Fortes chaleurs, canicule
Fortes chaleurs, canicule

La canicule peut avoir un impact sanitaire considérable. Il est donc primordial de bien s’en protéger. Certaines mesures doivent être mises en place surtout chez les personnes les plus à risque.

Mis à jour le 12 aout 2021

Fortes chaleurs, canicule : données

Le Système d’alerte canicule et santé (Sacs) mis en place par Santé publique France permet d’étudier l’impact sanitaire des vagues de chaleur.

Une mortalité plus importante due à la chaleur

Sur 18 villes métropolitaines entre 2000 et 2010, la chaleur a été responsable de 1,2% de la mortalité. L’augmentation de la mortalité est très immédiate, et se concentre sur les trois premiers jours suivants l’exposition.
La relation est fortement non-linéaire, i.e. aux très fortes chaleurs, un degré de différence se traduit par une augmentation très forte de la mortalité. 

Sur les étés récents, la surmortalité a été de 18% en 2015, 13% en 2016, 5% en 2017, 15% en 2018, 9% en 2019 et 18% en 2020. Cette surmortalité est estimée par comparaison aux années précédentes hors périodes de canicule, dans les départements et pendant les périodes où les seuils d’alerte canicule ont été dépassés.

Changement climatique et canicules. Effet sur la mortalité de 1970 à nos jours.
Infographie : changement climatique et canicules, effets sur la mortalité de 1970 à nos jours

Un recours aux urgences pour des pathologies liées à la chaleur plus important

Pendant les étés 2015 à 2020, plus de 105 000 passages aux urgences et plus de 23 000 consultations SOS Médecins ont été recensés dans SurSaUD® pour la France métropolitaine, en ce qui concerne l’indicateur composite suivi dans le cadre du PNC (iCanicule), qui rassemble les coups de chaleur ou hyperthermies, les déshydratations et les hyponatrémies (NB : Sursaud® est un système de surveillance des urgences et des décès). Le recours aux soins d’urgences pour l’indicateur iCanicule est observé tout au long de l’été, y compris en dehors des périodes de vigilance jaune, orange ou rouge canicule : ainsi sur les années récentes, jusqu’à 85% des passages aux urgences, et jusqu’à 80% des consultations SOS-médecins ont eu lieu en dehors des périodes de vigilance. Mais les pics de recours aux soins d’urgence pour iCanicule sont observés pendant les périodes où une large part de la population est concernée par une vigilance canicule.

Population (en millions) concernée par une vigilance jaune ou orange canicule, nombre total de passages aux urgences et de consultations SOS Médecins pour iCanicule. France métropolitaine, 2015-2017
Population (en millions) concernée par une vigilance jaune ou orange canicule, nombre total de passages aux urgences et de consultations SOS Médecins pour iCanicule. France métropolitaine, 2015-2017

Focus sur l’été 2020

Exposition de la population aux vagues de chaleur

L’été 2020 a été marqué par trois vagues de chaleur dont une particulièrement sévère dans le Nord de la France. Potentiellement plus de 50 millions de personnes domiciliées dans les départements touchés ont été exposées au moins un jour à des températures dépassant les seuils d’alerte, ce qui représente 77 % de la population. La seconde vague de chaleur (du 7 au 13 août), a concerné près des trois quarts de la population française métropolitaine et la quasi-totalité des régions, à l’exception de la Bretagne et de la Corse. Cet épisode a été marqué par la mise en place d’une vigilance rouge, pour le 2e été consécutif dans les régions Normandie, Ile-de-France et Hauts-de-France du fait de températures nocturnes importantes et s’inscrivant dans la durée

En termes d’exposition, l’été 2020 reste moins intense que l’été précédent, les records de 2019 n’ayant pas été dépassés. En revanche, il reste plus sévère que 2019 dans les Hauts-de-France, en Ile-de-France et en Normandie car plus durable et caractérisé par des températures nocturnes élevées. Dans les Hauts-de-France, la vague de chaleur de 2020 est l’épisode le plus sévère des 50 dernières années et d’intensité comprise entre 2003 et 2019.

L’été 2020 reste moins chaud que 2003 mais s’inscrit avec les autres étés depuis 2015 dans une exacerbation de la fréquence, de la durée, de l’extension géographique et de l’intensité des vagues de chaleur. 

