux soins et des traitements antibiotiques en Établissements d'hébergement pou...

vignette-infographie
2/07/2019

Enquête nationale de prévalence des infections associées aux soins et des traitements antibiotiques en Ehpad

HALT 2010 – Résultats

Thiolet JM, Lejeune B, Coignard B. Enquête nationale de prévalence en Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (HALT), France, juin-septembre 2010. Résultats. Communications orales. XXIIe Congrès de la Société française d'hygiène hospitalière, Lyon, 9 juin 2011

Un ralentissement de la baisse des infections du site opératoire (ISO) en 2017

En 2017, Le ralentissement de la baisse de l’incidence est confirmé. En témoigne l’augmentation des taux d’infections du site opératoire pour les hernies de paroi abdominale, les prothèses primaires de genou ainsi que pour les exérèses veineuses des membres inférieurs. 

D’autres paramètres peuvent contribuer à expliquer ce phénomène. En 2016, une stagnation du nombre d’établissements ayant participé à la surveillance des interventions prioritaires par rapport à 2015 a été observée : 357 pour 111 198 interventions. D’autre part, davantage de spécialités ont surveillées en 2016 par rapport à 2015 : chirurgie gynécologie-obstétrique (+11%), chirurgie d’exérèse veineuse des membres inférieurs (+13%), chirurgie bariatrique (+31%) et chirurgie réparatrice et reconstructive (+160%).  

La répartition des spécialités et leurs taux d’infections du site opératoire respectifs étaient : 213 établissements de chirurgie digestive (taux d’ISO = 1,59%), 255 établissements de chirurgie orthopédique (1,27%), 196 établissements de gynécologie-obstétrique (1,81%), 69 établissements de traumatologie (1,12%), 85 établissements de chirurgie d’exérèse veineuse du membre inférieur (0,63%), 80 établissements d’urologie (3,03%), 51 établissements de chirurgie bariatrique (1,21%), 40 établissements de neurochirurgie (0,92 %), 10 établissements de chirurgie coronaire (3,81%), 9 établissements de chirurgie thoracique (1,75%) et 13 établissements de chirurgie réparatrice et reconstructive (3,53%).  

Publication à télécharger

Surveillance des infections du site opératoire dans les établissements de santé : Réseau ISO-Raisin, France. Résultats 2017

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Une hausse significative des pneumonies liées à l'intubation et une baisse significative des bactériémies liées à un cathéter central en réanimation adulte de 2014 à 2017

Les services de réanimation accueillent une population à fortes morbidité et mortalité, souvent exposée à des procédures invasives qui accroissent le risque d’infection nosocomiale. La surveillance des infections en réanimation est essentielle pour mesurer ce risque et contribuer à leur prévention.

Depuis 2004, la surveillance nationale REA-Raisin a ciblé les infections associées à un dispositif invasif :  

  • pneumopathie et ventilation mécanique ;
  • infection locale ou bactériémie ;
  • cathéter veineux central ;
  • ensemble des bactériémies.  

Grâce à la participation de 199 services déclarants, des taux d’incidence de ces infections nosocomiales dans les services de réanimation de France métropolitaine ont pu être estimés pour l’année 2017. Ces résultats de référence sont également déclinés par région. Il est observé une augmentation au cours des cinq dernières années de l’incidence des pneumonies sur ventilation mécanique et une baisse de l’incidence des bactériémies liées aux cathéters veineux centraux, atteignant pour ces dernières des taux inférieurs aux objectifs du Propias 2015. 

Ces données permettent aux services participants d’évaluer et orienter leurs actions de prévention. Elles permettent également de décrire la situation en France par rapport à d’autres pays d’Europe.

A partir de 2019, la surveillance des infections nosocomiales en réanimation est inscrite dans la mission nationale « Surveillance et prévention des infections associées aux dispositifs invasifs » (SPIADI). Ce nouveau programme vise une participation d'un plus grand nombre de services de réanimation ainsi qu'un élargissement de la surveillance des bactériémies associées aux cathéters hors des services de réanimation et hors des établissements de santé. 

A lire aussi

actualité 4/04/2019

Santé publique France dévoile les dernières données de surveillance des infections nosocomiales dans les services de réanimation

rapport/synthèse 1/02/2019

Surveillance des infections du site opératoire dans les établissements de santé : Réseau ISO-Raisin, France. Résultats 2017

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Les résultats de la surveillance nationale des bactériémies nosocomiales dans les établissements de santé : réseau BN-Raisin de 2001 à 2006 

Publication à télécharger

rapport/synthèse 1/01/2008

Surveillance des bactériémies nosocomiales en France. Réseau BN-Raisin, Résultats 2004

rapport/synthèse 1/04/2005

Surveillance des bactériemies nosocomiales en France. Résultats 2003

rapport/synthèse 1/11/2004

Surveillance des bactériémies nosocomiales en France. Résultat 2002

Une diminution des accidents exposants au sang chez les soignants en 2015

En 2015, 14 624 accidents d’exposition au sang ont été documentés dans 825 établissements de soins. L’incidence globale des accidents d’exposition au sang était de 5,7 pour 100 lits. Celle-ci a diminué de 23,0 % globalement et de 23,8 % dans la cohorte stable 2008-2015 (n=231 ES). Les accidents d’exposition au sang percutanés (n=11 476) étaient la cause la plus fréquente d'AES rapporté, principalement associés à des piqûres (n=9 703), la moitié d'entre elles étant liées à la manipulation d'aiguilles (48,4 %). Au sein de la cohorte stable, le juste usage des gants a progressé de 68,5 % en 2008 à 76,9 % en 2015.  

