Maladies à transmission vectorielle

Les maladies à transmission vectorielle sont des maladies infectieuses transmises par des vecteurs, essentiellement insectes et acariens hématophages. Santé publique France participe à leur surveillance. 

Publié le 17 juin 2019

Des maladies parasitaires, bactériennes ou virales 

Les maladies à transmission vectorielle sont des maladies infectieuses transmises par des vecteurs. Ces vecteurs sont des arthropodes hématophages qui assurent une transmission active (mécanique ou biologique) d’un agent infectieux d’un vertébré vers un autre vertébré. Il s’agit essentiellement d’insectes et d’acariens hématophages.  

Ils transmettent des maladies : 

  • parasitaires (comme le paludisme, la maladie de Chagas) ;
  • bactériennes (comme la borréliose de Lyme, les rickettsioses, la peste) ;
  • ou virales (telles que la dengue, le chikungunya et le West Nile - ou virus du Nil occidental) : 
    • les virus transmis par des arthropodes hématophages sont appelés des arbovirus. Ce terme dérive de la dénomination anglaise d’« arthropod-borne virus ». 

Des maladies strictement humaines ou des zoonoses 

Ces maladies peuvent être strictement humaines (paludisme par exemple) mais plusieurs sont des zoonoses (maladie transmissible de l’animal à l’Homme et inversement), comme l’infection à virus West Nile ou la borréliose de Lyme.

Parmi les arthropodes hématophages, seuls quelques-uns peuvent être des vecteurs. Il s’agit principalement d’insectes et d’acariens hématophages, plus précisément de moustiques, phlébotomes (moucherons), poux, punaises et tiques. Les agents infectieux sont transmis par des vecteurs qui leur sont spécifiques. Ainsi, le paludisme est transmis par certains anophèles, la dengue par des moustiques du genre Aedes, la borréliose de Lyme par des tiques du complexe Ixodes. 

L’infection est transmise par le vecteur après qu’il s’est lui-même infecté au cours d’un repas sanguin sur un hôte porteur de l’agent infectieux. A la suite de ce repas infectant, l’agent infectieux se réplique ou se transforme dans le vecteur pendant une durée de 5 à 15 jours (appelée cycle extrinsèque). A l’issue de ce cycle extrinsèque le vecteur peut transmettre la maladie. Les modes de transmission sont variés, il s’agit le plus souvent de piqûre (paludisme, chikungunya, maladie du sommeil, borréliose de Lyme), mais la transmission peut aussi se faire par déjection du moustique (maladie de Chagas, rickettsioses) ou par régurgitation (peste). 

Une épidémiologie qui dépend de plusieurs facteurs 

L’épidémiologie des maladies à transmission vectorielle dépend : 

  • des vecteurs : leur répartition, leur compétence et leur capacité. La compétence d’un vecteur est son aptitude à s’infecter sur un hôte vertébré, à assurer le développement d’un agent infectieux et à transmettre cet agent à un autre hôte. La capacité prend en compte les conditions du milieu. Elle dépend de la compétence, du taux de contact vecteur-hôte, lui-même dépendant de la préférence trophique (choix de l’espèce de vertébré pour le repas sanguin) et de l’abondance (densité de vecteurs), ainsi que de la longévité du vecteur (plus la longévité d’un vecteur est importante, plus il aura eu de chance de s’infecter lors d’un repas sanguin ; 
  • des agents infectieux : leur infectiosité, leur spécificité d’hôte, leur résistance aux anti-infectieux par exemple ; 
  • des activités humaines, de l’environnement, des conditions climatiques : ces facteurs influent sur la répartition et l’activité des vecteurs et jouent sur les interactions entre les vecteurs et les hommes ainsi que les réservoirs animaux. 

Des maladies en expansion 

L’expansion des maladies à transmission vectorielle découle aujourd’hui principalement de l’intensification et de la mondialisation des échanges de biens et des mouvements de personnes. Les interactions de l’homme avec son environnement, ainsi que les changements climatiques représentent également des facteurs de propagation de ces maladies.