West nile virus

Le Virus du Nil Occidental (ou West Nile Virus) est un arbovirus principalement transmis par des moustiques pouvant provoquer des atteintes neurologiques. Il est présent sur le bassin méditerranéen.

Mis à jour le 17 juin 2019

West Nile virus : la maladie

Un arbovirus a l'épidémiologie évolutive et peu prévisible

Le Virus du Nil Occidental (en anglais : West Nile Virus) est un arbovirus du genre Flavivirus (famille des flaviviridae). Il a été isolé pour la première fois en 1937 dans le district de West Nile en Ouganda, d’où son nom. Il a été responsable d’épidémies en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie occidentale, en Europe et en Amérique du Nord où il est apparu pour la première fois en 1999.
En France métropolitaine, il est régulièrement détecté sur le pourtour méditerranéen.
Il existe plusieurs lignages de ce virus. Le lignage 1 était historiquement présent en Europe.

L’épidémiologie du virus West Nile est évolutive et peu prévisible. Elle est influencée par de nombreux facteurs notamment environnementaux. Depuis 2010, on observe une circulation plus importante en Europe, en Russie et sur le pourtour méditerranéen. L’année 2018 a été marquée par la plus forte épidémie, le nombre de cas recensés en Europe a été supérieur à la somme des 7 années précédentes.
Le virus a été introduit en Europe par des oiseaux migrateurs venus d’Afrique. Il est actuellement installé et endémisé dans plusieurs zones. Les phénomènes d’introduction par des oiseaux migrateurs se conjuguent à l’endémisation progressive.
Le lignage 2 du virus, détecté pour la 1re fois sur un oiseau en Hongrie en 2004, diffuse peu à peu en Europe et co-existe dorénavant avec le lignage 1.

Dans ce contexte, les enjeux de Santé publique France sont :

  • De détecter le plus tôt possible les cas chez l’homme en France 
  • De contribuer à la surveillance pluridisciplinaire de ce virus avec les acteurs de la santé vétérinaire et les entomologistes 
  • D’adapter la stratégie de surveillance aux évolutions épidémiologiques 
  • De contribuer à la mise en place des mesures de prévention, notamment pour la sécurisation des produits d’origine humaine (sang et greffe)
  • De contribuer à l’information des professionnels de santé, les collectivités locales et le grand public sur les mesures de protection contre les moustiques.

Une zoonose transmise principalement par des moustiques

Les oiseaux sont le principal réservoir du virus West Nile mais les humains, chevaux et d’autres espèces de vertébrés sont susceptibles d’être infectées par le virus. Les humains et les chevaux sont qualifiés d’hôtes accidentels car le cycle de transmission se fait entre oiseaux et moustiques ornithophiles.
La transmission à l’homme du virus West Nile s’effectue principalement par la piqûre d'un moustique. Il s’agit principalement de moustiques du genre Culex. Le moustique se contamine en se nourrissant sur des oiseaux infectés. Ce même moustique pourra, à l’occasion d’une autre piqûre, transmettre le virus à un autre oiseau ou à un hôte accidentel comme l’homme ou le cheval.
Néanmoins, l’homme et le cheval représentent des "culs-de-sac épidémiologiques" pour le West Nile Virus car la quantité de virus dans le sang (virémie) est insuffisante pour infecter le moustique lors d’une piqûre et permettre ainsi la transmission de la maladie.
Dans les zones tempérées la transmission du VWN est saisonnière, lors de la période d’activité des moustiques (de juin à fin octobre, pour la France métropolitaine).

Le virus peut également être transmis, plus rarement, par transfusion sanguine et transplantation d’organes ou de cellules. Des cas de transmission de la mère à l’enfant durant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement ont également été décrits. 

Transmission du virus West Nile
Transmission du virus West Nile

Une maladie le plus souvent asymptomatique mais potentiellement mortelle

Si 80 % des personnes infectées restent asymptomatiques, le virus du Nil occidental peut être à l’origine d’une maladie neurologique pouvant être mortelle chez l’homme.

L’infection par le virus du Nil occidental est asymptomatique chez environ 80 % des personnes.

  • Toutefois, 20 % des personnes infectés développent une fièvre du Nil occidental : syndrome grippal (fièvre d’apparition brutale, maux de tête, douleurs articulaires et musculaires) qui peut être associée à une éruption cutanée. La période d’incubation dure classiquement de 2 à 6 jours mais peut-être de 2 à 14 jours. 
  • Les formes graves de la maladie, parfois mortelles, surviennent chez moins de 1 personne infectée sur 100, majoritairement des adultes et en particulier des personnes âgées. Il s’agit de formes neuro-invasives se manifestant par une méningite, une méningo-encéphalite, une paralysie flasque ou un syndrome de Guillain Barré.

Le diagnostic peut être confirmé par des analyses biologiques réalisées dans le sang et/ou dans le liquide cérébro-spinal (LCS, précédemment nommé Liquide Céphalo Rachidien –LCR), obtenu par ponction lombaire :

  • Sérologie (détection d’anticorps anti West Nile virus). Les IgM sont identifiées en moyenne à partir de 3 à 8 jours après l’apparition des signes cliniques et persistent 1 à 3 mois. Les IgG apparaissent 2 à 3 semaines après le début de l’infection et persistent des années. Il est nécessaire de disposer de 2 prélèvements à 2 à 3 semaines d’intervalle qui, en montrant une augmentation significative du titre des anticorps, permettront de prouver que l’infection est récente.
  • Des réactions sérologiques croisées sont observées avec d’autres flavivirus. Ces réactions croisées imposent de confirmer tout résultat positif par un test de neutralisation.
  • Amplification génique par RT-PCR. Le génome viral est détectable dans le plasma 2 à 18 jours après l’infection soit jusqu’à 5 jours après les premiers symptômes.
  • Isolement viral par culture virale. Cette technique est lourde et nécessite un laboratoire de biosécurité de niveau 3. Il ne s’agit pas d’un examen de routine.
Cinétique du virus et des anticorps IgM et IgG au cours d'une infection par le West Nile Virus
cinétique du virus et des anticorps IgM et IgG au cours d’une infection par le West Nile Virus

Un traitement symptomatique

À ce jour, il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre le West Nile virus. La prise en charge est donc centrée sur le traitement des symptômes lorsqu’ils sont présents.
Les cas graves sont pris en charge en milieu hospitalier, en service de réanimation si besoin.
Lorsque des cas humains sont détectés, il est nécessaire de rappeler aux personnes vivant à proximité du ou des foyers de transmission les mesures de protection contre les moustiques.

Des mesures de prévention contre les moustiques

Il n’existe actuellement pas de vaccin commercialisé pour l’Homme, ni de traitement préventif contre l’infection du virus du Nil occidental. Pour le cheval, un vaccin équin est commercialisé.

La prévention de l’infection à virus West Nile repose sur les mesures de protection contre les moustiques, à la fois :

  • Individuelles : vêtements couvrants, répulsifs, serpentins, diffuseurs électriques, moustiquaires
  • Et collectives : lutte contre les gîtes larvaires et selon la situation entomologique, éventuelles mesures contre les moustiques adultes.

Des mesures spécifiques sont mises en place pour la sécurisation de la transfusion et des dons d’organes et tissus. Elles sont basées sur le dépistage des donneurs ou l’exclusion des donneurs à risque.