Fortes chaleurs, canicule
Fortes chaleurs, canicule

La canicule peut avoir un impact sanitaire considérable. Il est donc primordial de bien s’en protéger. Certaines mesures doivent être mises en place surtout chez les personnes les plus à risque.

Mis à jour le 1 juillet 2019

Fortes chaleurs, canicule : données

Le Système d’alerte canicule et santé (Sacs) mis en place par Santé publique France permet d’étudier l’impact sanitaire des vagues de chaleur.

Une mortalité plus importante due à la chaleur

Sur 18 villes métropolitaines entre 2000 et 2010, la chaleur a été responsable de 1,2% de la mortalité. L’augmentation de la mortalité est très immédiate, et se concentre sur les trois premiers jours suivants l’exposition.
La relation est fortement non-linéaire, i.e. aux très fortes chaleurs, un degré de différence se traduit par une augmentation très forte de la mortalité. 

La surmortalité estimée par comparaison aux années précédentes dans les départements, et pendant les périodes concernées par les dépassements des seuils d’alerte, a été de 18% en 2015, 15% en 2018, 13% en 2016 et 5% en 2017. 

Changement climatique et canicules. Effet sur la mortalité de 1970 à nos jours.
Infographie : changement climatique et canicules, effets sur la mortalité de 1970 à nos jours

Un recours aux urgences pour des pathologies liées à la chaleur plus important

Pendant les étés 2015 à 2018, plus de 63 000 passages aux urgences et plus de 15 000 consultations SOS Médecins ont été recensés dans SurSaUD® pour la France métropolitaine, en ce qui concerne l’indicateur composite suivi dans le cadre du PNC (iPNC), qui rassemble les coups de chaleur ou Déshydratations, les déshydratations et les hyponatrémies (NB : Sursaud est un système de surveillance des urgences et des décès). Le recours aux soins d’urgences pour l’indicateur iPNC est observé tout au long de l’été, y compris en dehors des périodes de vigilance jaune ou orange canicule. Ces périodes hors vigilance regroupent respectivement 23%, 11%, 20% et 33% des passages aux urgences pour iPNC et 35%, 13%, 33% et 41% des consultations SOS Médecins pour PLC en 2015, 2016, 2017 et 2018. Les pics de recours aux soins d’urgence pour iPNC correspondent aux périodes où une large part de la population est concernée par une vigilance canicule. 

Population (en millions) concernée par une vigilance jaune ou orange canicule, nombre total de passages aux urgences et de consultations SOS Médecins pour iPNC. France métropolitaine, 2015-2017
Population concernée par une vigilance canicule jaune ou orange, nombre de passage aux urgences et consultations SOS Médecins pour iPLC, France métropolitaine, 2015-2017

2018, une canicule comparable à celle de 2015

L’été 2018 a été marqué par une canicule s’étendant du 24 juillet au 8 août. Au plus fort de cet épisode, le 6 août, 67 départements étaient en vigilance orange, 18 en vigilance jaune, représentant 70% de la population métropolitaine. Au niveau national, cette canicule présente des caractéristiques climatiques comparables à celles de fin juin 2015, plus intense et sévère que 2006 mais loin de la sévérité d’août 2003. On observe également des vagues de chaleur plus localisées début juillet et mi-août. 

  • Du 24 juillet au 11 août (période allongée de 3 jours pour permettre l’estimation des impacts différés de la canicule) on observe 5 676 passages aux urgences et 1 963 consultations SOS médecins pour l’indicateur iPNC (rassemblant hyperthermies, déshydratations et hyponatrémies) : 58% de ces passages aux urgences ont donné lieu à une hospitalisation. Si l’impact est plus important chez les plus de 75 ans, toutes les classes d’âges sont concernées.
  • Au cours des périodes de dépassements des seuils d’alerte et sur l’ensemble des départements concernés, 1 480 [fourchette d’estimation entre 958 et 1 958] décès en excès ont été observés, soit une surmortalité de 15,0 % [fourchette d’estimation entre 9,2 et 20,8%]. Les 75 ans et plus représentent plus de la moitié des décès, 931 [fourchette d’estimation entre 543 et 1277]. Cependant, l’impact relatif le plus important est relevé chez les 65-74 ans (+26 %).
  • L’excès de mortalité est proche de celui de 2015, été pour lequel les caractéristiques de la canicule étaient similaires à celles de 2018.
  • Pendant la période du 24 juillet au 11 août, quatre cas d’accidents du travail mortels pouvant être liés à la chaleur ont été notifiés à Santé publique France par l’Inspection médicale du travail.
  • Avant le 1er juin 2018, 778 747 documents de prévention ont été diffusés en France. Une affiche spécifique aux travailleurs a également été diffusée en 10 000 exemplaires dans le magazine de prévention de l’Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics. Les spots télé et radio ont été diffusés du 31 juillet au 9 août dans le cadre de la réquisition des médias par le Ministère chargé de la santé.
  • Les impacts sanitaires de la chaleur observés lors de la période estivale ne sont pas limités à la seule période du 24 juillet au 8 aout puisque les deux-tiers des passages aux urgences pour l’indicateur iPNC (hyperthermies, déshydratations + hyponatrémies) ont été observées en dehors de cette période.
  • La prévention de l’impact de la chaleur doit être anticipée sur l’ensemble de la période estivale et renforcée pendant les canicules.

Point de situation en période d’alerte

En cas d’alerte canicule, Santé publique France analyse les données tous les jours et publie un point épidémiologique hebdomadaire. Une fois l’alerte terminée, Santé publique France dresse un bilan de la vague de chaleur.

En savoir plus

Points de situation 2019

Points de situation et bilan 2018 

Points de situation et bilan 2017

Points de situation et bilan 2016

Archives

2015 : Bilan des épisodes de canicule survenus à l’été 2015. Point épidémiologique au 9 octobre 2015. 
2014 :  Clôture du système d’alerte canicule et santé 2014 
2012 :  Situation au 31 août 2012 
2011 :  Situation au 31 août 2011 
2010 :  Situation au 31 août 2010