En revanche, la mise à disposition des collecteurs à objets piquants coupants tranchants est restée stable : 70,4 % en 2008 à 72,0 % en 2015. En 2015, 31,9 % des AES étaient évitables par le respect des précautions standard. Au sein de la cohorte stable 2008-2015, une diminution significative de la proportion des AES évitables est observée (de 39,9 % en 2008 à 31,9 % en 2015). 

Les résultats montrent une diminution constante des accidents d’exposition au sang et suggèrent que la sécurité d’exercice des professionnels de santé a nettement progressé ces dernières années. Au-delà de ces résultats très positifs, cette surveillance a permis une meilleure connaissance des accidents d’exposition au sang, étape essentielle pour guider les stratégies de prévention.  

Un outil de saisie reste disponible, renseignements auprès des CPias ou du Groupe d’études sur le risque d’exposition des soignants aux agents infectieux (GERES

Publication à télécharger

Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français. Réseau AES-Raisin, France. Résultats 2015

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Les signalements et alertes concernant les infections associées aux soins [hors Bactéries Hautement Résistantes aux antibiotiques émergentes (BHRe)]

  • La lettre du signalement, publication de Santé publique France initiée à l’occasion du déploiement de l’outil de télé-signalement des infections nosocomiales, e-SIN, fin 2011, est téléchargeable à partir de ce lien.  Il est prévu une diffusion pluriannuelle. Elle a pour objectif de promouvoir et valoriser le dispositif du signalement des Infections associées aux soins (IAS). Elle fournit l’actualité des points saillants relatifs au signalement (épisodes marquants, émergence d’un phénomène épidémique) et rappelle les dernières évolutions réglementaires et applicatives du dispositif. Les Centres d’appui pour la prévention des IAS (CPias) qui contribuent largement à sa production, la propose également sur leurs sites respectifs.
  • L'utilisation d'e-SIN est réservée aux professionnels des établissements de santé (praticiens en hygiène et responsables signalement), des ARS, des CPias et de Santé publique France, incluant les Cellules régionales. L’accès à l'application e-SIN nécessite une inscription préalable à l'annuaire de l'application e-SIN, via un formulaire dédié à chaque type d'utilisateur : établissement de santé, agence régionale de santéCpiasCellules régionales de Santé publique France. L’inscription validée par l’administrateur, l'utilisateur reçoit, dans un délai maximal de 7 jours, ses identifiant et mot de passe de connexion à e-SIN.
  • L’objectif de cet outil de signalement des IAS est de fluidifier le partage d’informations entre les différents acteurs et ainsi de gagner en réactivité face aux situations critiques et en simplification des procédures. Les publications d’études issues des données du signalement externe des IAS sont accessibles sur le site et à partir de l’onglet du BEH.  Depuis 2017, un bilan annuel national des signalements enregistrés sur l’application est consultable. L’historique  des alertes nationales les plus importantes est  également disponible.
  • Les alertes internationales issues du dispositif de signalement externe des IAS restent rares : Poudre de lait pour nourrissons contaminé à E. sakasakii (2006) 
  • Indépendamment de l’émergence de nouvelles résistances des antibiotiques, le signalement externe des IAS permet de recenser des situations sanitaires critiques, à l’origine parfois de la survenue de nouveaux phénomènes épidémiques récurrents. Ces derniers sont présentés, sous forme de bilans thématiques,  après analyse conjointe du Cpias, de Santé publique France, éclairée, le plus souvent, par l’expertise du CNR concerné.
  • Clostridium difficile (CD) est un bacille à Gram positif anaérobie sporulé présent dans le tube digestif de l’homme adulte en bonne santé chez qui la fréquence du portage peut atteindre 3 %. Le portage asymptomatique est beaucoup plus fréquent chez les nourrissons (5 à 70 %).  Les Infections à Clostridium Difficile (ICD) sont la première cause des diarrhées nosocomiales, seules les souches produisant des toxines sont pathogènes. CD est responsable de 15 à 25 % des diarrhées post-antibiotiques dont la sévérité est variable. Dans les formes simples, la diarrhée est en général modérée et les signes généraux sont souvent absents. Plus rarement, CD peut provoquer une inflammation sévère du colon (colite pseudomembraneuse). Aucun traitement n’est requis, lorsque les symptômes sont bénins, les symptômes disparaissant avec l’arrêt de prise d’antibiotique ou avec une antibiothérapie adaptée.  Pour les cas les plus sévères, un transfert en réanimation voire un traitement chirurgical est nécessaire. Dans de rares cas l’ICD peut être mortelle. 
  • L’émergence et la dissémination épidémique d’un clone particulièrement virulent de CD, dénommé 027 en référence à son profil par PCR-ribotypage a concerné le nord du continent américain dès 2003 puis l’Europe, en 2005. En France, la région Nord-Pas de Calais a connu sur la période 2006-2007, une épidémie d’ampleur régionale. Depuis, les travaux du CNR Bactéries anaérobies et botulisme ont montré l’implication d’autres clones dans les épidémies d’infection à C. difficile, en France. Les dernières données de surveillance fournies par le CNR sont disponibles ici.