Maladies liées au travail

Dues à des expositions professionnelles, les principales maladies en lien avec le travail sont surveillées par Santé publique France dans l’objectif d’élaborer, avec les partenaires, les politiques publiques de prévention.

Publié le 2 juillet 2019

Les maladies en lien avec l’activité professionnelle

Les maladies et troubles en lien avec le travail sont dues à des expositions professionnelles à des nuisances chimiques, physiques (bruit, gestes répétitifs…) psycho-sociales et organisationnelles.. Elles concernent notamment les mésothéliomes et les autres cancers, l’asthme et la bronchite chronique obstructive, la santé mentale, les troubles musculo-squelettiques, la maladie de Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique.
Les programmes de surveillance des maladies à caractère professionnel (MCP) et des accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) reconnus par les principaux régimes d’assurance maladie permettent de surveiller les troubles directement liés au travail, essentiellement les TMS, la santé mentale mais aussi d’autres troubles tels que les dermatoses ou les troubles de l’audition qui ne font pas actuellement l’objet d’une surveillance spécifique. 

Des pathologies diverses et multifactorielles

Depuis le début des années 1990, on constate une augmentation régulière des maladies professionnelles indemnisées tant au régime général de Sécurité sociale qu'au régime agricole. Les troubles musculo-squelettiques représentent de loin la première cause de maladies professionnelles indemnisées. Leur survenue est liée à des facteurs physiques et/ou psychiques et/ou organisationnels. L’amiante reste le principal facteur de risque des mésothéliomes et la liste des substances cancérigènes reconnues par le Centre international de recherche sur le cancer augmente régulièrement avec les nouvelles connaissances. L’exposition à certaines substances chimiques peut générer des pathologies respiratoires comme l’asthme. L’exposition à des facteurs psycho-sociaux peut générer une souffrance psychique voir un épuisement professionnel.

Une surveillance multimodale

Santé publique France a mis en place différentes études et dispositifs dans l’objectif d’éclairer et d’orienter l’action coordonnée des pouvoirs publics et des régimes de protection sociale :

  • Des dispositifs de surveillance épidémiologique de la population active : des cohortes généralistes (Coset, Cosmop) ou spécialisées (chlordécone, EpiNano, cohortes en entreprises et institutions comme l’Administration pénitentiaire, Espri), un système de surveillance des maladies à caractère professionnel via un réseau de médecins du travail et d’équipes pluridisciplinaires ; 
  • La surveillance des fréquences et des intensités des expositions professionnelles aussi bien pour des agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) que pour d’autres agents, physiques ou organisationnels ;
  • La surveillance de pathologies spécifiques : mésothéliome et autres cancers, troubles musculo-squelettiques, maladies respiratoires chroniques, troubles de santé mentale et maladies neurodégénératives
  • Les Groupes d’alerte en santé travail (GAST) qui constituent un dispositif régionalisé destiné à recueillir et à traiter les signalements d’événements de santé inhabituels en milieu professionnel : suspicions de regroupement de cas de maladies, syndromes collectifs inexpliqués, expositions atypiques. 

Le programme MCP, la surveillance des AT-MP, mais aussi les cohortes, le PMSI, le Baromètre Santé, des projets spécifiques permettent d’étoffer cette surveillance. Tout comme, les investigations d’agrégats de pathologies chroniques survenant en population générale, et les investigations d’événements de santé inhabituels en milieu professionnel dont les signalements entrent dans le cadre d’un dispositif spécifique à l’alerte en santé travail, les GAST (Groupes d’alerte en santé travail).

Une contribution à l’élaboration des dispositifs de prévention

Les données épidémiologiques obtenues sont des éléments indispensables pour aider les différents acteurs de la prévention (Caisse nationale d’assurance maladie, Mutualité sociale agricole, INRS, OPPBTP, Comités régionaux de prévention des risques professionnels…) à définir et à élaborer des actions de prévention prioritaires sur des pathologies, des professions ou des secteurs d’activité particuliers, dans le cadre des plans nationaux (Plan santé travail-PST3…) déclinés en régions (Plan régional santé travail-PRST).