Diabète

Le diabète sucré est une affection métabolique caractérisée par une hyperglycémie chronique liée à une déficience soit de la sécrétion, soit de l’action de l’insuline, soit des deux.

Mis à jour le 8 octobre 2019

Diabète : données

Le dispositif de surveillance du diabète mis en place par Santé publique France permet d’étudier les tendances épidémiologiques de cette maladie en progression.

Le diabète, une maladie de plus en plus fréquente

En France, la prévalence du diabète traité pharmacologiquement (tous types) était estimée à 5% de la population en 2016, soit 3,3 millions de personnes. Cette prévalence a augmenté en moyenne de 2,1% par an sur la période 2010-2015.

Par ailleurs, en France, l’incidence du diabète de type 1 était estimée à 19,1 pour 100 000 chez les enfants de 6 mois à 14 ans en 2015, soit 2 286 enfants nouvellement diagnostiqués dans l’année. Cette incidence a augmenté en moyenne de 4 % par an entre 2010 et 2015. 

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Des variations régionales de l’incidence du diabète de type 1

En France, entre 2013 et 2015, 6 424 enfants ont été identifiés comme nouvellement atteints de diabète de type 1. Le taux d’incidence sur cette période était de 18 pour 100 000 personnes-années. On observait des variations régionales avec des taux d’incidence :

  • les plus élevés dans les régions Corse (21,7 pour 100 000 personnes-années), Provence-Alpes-Côte d’Azur (21,1) et Hauts-de-France (19,7).
  • les plus bas en Guyane (3,6 pour 100 000 personnes-années), en Guadeloupe (12,2) et à La Réunion (14,2) – et en France métropolitaine dans les régions Pays de la Loire (15,8), Nouvelle-Aquitaine (16,8) et Normandie (16,9).
Taux d’incidence du diabète de type 1 en France (hors Mayotte) chez les enfants, par région, 2013–2015
Cartographie du taux d’incidence du diabète de type 1 en France chez les enfants, 2013-2015
A télécharger

Incidence du diabète de type 1 chez l'enfant en France en 2013-2015, à partir du système national des données de santé (SNDS). Variatio...

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De fortes disparités territoriales et socio-économiques

En 2016, les taux de prévalence les plus élevés sont observés dans les départements d’outre-mer. À structure d’âge identique, les taux de prévalence sont :

  • 2 fois plus élevé à la Réunion
  • 1,8 fois plus élevé en Guadeloupe
  • 1,5 fois plus élevé en Guyane et en Martinique que le taux national.

En métropole, on observe des taux de prévalence :

  • 1,5 fois plus élevés en Seine-Saint-Denis
  • 1,3 fois plus élevés dans le Val d’Oise et le Pas de Calais
  • 1,2 fois plus élevés dans l’Aisne, le Nord et les Ardennes que le taux national

À l’inverse, les prévalences les plus faibles étaient enregistrées dans les départements bretons ainsi qu’en Loire-Atlantique et Mayenne :

  • Ille-et-Vilaine 0,6 fois plus faible que le taux national
  • Finistère, Côtes d’Armor et Morbihan 0,7 fois plus faibles
  • Loire-Atlantique et Mayenne 0,7 fois plus faibles que le taux national.
Variations de la prévalence standardisée* du diabète traité pharmacologiquement par rapport à la prévalence* nationale, par département, France entière, 2016.
cartographie de la prévalence standardisée du diabète traité pharmacologiquement par rapport à la prévalence nationale, France, 2016

Par ailleurs, en 2016, parmi les personnes âgées de moins de 60 ans, la prévalence standardisée du diabète traité était 2 fois plus élevée chez les personnes bénéficiant de la CMU-C que chez celles n’en bénéficiant pas (3,4% vs 1,6%).

À structure d’âge identique, la prévalence du diabète traité pharmacologiquement augmentait en fonction de l’indice territorial de désavantage social. La prévalence du diabète traité pharmacologiquement était 1,4 fois plus élevée chez les hommes résidant dans les communes métropolitaines les plus défavorisées que chez ceux qui résidaient dans des communes métropolitaines les plus favorisées. Ce ratio était de 1,7 pour les femmes.

