Caractéristiques, risque vasculaire et complications des personnes diabétiques

Mis à jour le 20 Mai 2019

Caractéristiques des adultes diabétiques et risque vasculaire

Ces données sont issues des études Entred, réalisées en 2001 et 2007. La population adulte diabétique est une population globalement âgée (66 ans pour la médiane), économiquement plus désavantagée que la population générale à âge égal, et parmi laquelle 23 % sont nés à l'étranger. Le diabète de type 2 est la forme la plus fréquente (92 %). Le diabète de type 2 a été diagnostiqué en moyenne depuis 11 années, ce qui expose à un risque élevé de complications. Chez les personnes diabétiques de type 2, une remarquable diminution du risque vasculaire a été notée entre 2001 et 2007. Alors que l'obésité est devenue encore plus fréquente (41 %, +7 points depuis 2001), le contrôle glycémique s'est amélioré (HbA1c médiane : 6,9 %, - 0,3 %), et la pression artérielle (médiane 130/80 mmHg, -3/-2 mmHg) et le cholestérol (LDL médian : 1,06 g/l, - 0,18 g/l) ont baissé quel que soit l'âge. Pourtant, les complications du diabète ont légèrement augmenté en fréquence, ce qui s'explique partiellement par un dépistage plus fréquent de celles-ci, et peut être également par une espérance de vie plus longue et un diabète plus fréquent.

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Suivi des examens recommandés

Les données de suivi des examens recommandés dans le suivi du diabète sont extraites du Système national d'information inter-régimes de l'assurance maladie (Sniiram). Les personnes diabétiques traitées pharmacologiquement sont identifiées sur la base des remboursements de traitements antidiabétiques. Les dosages biologiques sont sélectionnés selon les codes de la nomenclature des actes de biologie médicale et le suivi clinique sur la base de la spécialité médicale du professionnel de santé exécutant. La fréquence de suivi de l'équilibre glycémique (3 dosages annuels d'HbA1c) a nettement progressé depuis 2007, pour concerner 51% des patients en 2013 (+12 points). Le dosage annuel de la créatininémie a également progressé (84% en 2013, +5 points). Une augmentation de 4 points de la fréquence des dosages annuels de la microalbuminurie était observée (30% en 2013) et de 3 points de celle des dosages des lipides (74%). Les consultations dentaires annuelles progressaient également de 3 points (36%). En revanche, le suivi cardiologique (35%) et les consultations ophtalmologiques bisannuelles (62%) n'avaient pas progressé depuis 2007. Les disparités socio-économiques étaient relativement faibles en ce qui concerne le suivi biologique mais davantage marquées pour le suivi clinique. Le suivi variait selon les régions et les examens. La Guyane et le Limousin se démarquaient des autres régions avec des fréquences de suivi relativement faibles par rapport aux taux nationaux. A l'inverse, la Réunion enregistrait un meilleur suivi pour la plupart des indicateurs.

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Diabète et obésité

La prévalence de l'obésité chez les diabétiques de type 2 (DT2) en France métropolitaine en 2007 et son évolution entre 2001 et 2007 ainsi que les caractéristiques des patients obèses en 2007 ont été étudiées à partir des études Entred 2001 et 2007.  En 2007, l'âge moyen des personnes DT2 traitées était de 65 ans, 41% étaient obèses (indice de masse corporelle, IMC≥30 kg/m²), 46% des femmes et 37% des hommes, contre 16,9% en population générale âgée de 18-74 ans. La prévalence de l'obésité diminuait avec l'âge, était plus élevée chez les personnes DT2 traitées par insuline (45 % vs 41 %, p< 0,001), chez les personnes nées en France comparées à celles nées au Maghreb (42 % vs 33 %, p< 0,001), et chez les personnes de niveau socioéconomique plus faible après ajustement sur l'âge, le sexe et la durée de diabète. La prévalence de l'obésité avait augmenté entre 2001 et 2007 (+7 pts) quels que soient l'âge, le sexe, l'origine ethnique et le niveau socioéconomique. Cette augmentation était plus importante chez les personnes traitées par insuline versus sans insuline (+11pts vs +6 pts). Cinq pourcent présentaient une obésité morbide (IMC≥40 kg/m2). Comparés aux DT2 de corpulence inférieure à 25 kg/m² (corpulence maigre à normale) ils avaient, après ajustement sur l'âge, le sexe et la durée du diabète, une pression artérielle systolique (137 vs 131 mmHg) et une HbA1c (7,5 vs 7,0%) significativement plus élevées, ainsi qu'une suspicion de syndrome d'apnée du sommeil (35 % vs 9 %) plus fréquente. Ils bénéficiaient plus souvent de consultations diététiques (35 % vs 16 %), de médecine générale (41 % vs 24% pour ≥12 visites) et podologiques (26 % vs 23 %), mais bénéficiaient moins souvent des trois dosages d'HbA1c dans l'année (42 % vs 45 %) en secteur libéral. Par ailleurs, ils avaient plus souvent bénéficié d'une démarche éducative. En conclusion, la prévalence de l'obésité a augmenté chez les personnes DT2 traitées. Les personnes traitées nées au Maghreb sont moins fréquemment obèses reflétant un risque génétique de diabète plus important à un niveau d'obésité moindre. Enfin, si la prise en charge augmente avec le niveau d'obésité, elle reste insuffisante face à un risque cardiovasculaire plus élevé.

