Diabète et niveau socio-économique

Mis à jour le 20 Mai 2019

Le niveau socio-économique a un impact sur la présence du diabète, sur le suivi des examens recommandés et sur la survenue de ses complications.

L'analyse des données de l'Enquête décennale santé réalisée en 2003  a montré que la prévalence du diabète était deux fois plus élevée chez les personnes de faible niveau d'études que chez celles de plus haut niveau, avec des écarts davantage marqués chez les femmes que chez les hommes (Fosse S., 2011, Dalichampt M., 2008). Par ailleurs, le risque de développer un diabète était environ deux fois plus élevé chez les femmes d'origine maghrébine que chez les femmes françaises, à niveau socio-économique et niveau d'obésité équivalents.

L'analyse des données du Sniiram a depuis confirmé cette tendance en mettant en évidence une prévalence plus élevée du diabète traité dans les communes les plus défavorisées socio-économiquement. En 2012, la prévalence du diabète traité augmentait ainsi significativement en fonction de l'indice territorial de désavantage social de la commune de résidence, avec un ratio de prévalence entre le quintile le plus défavorisé et le quintile le moins défavorisé, plus élevé chez les femmes que chez les hommes (Q5/Q1 : 1,7 vs 1,3).

Les résultats de l'étude Entred 2007 ont montré que la population diabétique de type 2 était en moyenne peu aisée financièrement, puisque,en réponse à la question " Financièrement, dans votre foyer, diriez-vous plutôt que ? ", plus de la moitié (53 %) des patients déclaraient  rencontrer des difficultés financières (" c'est juste ", " y arriver difficilement " ou " ne pouvant y arriver sans faire de dettes "). Les revenus mensuels du foyer (incluant salaires, allocations, aides…) étaient inférieurs à 1 200 euros pour un tiers (34 %) des personnes, et inférieurs à ceux de la population générale, quel que soit l'âge, avant 75 ans (source de comparaison : Enquête revenus fiscaux et sociaux 2006 de l'Insee).  Les personnes de plus faible niveau socio-économique avaient plus fréquemment découvert leur diabète sur complications et non après un dépistage. Elles étaient plus fréquemment obèses, fumaient davantage et avaient un moins bon contrôle glycémique. Elles avaient également une plus forte prévalence des complications podologiques et coronaires, à niveau de risque vasculaire équivalent.    La population diabétique de type 2 inclut également une proportion élevée de personnes nées à l'étranger : 17% des hommes et 22% des femmes ayant répondu à l'enquête Entred 2007 étaient nés hors de France et dans un pays du Maghreb pour 8% des hommes et 11% des femmes. A niveau socio-économique équivalent, les personnes diabétiques d'origine maghrébine bénéficiaient moins fréquemment des 3 dosages d'HbA1c annuels recommandés que les personnes d'origine française et elles avaient un moins bon contrôle glycémique. Elles avaient aussi davantage de complications ophtalmologiques.

Les données du Sniiram ont permis de mettre en évidence que l'incidence des complications étaient plus élevée chez les personnes diabétiques les plus défavorisées socioéconomiquement. Ainsi, en 2013, les taux d'hospitalisation pour amputation d'un membre inférieur et plaie du pied étaient respectivement 1,5 et 1,4 fois plus élevés chez les personnes diabétiques de moins de 60 ans bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire que chez les non bénéficiaires. Ils étaient 1,3 fois plus élevé chez les personnes résidant dans les communes les plus défavorisées par rapport à celles résidant dans les communes les plus favorisées. Les taux d'hospitalisation pour infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral étaient respectivement 1,3 et 1,6 fois plus élevés chez les personnes diabétiques de moins de 60 ans bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire que chez les non bénéficiaires. Ces disparités étaient moindres selon un indice territorial de désavantage social.

La prévalence de certaines pathologies chroniques est élevée chez les personnes en grande précarité. Une étude de l'Observatoire du Samu social a permis d'estimer la prévalence du diabète chez les personnes hébergées en centres d'urgence et de décrire les caractéristiques des personnes déjà diagnostiquées. Un dépistage du diabète a été systématiquement proposé dans 9 centres d'hébergement d'urgence parisiens, d'octobre à décembre 2006. Des infirmières ont recueilli les données socio-démographiques et réalisé les mesures anthropométriques, tests capillaires et prélèvements sanguins à jeun. Un examen clinique et un questionnaire médical ont été administrés par un médecin aux personnes diabétiques connues. Parmi les 488 participants, 35 avaient déclaré être diabétiques et 2 avaient été nouvellement diagnostiqués. La prévalence du diabète traité, à structure d'âge et sexe comparable, était estimée à 6,1 % IC95 % [2,4-9,8] versus 4,9 % [4,8-5,1] chez les assurés sociaux de  plus de 20 ans. Un quart des personnes diabétiques avaient au moins une complication macrovasculaire , 32 % avaient une rétinopathie et 21 % avaient reçu un traitement par laser ophtalmologique , 17 % avaient subi une amputation , 6 % avaient une artérite des membres inférieurs et 35 % un risque podologique élevé. Cette étude a souligné la gravité du diabète chez les personnes très précaires et plaidé pour une adaptation de leur prise en charge en particulier podologique. Cette enquête a conduit au développement de recommandations concernant la prise en charge du diabète chez les personnes en grande précarité.

L'incidence des ALD-diabète a été analysée par grande catégorie professionnelle, (régime général, commerçants, artisans, exploitants agricoles, salariés agricoles, professions libérales), à partir des données des 3 principaux régimes d'Assurance maladie : régime général, régime des indépendants et mutualité sociale agricole.

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