Prévalence standardisée* du diabète traité pharmacologiquement selon le niveau de désavantage social de la commune de résidence en France métropolitaine en 2016
prévalence standardisée du diabète traité pharmacologiquement selon le désavantage social de la commune de résidence, France, 2016

Une prévalence plus élevée chez les hommes que chez les femmes

Les hommes sont davantage touchés que les femmes (1,8 million d’hommes vs 1,5 million de femmes). La fréquence du diabète augmente avec l’âge.
Un homme sur 5 âgé de 70 à 85 ans et 1 femme sur 7 âgée de 75 à 85 ans sont traités pharmacologiquement pour un diabète.

Répartition par âge et sexe de la prévalence du diabète traité pharmacologiquement en France en 2016
Prévalence du diabète traité pharmacologiquement par âge et sexe, France, 2016

Une fréquence élevée du diabète non diagnostiqué

L’enquête ENNS rapporte une prévalence du diabète non diagnostiqué selon les critères de glycémie standard à jeun de 1% (IC à 95% de 0,6 à 1,7) contribuant à moins de 20% de tous les cas de diabète. Cette proportion diminue avec l'âge, passant de 30% chez les 30 à 54 ans à 12% chez les 55 à 74 ans.

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Une diminution de la mortalité des diabétiques mais une stabilisation de la surmortalité

Santé publique France a analysé la mortalité sur une période de 5 ans suivant les deux études Entred. Il en ressort les éléments suivants :

  • La mortalité globale des personnes diabétiques âgées de 45 ans et plus traitées par médicament a diminué entre les périodes 01/2002-12/2006 et 08/2007-07/2012 de 26 % chez les hommes et 11 % chez les femmes. Cette diminution est essentiellement due à la baisse de la mortalité par maladies cardiovasculaires, complications majeures du diabète.
  • L’excès de mortalité par rapport à la population générale reste élevé sur la période 2007-2012 pour les hommes (+34 %) comme pour les femmes (+51 %). L’excès de mortalité a diminué entre les deux périodes pour les hommes (+53 % sur la période 2002-2006) mais est resté stable pour les femmes (+57 %). Contrairement à ce que l’on observe chez les hommes, l’excès de mortalité par maladie cardiovasculaire ne diminue pas chez les femmes entre les deux périodes (+68 % sur le période 2002-2007 versus +74 % sur la période 2007-2012). Il reste élevé pour les hommes sur la période la plus récente (+41 %).
  • Les hommes comme les femmes diabétiques âgés de 45 ans et plus inclus dans la cohorte Entred 2001 ont un excès de mortalité à 10 ans, par rapport à la population générale, par maladies cardiovasculaires et rénales ainsi que pour certaines localisations de cancer : pancréas, foie et côlon-rectum. Chez les femmes on observe une surmortalité par cancer de l’utérus et chez les hommes par cancer de la vessie et leucémie. De plus, la surmortalité est plus élevée pour les deux sexes pour les maladies de l’appareil digestif, les maladies infectieuses et les maladies respiratoires dont les pneumopathies. L’ensemble de ces résultats est en concordance avec ceux de la littérature.

Outre les déterminants bien connus de la mortalité que sont le sexe masculin et la gravité de la maladie, les cohortes Entred ont mis en évidence, chez les personnes diabétiques de type 2, une association entre la mortalité et le niveau socio-économique ainsi qu’avec des déterminants modifiables : obésité, obésité morbide, consommation de tabac, consommation d’alcool et retard au diagnostic.