En savoir plus :

  • Diaporama " Epidémiologie de l'obésité chez les personnes diabétiques de type 2 en France métropolitaine – Entred 2007-2010 "
  • Assogba F, Roudier C, Eschwege E, Fournier C, Ricci P, Weill A, Fagot-Campagna A, Druet C. Prévalence et tendance de l'obésité chez les diabétiques de type 2 en France métropolitaine. Entred 2001-2007. In :Congrès de la Société francophone du diabète, Genève, 22-25 mars 2011. Diabetes Metabol 2011 , 37 (suppl 1).
  • Assogba F, Roudier C, Druet C, Eschwège E, Fournier C, Ricci P, Weill A, Fagot-Campagna A. Prevalence and trends in obesity among people with type 2 diabetes in France. Entred 2001–2007. In :Congrès de l'European diabetes epidemiology group, Grèce, 16-18 mai 2010.

Complications podologiques

Les données du Système national d'information inter-régimes de l'assurance maladie (Sniiram) chainé au Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) permettent d'estimer la fréquence des hospitalisations pour plaies du pied et amputations d'un membre inférieur chez les personnes diabétiques traitées pharmacologiquement (identifiées sur la base des remboursements de traitements antidiabétiques). Les hospitalisations pour amputation d'un membre inférieur (AMI) sont sélectionnées à partir des actes codés selon la classification commune des actes médicaux et celles des plaies du pied à partir des diagnostics principaux, reliés et associés. Pour les plaies du pied et pour une même personne, seul le premier séjour de l'année est conservé. Pour les AMI, seul le séjour de l'amputation de niveau le plus proximal est conservé. Afin de permettre des comparaisons régionales ou selon le niveau socio-économique, les taux d'incidence sont standardisés sur la structure d'âge de la population européenne 2010, limitée aux personnes de 45 ans et plus.

En 2013, en France, les taux d'incidence des hospitalisations pour AMI et plaie du pied dans la population diabétique traitée étaient de 252 / 100 000 et  668 /100 000 personnes diabétiques, respectivement. A structure d'âge identique, le taux d'hommes diabétiques hospitalisés pour AMI était 2,6 fois plus élevé que celui des femmes, et le taux de plaies du pied était 1,6 fois supérieur. Les taux étaient respectivement 1,5 et 1,4 fois plus élevés chez les personnes diabétiques de moins de 60 ans bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire que chez les non bénéficiaires. Il était 1,3 fois supérieur chez les personnes résidant dans les communes les plus défavorisées par rapport à ceux résidant dans les communes les plus favorisées. Les disparités régionales étaient très marquées pour ces deux complications.

Accéder ici au tableau détaillé des données d'incidence des hospitalisations pour amputation d'un membre inférieur par région en 2013.

Accéder ici au tableau détaillé des données d'incidence des hospitalisations pour plaie du pied par région en 2013.

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Complications cardiovasculaires

Les données extraites du Système national d'information inter-régimes de l'assurance maladie (Sniiram) chainé au Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI)) permettent d'estimer la fréquence des hospitalisations pour infarctus du myocarde (IDM) et accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez les personnes diabétiques traitées pharmacologiquement (identifiées sur la base des remboursements de traitements antidiabétiques). Les hospitalisations pour IDM et AVC sont sélectionnées à partir du diagnostic principal. Les taux standardisés sur la structure d'âge de la population européenne 2010 sont déclinés selon le sexe, le niveau socio-économique et la région, chez les personnes de 45 ans et plus.

