Fortes chaleurs, canicule
Fortes chaleurs, canicule

La canicule peut avoir un impact sanitaire considérable. Il est donc primordial de bien s’en protéger. Certaines mesures doivent être mises en place surtout chez les personnes les plus à risque.

Mis à jour le 18 octobre 2019

Fortes chaleurs, canicule : données

Le Système d’alerte canicule et santé (Sacs) mis en place par Santé publique France permet d’étudier l’impact sanitaire des vagues de chaleur.

Une mortalité plus importante due à la chaleur

Sur 18 villes métropolitaines entre 2000 et 2010, la chaleur a été responsable de 1,2% de la mortalité. L’augmentation de la mortalité est très immédiate, et se concentre sur les trois premiers jours suivants l’exposition.
La relation est fortement non-linéaire, i.e. aux très fortes chaleurs, un degré de différence se traduit par une augmentation très forte de la mortalité. 

Sur les étés récents, la surmortalité a été de 18% en 2015, 13% en 2016, 5% en 2017, 15% en 2018 et 9% en 2019. Cette surmortalité est estimée par comparaison aux années précédentes hors périodes de canicule, dans les départements et pendant les périodes où les seuils d’alerte canicule ont été dépassés.

Changement climatique et canicules. Effet sur la mortalité de 1970 à nos jours.
Infographie : changement climatique et canicules, effets sur la mortalité de 1970 à nos jours

Un recours aux urgences pour des pathologies liées à la chaleur plus important

Pendant les étés 2015 à 2019, plus de 90 000 passages aux urgences et plus de 20 000 consultations SOS Médecins ont été recensés dans SurSaUD® pour la France métropolitaine, en ce qui concerne l’indicateur composite suivi dans le cadre du PNC (iCanicule), qui rassemble les coups de chaleur ou hyperthermies, les déshydratations et les hyponatrémies (NB : Sursaud® est un système de surveillance des urgences et des décès). Le recours aux soins d’urgences pour l’indicateur iCanicule est observé tout au long de l’été, y compris en dehors des périodes de vigilance jaune, orange ou rouge canicule : ainsi sur les années récentes, jusqu’à 51% des passages aux urgences, et jusqu’à 41% des consultations SOS-médecins ont eu lieu en dehors des périodes de vigilance. Mais les pics de recours aux soins d’urgence pour iCanicule sont observés pendant les périodes où une large part de la population est concernée par une vigilance canicule.

Population (en millions) concernée par une vigilance jaune ou orange canicule, nombre total de passages aux urgences et de consultations SOS Médecins pour iCanicule. France métropolitaine, 2015-2017
Population (en millions) concernée par une vigilance jaune ou orange canicule, nombre total de passages aux urgences et de consultations SOS Médecins pour iCanicule. France métropolitaine, 2015-2017

Focus sur l’été 2019

Caractéristiques météorologiques

L’été 2019 a été marqué par deux canicules très étendues et intenses, avec des dépassements des seuils d’alerte entre le 24 juin et le 7 juillet et le 21 et le 27 juillet, mais également par des dépassements courts et localisés des seuils d’alerte en Corse-du-Sud en juillet et dans l’Allier en août. Potentiellement plus de 60 millions de personnes domiciliées dans les départements touchés ont été exposées au moins un jour à des températures dépassant les seuils d’alerte, ce qui représente 93 % de la population. Lors des deux canicules principales, pour la première fois, respectivement 4 et 20 départements, représentant 7 % et 35% de la population française métropolitaine, ont été placés en vigilance rouge, compte-tenu des températures diurnes exceptionnelles : 46,0°C dans une station de l’Hérault le 28 juin, 43,6°C à Saint-Maur (Val-de-Marne) le 25 juillet et pour la première fois des températures supérieures à 40°C dans le Nord de la France, en particulier 41,5°C à Lille au cours de l’épisode de fin juillet.

S’agissant des caractéristiques d’exposition, la première canicule de 2019 a été aussi intense que les canicules de 2015 et 2018, mais d’une durée plus brève. La seconde canicule a été d’une intensité comparable à 2003, mais de nettement plus courte durée (lors de cette seconde vague, des températures supérieures aux seuils d’alerte ont été observées pendant 5 jours, vs 19 jours en 2003).

Impact sanitaire

Entre le 1er juin et le 15 septembre 2019, plus de 20 000 passages aux urgences et 5 700 consultations SOS médecins pour l’indicateur iCanicule (hyperthermies, déshydratations et hyponatrémies) ont été enregistrés en France métropolitaine.Ces vagues de chaleur concentrent 49 % des passages aux urgences (> 10 000 passages) et 65 % des consultations SOS médecin (> 3 500 consultations) de l’été pour l’indicateur iCanicule. Le recours aux soins d’urgences est donc important tout l’été mais augmente nettement et rapidement dès que les températures deviennent inhabituelles. Cette augmentation est visible pour toutes les classes d’âge mais est plus importante pour les moins de 44 ans. Les hyperthermies augmentent très fortement pendant les canicules, le nombre moyen de passages quotidiens pour hyperthermie passant de 50 sur l’été à 150 pendant les périodes de canicule. Il est à noter que des records de passages aux urgences pour hyperthermies ont été observés, avec un pic de plus de 360 passages durant la première canicule.

En ce qui concerne la mortalité :

  • 1 462 décès en excès (+9,2 %) ont été observés sur les périodes de dépassement des seuils d’alerte pour les départements concernés. Si la classe d’âge des plus de 75 ans est la plus touchée, les tranches d’âges 15-44 et 65-74 le sont également.
  • 572 décès en excès ont été observés dans les départements en vigilance rouge. La surmortalité dans ces derniers est environ 50 % plus élevée que la moyenne des départements touchés.

Par ailleurs dix décès sur le lieu de travail en lien possible avec la chaleur survenus durant les deux canicules ont également été notifiés.

Mesures de prévention

Avant la période estivale, un plan de diffusion permet l’envoi des supports de communication à la population générale et aux publics vulnérables via les acteurs loco-régionaux (ARS, préfectures, communes…) : au total 552 039 supports de communication ont été envoyés dont 447 520 dépliants.

Lors des deux épisodes caniculaires, dans le cadre du renforcement de la communication, 182 252 supports de communication ont été diffusés dont 156 863 dépliants. Un partenariat spécifique avec la RATP a permis de diffuser 7 200 affiches en Ile-de-France. Des spots télévisés ou radio ont été diffusés sur réquisition des médias par le ministère de la santé. Un rappel des précautions à prendre a été diffusé sur le site de Santé publique France.

Les analyses sanitaires de l’été 2019 ont montré la nécessité de mieux anticiper la prévention de l’impact de la chaleur en amont des périodes de canicule et de la renforcer pendant celles-ci, en identifiant les messages les plus adaptés pour l’ensemble de la population.

Point de situation en période d’alerte

En cas d’alerte canicule, Santé publique France analyse les données tous les jours et publie un point épidémiologique hebdomadaire. Une fois l’alerte terminée, Santé publique France dresse un bilan de la vague de chaleur.

En savoir plus

Points de situation 2019

Points de situation et bilan 2018 

Points de situation et bilan 2017

Points de situation et bilan 2016

Archives

2015 : Bilan des épisodes de canicule survenus à l’été 2015. Point épidémiologique au 9 octobre 2015. 
2014 :  Clôture du système d’alerte canicule et santé 2014 
2012 :  Situation au 31 août 2012 
2011 :  Situation au 31 août 2011 
2010 :  Situation au 31 août 2010