Exposition à des substances chimiques

L’exposition à des substances chimiques présentes dans l’environnement ou en milieu de travail peut avoir des conséquences néfastes sur la santé. Santé publique France met en œuvre des dispositifs de surveillance pour caractériser et évaluer leurs impacts sur la santé.

Publié le 30 août 2019

Des substances au quotidien

Les substances chimiques sont présentes partout dans notre environnement : dans les sols, l’eau, l’air, dans l’alimentation, les produits ménagers, les cosmétiques… à l’extérieur mais aussi à l’intérieur des habitations, des lieux de vie et de travail.
L’exposition aux substances chimiques concerne la population générale ou des populations particulières, notamment en milieu de travail.

Des conséquences sur la santé humaine

Si toutes les substances chimiques ne sont pas toxiques, certaines peuvent avoir des effets délétères sur la santé et peuvent être classées comme cancérigènes et/ou mutagènes et/ou toxiques pour la reproduction et/ou suspectées d’être perturbateurs endocriniens.Les risques pour la santé associés aux substances chimiques dépendent de plusieurs facteurs, dont :

  • les caractéristiques de la substance considérée ;
  • les voies de pénétration dans l’organisme (respiratoire, cutanée, digestive ou placentaire) ;
  • le mode d’exposition (niveau, fréquence…) ;
  • le moment et la durée de l'exposition ;
  • l’état de santé de la personne concernée (pathologies existantes...).

Ainsi, certaines personnes peuvent être plus sensibles aux substances chimiques que d'autres.

  • la susceptibilité génétique : certaines personnes peuvent présenter des prédispositions génétiques susceptibles  modifier l’absorption, la détoxification ou l’élimination des substances chimiques présentent dans leur environnement ;
  • l’âge : lors de certaines périodes de développement (vie intra-utérine, petite enfance, adolescence), la susceptibilité aux produits chimiques est élevée, avec un risque augmenté de conséquences pour la santé.

Ces effets peuvent apparaître à la suite :

  • d’une intoxication aiguë (exposition brève) ;
  • d’une intoxication chronique (contacts répétés avec la substance, même à faibles doses) ;
  • d’une exposition, même à faible dose, durant les périodes de développement.

Les pathologies liées aux expositions aux substances chimiques peuvent apparaître immédiatement ou de façon retardée voire plusieurs mois ou années après l’exposition. Les conséquences d’une exposition au cours du développement peuvent se manifester tout au long de la vie.

33%

En 2010, 33% des salariés français ont été exposés à au moins un agent chimique dangereux

Les données statistiques actuellement disponibles de l’enquête relative à la surveillance médicale des expositions aux risques professionnels (SUMER), montrent, qu’en France  en 2010, 33 % des salariés ont été exposés à au moins un agent chimique dangereux et 10 % des salariés à au moins un produit chimique cancérogène au cours de la semaine précédant l’enquête, soit 2,2 millions de salariés. Cette exposition touchait principalement les hommes (78 % des salariés exposés) et particulièrement ceux de moins de 25 ans, plus fréquemment exposés que les autres classes d’âge.

Par ailleurs, les travaux de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) permettent d’établir qu’environ 120 000 substances chimiques sont mises sur le marché européen, parmi lesquelles plusieurs milliers répondent aux critères de classification CMR (cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction), et de nombreuses autres sont considérées comme dangereuses pour la santé humaine.

Des dispositifs de surveillance mis en place en France

S’agissant des expositions aux substances chimiques, les travaux menés par Santé publique France participent de la caractérisation de l'exposome, tel qu'inscrit dans la loi de Santé Publique, et qui vise notamment à mieux caractériser de manière intégrée les expositions durant la vie entière des individus, en combinant leurs divers environnements.

En fonction des connaissances disponibles, Santé publique France met en place des dispositifs de surveillance des expositions et, le cas échéant des dispositifs de surveillance des impacts sanitaires, consécutifs à l’exposition à ces substances.

La surveillance des expositions se fait au niveau national, via le programme national de biosurveillance. Elle concerne majoritairement des substances pour lesquelles il n’existe pas d’indicateur d’impact sanitaire disponible. Pour d’autres substances, comme le CO, le plomb  un certain nombre d’indicateurs d’impacts sanitaires sont définis : CO et mortalité ; Plomb et saturnisme infantile et de la femme enceinte. Pour ces substances, des dispositifs spécifiques de surveillance ont été développés et sont animés par Santé publique France. Dans le cadre de la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, Santé publique France surveille et analyse au niveau national certains indicateurs de santé en lien possible avec l’exposition aux perturbateurs endocriniens sélectionnés sur la base du poids des preuves.

En France, le programme national de biosurveillance a été mis en place dans les suites du Grenelle de l’environnement, et est inscrit dans les actions du plan national Santé environnement. Après la production de données portant sur quelques substances dans le cadre du volet environnemental de l’étude nationale nutrition santé (ENNS) conduite en 2006-2007, deux études sont actuellement réalisées dans le cadre de ce programme :

  • le volet périnatal, qui correspond à l’analyse des biomarqueurs pour les mères incluses en 2011 dans la cohorte Elfe ;
  • l’étude Esteban (Étude de Santé sur l’Environnement, la Biosurveillance, l’Activité physique et la Nutrition) conduite en 2014-2016.

Ce programme a pour objectifs de répondre aux enjeux de santé publique prioritaires suivants : la description des niveaux d’imprégnation de la population, afin d’établir des valeurs de référence nationales, et le suivi dans le temps des niveaux d’imprégnation au niveau national (par répétition des enquêtes).
Il permet d’aider au pilotage des politiques publiques, en permettant le suivi et l’évaluation de l’efficacité ou de l’impact des stratégies de réduction d'exposition.

D’autres études nationales concernent :

  • des substances en particulier (monoxyde de carbone, dioxine, plomb, PCB, pesticides…) ;
  • ou des territoires particuliers.

Chez les travailleurs

Plusieurs dispositifs généralistes ou particuliers de surveillance des expositions aux substances chimiques sont mis en œuvre.

  • Le projet Matgéné permet de connaître l’exposition actuelle et celle au cours de la carrière professionnelle à des substances chimiques néfastes pour la santé comme les cancérogènes. Il s’intéresse à l’ensemble des travailleurs français quel que soit leur statut : salariés, indépendants, agriculteurs, etc.
  • Le projet Matphyto cible spécifiquement les travailleurs agricoles et leur exposition aux pesticides. Celle-ci est appréhendée tout au long de leur activité professionnelle de manière à pouvoir la lier à d’éventuelles pathologies chroniques en lien avec le travail. Le projet biosurveillance des expositions professionnelles permet de rassembler les données d’exposition professionnelle mesurées chez le travailleur lors d’un prélèvement biologique (urine ou sang) que le médecin du travail prescrit.
  • La constitution de la cohorte des travailleurs agricoles exposés au chlordécone en Martinique et en Guadeloupe participe également à la surveillance d’un risque chimique particulier.D’autres dispositifs permettent d’évaluer les expositions chimiques dans l’alimentation ou dans les milieux (air intérieur, air extérieur, eau…).

D'autres dispositifs permettent d'évaluer les expositions chimiques dans l'alimentation ou dans les milieux (air intérieur, air extérieur, eau...).

Voir aussi

Des dispositifs de surveillance mis en place en Europe

Santé publique France est impliquée dans le projet européen HBM4EU qui a pour objectif de développer et d’harmoniser les pratiques de biosurveillance à l’échelle européenne.

A télécharger

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