Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français en 2007. Résultats

Publié le 1 Novembre 2009
Mis à jour le 5 juillet 2019

Sous l'égide du Réseau d'alerte, d'investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin) et avec le Groupe d'étude sur le risque d'exposition des soignants aux agents infectieux (Geres), les méthodes de surveillance des accidents exposant au sang (AES) font l'objet d'un consensus et d'un réseau national depuis 2002. Chaque établissement documentait de manière volontaire, anonyme et standardisée tout AES chez un membre du personnel (étudiant ou stagiaire inclus) déclaré au médecin du travail du 1er janvier au 31 décembre 2007. Les données étaient recueillies sur une fiche adaptée du Geres documentant les circonstances de l'AES (nature, mécanisme, matériel en cause), son suivi (soins immédiats, suivi et prophylaxie éventuelle) et le statut infectieux du patient source. L'incidence des AES était rapportée au nombre de lits d'hospitalisation, aux nombres d'Équivalents temps plein (ETP) de professionnels et à la consommation de certains dispositifs médicaux. En 2007, 15 605 accidents d'exposition au sang étaient recensés dans 626 établissements. La couverture nationale du réseau peut être estimée à 22 % des établissements de santé et 46 % des lits soit un élargissement de l'implantation par rapport à 2006 (respectivement 18 % et 42 %). La connaissance du statut du patient source vis à vis du VHC et du VIH, qui conditionne la prise en charge ultérieure du soignant, demeure encore dans plus de 20 % des cas inconnue. Le taux de prescription de la chimioprophylaxie antirétrovirale continue de décroître, puisque prescrite dans 4 % des AES en 2007 versus 6,3 en 2002. Le traitement a été interrompu dans 41 % des cas le plus souvent en raison de la connaissance a posteriori du statut négatif du patient source pour le VIH. Le délai médian de prise en charge d'un soignant après son AES était d'une heure, démontrant le caractère très opérationnel de cette organisation en France. Depuis 2004 les aiguilles à suture arrivent en première position des AES liés à des aiguilles, avant les sous cutanées. Ces AES représentent 10 % de l'ensemble des accidents survenant dans les secteurs de chirurgie, d'obstétrique mais aussi de réanimation et d'urgence. Il paraît donc toujours nécessaire de favoriser la sécurisation de ce geste et de promouvoir l'usage d'aiguilles à bout mousse. L'observance du port du gant chez les soignants accidentés et la proximité du collecteur sont passées respectivement de 58 à 67 % et de 66 à 72 % entre 2002 et 2007 ce qui représente encore un nombre élevé de situations à risque. Même s'il progresse, le taux de sécurisation du matériel demeure encore faible dans les AES documentés avec 31 % pour les cathéters courts et 32 % pour les aiguilles des chambres implantables contre respectivement 26 et 24 % en 2005. L'incidence des AES pour 100 lits d'hospitalisation est de 7,5. Sur la base des 448 505 lits d'hospitalisation recensés en France (données SAE 2006) cela permet d'estimer à 33 638 (IC à 95 % : 33 293-33 983) le nombre d'AES qui auraient été déclarés en 2007 aux médecins du travail des établissements de santé français. Si on met ce chiffre en perspective avec les données 2004 du même réseau, à savoir une incidence de 8,9 % et un nombre d'AES estimé de 41 429, cela représente une baisse de près de 8 000 AES. Même s'il ne s'agit que d'une estimation assez empirique cela laisse à penser que des progrès importants en terme de sécurité des soins ont été accomplis en France durant cette période. Poursuivre et accentuer cette dynamique sera l'objectif du programme national 2009-2012 de prévention des infections nosocomiales. L'objectif annoncé de ce dernier est de réduire encore de 25 % l'incidence des AES. (R.A.)

Auteur : Reyreaud E, Venier AG, Parneix P
Année de publication : 2009
Pages : 71 p.