Impact sanitaire

Entre le 1er juin et le 15 septembre 2020, près de 15 000 passages aux urgences et plus de 3 000 consultations SOS médecins pour l’indicateur iCanicule (hyperthermies, déshydratations et hyponatrémies) ont été enregistrés en France métropolitaine. Ces vagues de chaleur concentrent 15 % des passages aux urgences (>2 000 passages) et 21 % des consultations SOS médecins (700 consultations) de l’été pour l’indicateur iCanicule. Le recours aux soins d’urgences est donc important tout l’été mais augmente nettement et rapidement dès que les températures deviennent inhabituelles. Cette augmentation est visible pour toutes les classes d’âge mais est plus importante pour les moins de 44 ans. Les hyperthermies augmentent très fortement pendant les canicules, le nombre moyen de passages quotidiens pour hyperthermie passant de 12 sur l’été à 60 pendant les périodes de canicule. 

En ce qui concerne la mortalité :

  • 1 924 décès en excès (+18,3 %) ont été observés sur les périodes de dépassement des seuils d’alerte pour les départements concernés. Si la classe d’âge des plus de 75 ans est la plus touchée, la surmortalité relative est importante dès 45 ans.
  • 1 029 décès en excès ont été observés dans les départements en vigilance rouge. La surmortalité dans ces derniers est environ 5 fois plus élevée que la moyenne des départements touchés.

Par ailleurs 12 décès sur le lieu de travail en lien possible avec la chaleur survenus durant l'été ont également été notifiés.

Mesures de prévention

Le dispositif de prévention, défini par le PNC, s’articule autour de deux volets : un volet prévention, activé avant la période estivale et en amont du démarrage de la période de surveillance (le 15 juin) et un volet d’urgence, activé uniquement en cas d’épisodes de vagues de chaleur. 

En 2020, compte-tenu de la circulation toujours active du coronavirus SARS-CoV-2, les outils de prévention Canicule ont été adaptés afin que les conduites à tenir tiennent compte de ce contexte épidémique et puissent co-exister avec les gestes barrières contre le coronavirus.

Avant la période estivale, un plan de diffusion papier informant les acteurs loco-régionaux (ARS, préfectures, communes…) de la refonte des supports de communication destinés à la population générale et aux publics vulnérables a été envoyé et a donné lieu à la diffusion de 69 560 documents. Un emailing a également été envoyé en complément du courrier papier. Pour la première fois, un dossier de presse sonore, comprenant des interviews d’experts abordant chacune un point précis sur la canicule, ses impacts sanitaires et les moyens de s’en prémunir, a été diffusé du 1er juillet au 30 août. La diffusion reposait sur le volontariat des radios et 146 sur les 850 contactées l’ont fait, dont 3 stations nationales (RMC, BFM, Sud Radio ), soit un taux de retour s’élevant à 17,2%. Ce dernier est supérieur aux taux de retour habituels de notre prestataire (situés entre 7 et 13%) et témoigne d’un réel intérêt des stations pour le sujet.

Lors des deux épisodes caniculaires, dès passage en vigilance orange d’un département, des messages de prévention ont été diffusés sur internet ciblant spécifiquement les personnes âgées de plus de 65 ans, les femmes enceintes ou parents de jeunes enfants et les personnes souffrant de maladies chroniques. Ils ont été vus par 4,6 millions de personnes.

Les analyses sanitaires de l’été 2020 ont montré la nécessité de mieux anticiper la prévention de l’impact de la chaleur en amont des périodes de canicule et de la renforcer pendant celles-ci, en identifiant les messages les plus adaptés pour l’ensemble de la population.

Point de situation en période d’alerte

En cas d’alerte canicule, Santé publique France analyse les données tous les jours et publie un point épidémiologique hebdomadaire. Une fois l’alerte terminée, Santé publique France dresse un bilan de la vague de chaleur.

En savoir plus

Points de situation 2020

Points de situation 2019

Points de situation et bilan 2018 

Points de situation et bilan 2017

Points de situation et bilan 2016

Archives

2015 : Bilan des épisodes de canicule survenus à l’été 2015. Point épidémiologique au 9 octobre 2015. 
2014 :  Clôture du système d’alerte canicule et santé 2014 
2012 :  Situation au 31 août 2012 
2011 :  Situation au 31 août 2011 
2010 :  Situation au 31 août 2010