En 2013, en France, le taux de personnes diabétiques hospitalisées pour IDM était de 382/100 000 personnes diabétiques et celui pour AVC était de 559/100 000. A structure d'âge identique, le taux d'hommes diabétiques hospitalisés pour IDM était près de 2 fois plus élevé que celui des femmes, et le taux d'AVC était 1,3 fois supérieur chez les hommes. Les taux étaient respectivement 1,3 et 1,6 fois plus élevés chez les personnes diabétiques de moins de 60 ans bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire que chez les non bénéficiaires. Ces disparités étaient moindres selon un indice territorial de désavantage social. Certaines régions, telles que le Limousin, présentaient des taux de personnes hospitalisées pour IDM très élevés par rapport au taux national. A l'inverse, les départements d'Outre-mer (à l'exception de la Guadeloupe) se caractérisaient par des taux plus faibles concernant l'IDM mais plus élevés pour les AVC.

Accéder ici au tableau détaillé des données d'incidence des hospitalisations pour infarctus du myocarde par région en 2013.

Accéder ici au tableau détaillé des données d'incidence des hospitalisations pour accident vasculaire cérébral par région en 2013.

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Insuffisance rénale chronique terminale traitée chez les personnes diabétiques

Le Réseau épidémiologie et information en néphrologie (Rein) est un système d'information ayant pour finalité de contribuer à l'élaboration et à l'évaluation de stratégies sanitaires visant à améliorer la prévention et la prise en charge de l'insuffisance rénale chronique. Son objectif général est de décrire l'incidence et la prévalence des traitements de suppléance de l'insuffisance rénale chronique terminale, les caractéristiques de la population traitée, la mortalité et les modalités de traitement au moyen d'un enregistrement exhaustif et continu d'informations sur les patients.

En 2013, en France, 4 256 personnes diabétiques ont démarré un traitement de suppléance pour une insuffisance rénale chronique terminale, soit un taux d'incidence de 142 / 100 000 personnes diabétiques. L'âge médian de ces personnes diabétiques était de 71,6 ans. A structure d'âge identique, 5 régions enregistraient des taux d'incidence élevés par rapport au taux d'incidence standardisé national et 5 autres des taux d'incidence très inférieurs. L'incidence standardisée de l'IRCT parmi les diabétiques tend à augmenter depuis 2011. Après prise en compte de l'effet du vieillissement et de l'augmentation de la taille de la population générale, la part résiduelle représente 70% de l'évolution du nombre de nouveaux cas.

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Déficience visuelle grave chez les personnes diabétiques

La prévalence de la déficience visuelle grave chez les personnes diabétiques a été estimée à partir des deux volets (ménages et institutions) de l'enquête handicap santé (HSM-HSI-Insee/Drees), menée auprès de 39 000 personnes de tous âges en 2008 et 2009. Cette enquête visait à étudier les déficiences et les incapacités physiques et mentales. Ont été considérés comme déficients visuels graves,  les aveugles (ou percevant seulement la lumière) et les malvoyants (ayant une déficience grave sans être aveugle), selon leurs propres déclarations. La prévalence de la déficience visuelle grave était estimée à 1,7 % (aveugles : 0,18 % et malvoyants : 1,56 %) dans la population diabétique (âge moyen : 75 ans), soit 1,6 fois plus que celle de la population non diabétique à âge et sexe équivalents. La cause de la déficience visuelle était inconnue des patients dans 48 % des cas (32 % des cas pour les personnes diabétiques).

En savoir plus :

  • Fosse S, Chatelus AL, Feldman-Billard S, Massin P, Druet C, Fagot-Campagna A. Prévalence de la déficience visuelle grave (DVG) chez les personnes diabétiques en France métropolitaine en 2008. Congrès de la Société francophone du diabète, Nice, 20-23 mars 2012. Diabetes Metabol 2012,38:A8.

Symptômes évocateurs du syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS)

La prévalence du (SAHOS) et l'importance du sous-diagnostic ont été estimées chez les diabétiques de type 2 à partir de l'étude Entred 2007.Chez les diabétiques de type 2, la prévalence des symptômes évocateurs de SAHOS était de 16 % et 28 % des personnes symptomatiques avaient déjà eu un enregistrement du sommeil.

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Autres complications du diabète

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