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Mortalité attribuée au diabète en France

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Une diminution du risque vasculaire chez les diabétiques

Les études Entred ont permis d’étudier l’évolution du risque vasculaire chez les personnes diabétiques de type 2.
Une amélioration du contrôle du risque vasculaire a été notée entre 2001 et 2007. Le contrôle glycémique s’est amélioré (HbA1c médiane : 6,9 %, - 0,3 %), et la pression artérielle (médiane 130/80 mmHg, -3/-2 mmHg) et le cholestérol (LDL médian : 1,06 g/l, - 0,18 g/l) ont baissé quel que soit l’âge.En revanche, l’obésité est devenue encore plus fréquente (41 %, +7 points depuis 2001).
Pourtant, les complications du diabète ont légèrement augmenté en fréquence, ce qui s’explique partiellement par un dépistage plus fréquent de celles-ci, et peut être également par une espérance de vie plus longue.

Des complications liées au diabète également plus fréquentes chez les hommes

Santé publique France a observé des taux d’hospitalisation, pour différentes complications, plus élevés chez les personnes diabétiques que dans la population diabétique.

À âge égal, le taux de personnes diabétiques traitées pharmacologiquement et hospitalisées pour :

  • infarctus du myocarde était 2,1 fois plus élevé que dans la population non diabétique
  • accident vasculaire cérébral était 1,4 fois plus élevé que dans la population non diabétique
  • démarrage d’un traitement de suppléance de l’insuffisance rénale chronique terminale était 1,5 fois plus élevé que dans la population non diabétique
  • plaies du pied était 1,6 fois plus élevé que dans la population non diabétique
  • amputation de membre inférieur était 2,7 fois plus élevé que dans la population non diabétique.

De plus, les hommes, plus fréquemment concernés par le diabète que les femmes, sont également davantage touchés par les complications.

Les taux d’incidence des hospitalisations pour complications liées au diabète varient également fortement en fonction des régions.

Taux d’incidence standardisés* des complications liées au diabète, selon le sexe, France entière, 2016
Taux d’incidence des complications liées au diabète
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Le poids du diabète en France en 2016. Synthèse épidémiologique

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Une qualité de vie altérée

Les deux études Entred réalisées en 2001 et 2007 ont permis d’apporter des informations sur la qualité de vie des personnes diabétiques de type 1 et 2.
La qualité de vie des personnes diabétiques de type 2 dépend beaucoup des conséquences du diabète (complications, dépendance pour les activités de la vie quotidienne) mais aussi des facteurs socio-économiques et du soutien social. A tout âge, les scores de qualité de vie observés sont plus faibles chez les femmes.

Un besoin d’information et d’éducation pour les patients diabétiques

80% des personnes diabétiques de type 2 se disent bien ou très bien informées sur leur maladie. Cependant, cela n’épuise par leur désir d’information : 76% des personnes diabétiques de type 2 souhaiteraient en effet des informations supplémentaires, notamment concernant :

  • l’alimentation (45%)
  • les complications possibles liées au diabète (35%)
  • comment bien vivre avec son diabète (29%).

L’activité physique est rarement citée (18%), probablement car son rôle dans le contrôle du diabète est sous-estimé et difficile à mettre en application.

Les souhaits d’informations supplémentaires sont plus forts chez les personnes les plus jeunes, ou atteintes de complications de la maladie, ou se déclarant dans une situation économique difficile.

Les personnes diabétiques de type 2 trouvent des informations principalement auprès des médecins (82% des cas), beaucoup plus rarement dans les médias (16%), auprès des autres professionnels de santé ou de l’entourage (13% chacun) ou auprès des associations de patients (2%).

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Etude Entred 2007-2010

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Pour accéder aux études ENTRED

Etude Entred 2007-2010

L'étude Entred 2007-2010 (« Échantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques ») a pour objectif d’approfondir les connaissances sur l’état de santé des personnes diabétiques en France, leur prise en charge médicale, leur qualité de vie, les besoins en démarche éducative et le coût du diabète.

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Etude Entred 2001-2003

L’étude Entred 2001-2003 (Échantillon National Témoin Représentatif des personnes Diabétiques) a été réalisée en partenariat avec l’Association nationale de coordination des réseaux diabète, l’Assurance maladie et l’Institut de veille sanitaire, avec le soutien de l’Association française des diabétiques.

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