Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français. Réseau AES-Raisin, France Résultats 2013-2014

Publié le 1 Janvier 2016
Mis à jour le 5 juillet 2019

Contexte : l'accident avec exposition au sang (AES) et aux liquides biologiques est un risque professionnel majeur pour les professionnels de santé. Objectif : surveiller les AES dans les Établissements de santé (ES) français. Méthodes : la participation des ES à ce réseau de surveillance (AES-Raisin) est volontaire et anonyme. Les AES ont été documentés à l'aide d'un questionnaire standardisé qui documente la nature, les circonstances (mécanisme, type de dispositif, statut infectieux de la source) et le suivi de chaque AES. La survenue des AES a été rapportée au nombre de lits des hôpitaux, au nombre de professionnels de santé (en équivalent temps plein (ETP)) et à l'utilisation de certains dispositifs médicaux. Résultats : 19 811 AES en 2013 et 17 927 AES en 2014 ont été respectivement documentés dans les 1 056 ES en 2013 et dans 1 087 ES participant au réseau de surveillance en 2014. L'incidence globale des AES était de 6,3 pour 100 lits en 2013 et de 5,7 en 2014, variant de 1,4 à 16,3 pour 100 ETP selon les catégories professionnelles. Pour l'ensemble des ES participants et dans la cohorte stable des 275 hôpitaux qui ont participé chaque année de 2008 à 2014, les taux d'incidence AES pour 100 lits ont diminué significativement de 23,0 % et 19,2 %, respectivement (p<10-4). L'accident percutané était la cause la plus fréquente d'AES rapportée. Au nombre de 14 139 en 2014 soit 78,8 % de la totalité des AES, ils étaient principalement associés à des blessures par piqûre (n=12 113), la moitié d'entre elles étant liée à la manipulation des aiguilles (48,8 %) qui reste le principal type d'exposition signalée. Au sein de la cohorte stable, la conformité de l'usage des gants dans les ES rapportant des AES s'est élevée de 68,6 % en 2008 à 74,6 % en 2014. En revanche, la mise à disposition des collecteurs à objets piquants coupants tranchants est restée stable, de l'ordre de 71 %. En 2014, l'AES était toujours un événement évitable grâce au respect des précautions standard dans 29,8 % des cas. Au sein de la cohorte stable entre 2008 et 2014, une diminution significative de la proportion des AES évitables était observée (de 40,4 % en 2008 à 33,1 % en 2014) ainsi que l'utilisation croissante des dispositifs sécurisés. Conclusions : les résultats 2013-2014 du réseau AES-Raisin suggèrent que la sécurité d'exercice des professionnels de santé a été fortement améliorée au cours des sept dernières années en France. Cette surveillance a permis une meilleure connaissance des AES, démarche essentielle pour guider les stratégies de prévention (mesures organisationnelles, techniques, formations). Ces efforts de prévention méritent d'être poursuivis pour continuer à optimiser cette sécurité d'exercice.

Auteur : Reseau AES-Raisin
Année de publication : 2016
Pages : 94 p.