Mésothéliomes

Le mésothéliome est un cancer dont le seul facteur de risque connu est l’amiante. Son incidence est en augmentation, en particulier chez les femmes. Il donne droit à des indemnisations médico-sociales.

Mis à jour le 17 juin 2019

Mésothéliome : la maladie

Un cancer de la plèvre dans la majorité des cas

Le mésothéliome est un cancer touchant les séreuses (membranes enveloppant les organes).  

La localisation de loin la plus fréquente (85 à 90 % des cas) est la plèvre (enveloppant les poumons), puis de façon moindre, le péritoine (enveloppant les viscères de la cavité abdominale) dans 8 à 10 % des cas. D’autres localisations sont possibles (péricarde, vaginale testiculaire) mais très rares.  

Le diagnostic de mésothéliome est complexe et s’appuie notamment sur un réseau d’experts en anatomie pathologique.  

Le pronostic est sombre (survie moyenne d’un an). 

L’amiante est le seul facteur de risque avéré pour les mésothéliomes, en l’état actuel des connaissances.  

Le mésothéliome est le seul cancer à déclaration obligatoire.

Les chiffres-clés du mésothéliome
Infographie concernant le mésothéliome

L’exposition à l’amiante comme seul facteur de risque avéré

L’amiante est le seul facteur de risque avéré pour les mésothéliomes, en l’état actuel des connaissances. L’amiante est un cancérogène avéré classé en catégorie 1 par le Circ (Centre international de recherche sur le cancer) pour les mésothéliomes. Le mésothéliome est un indicateur fiable des expositions passées à l’amiante y compris de faible intensité comme dans le cas des expositions environnementales.
A noter que d’autres facteurs de risques ou de susceptibilité ont été évoqués dans la littérature, mais que leur rôle semble mineur dans la survenue des mésothéliomes. Il s’agit d’autres fibres (comme les laines minérales, les fibres céramiques réfractaires (FCR), Kevlar, carbone…), des rayonnements ionisants, du virus simien, de mutations génétiques, d’antécédents de cancers, pathologies respiratoires ou d’inflammations chroniques (comme maladie de Crohn, endométriose, ou péritonites récurrentes).

Parmi les cas de mésothéliome pleural, une exposition professionnelle à l’amiante est retrouvée chez :

  • plus de 90 % des hommes
  • environ 40 % des femmes 

L’exposition peut également être d’origine environnementale. Les études démontrent l’existence d’un risque de mésothéliome pour de très faibles niveaux d’exposition (en particulier environnementale).

Des efforts de prévention importants

L’amiante est interdit en France depuis 1997 (décret n°96-1133 du 24 décembre 1996 modifié) et de nombreuses réglementations ont été mises en œuvre dans le champ de la prévention et la protection des différents acteurs susceptibles de rencontrer des matériaux contenant de l’amiante (MCA)… Beaucoup de MCA sont encore en place, sur lesquels de nombreux professionnels ou bricoleurs interviennent parfois sans connaissance de leur nature réelle et donc sans précaution spécifique.

La réglementation fixe les dispositions qu’il est nécessaire de mettre en œuvre pour : 

  • protéger la population avec notamment la recherche des matériaux contenant de l'amiante (Code de la santé publique),
  • protéger les travailleurs pouvant être exposés : notamment évaluation des risques, dispositions particulières du code du travail sur les travaux de retrait et d’encapsulage de l'amiante, sur les modalités d’intervention sur des matériaux susceptibles de contenir et libérer de l’amiante,
  • protéger l'environnement avec en particulier les modalités d'élimination des déchets.

En savoir plus sur la réglementation

Des systèmes de reconnaissance médico-sociale sous-utilises

Reconnaissance en maladie professionnelle (DMP)
Tout patient atteint de mésothéliome ayant été exposé à l’amiante au cours de sa carrière professionnelle lors d’une période d’activité salariée peut effectuer une DMP au titre du tableau 30 du régime général de la sécurité sociale (RGSS). Les données statistiques publiées par le RGSS soulignent une sous-déclaration en MP pour de nombreuses affections. Pour le mésothéliome, malgré l’augmentation des cas reconnus en MP au cours de la dernière décennie (275 cas en 2000, 410 cas en 2016), environ 75% des cas pouvant bénéficier d’une reconnaissance fait une demande auprès de l’assurance-maladie (données du PNSM). 
 
Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva) :
Depuis 2000, les sujets atteints de mésothéliome et ayant travaillé sur le territoire français peuvent, parallèlement ou indépendamment de la DMP, faire une demande d’indemnisation auprès du Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva), quel que soit leur régime de protection sociale et leur exposition, le diagnostic de la plupart des mésothéliomes (malin primitif de la plèvre, du péritoine, du péricarde et autres tumeurs pleurales primitives) valant justification d’exposition à l’amiante. 
D’après les données du PNSM, 58% des cas de mésothéliome pleural relevant du RGSS ont adressé une demande d’indemnisation auprès du Fiva vs seulement 43% des cas relevant d’un autre régime de protection sociale.