Prévalence et incidence du diabète

Mis à jour le 14 novembre 2019

Prévalence

La prévalence du diabète traité pharmacologiquement en France est estimée à 4,6 % en 2012, tous régimes d'Assurance maladie confondus (BEH 2014 n°30-31), et a été actualisée à 5,0% en 2016, soit plus de 3,3 millions de personnes traitées pour un diabète. Cette augmentation de la prévalence du diabète est observée depuis les premières estimations établies par l'Assurance maladie en 2000 (BEH 2010 n°42-43).

La fréquence du diabète augmente avec l'âge. Un homme sur 5 âgé de 70 à 85 ans et 1 femme sur 7 âgée de 75 à 85 ans sont traités pharmacologiquement pour un diabète

Un pic de prévalence est observé entre 70 et 85 ans chez les hommes : 1 homme sur 5 est concerné et entre 75 et 85 ans chez les femmes : 1 femmes sur 7 est concernée.La prévalence du diabète traité est la plus élevée dans les départements d'Outre-mer, jusqu'à deux fois plus élevée que la moyenne nationale. Elle est plus élevée dans certaines régionsde métropole, en particulier dans le Nord et le Nord-est et dans certains départements d'Ile de France, mais elle est moins élevée en Bretagne.

La prévalence du diabète est plus élevée dans les communes les plus défavorisées socioéconomiquement, chez les personnes d'un niveau socio-économique moins favorisé et dans certaines catégories socio-professionnelles. Elle est plus élevée chez les femmes d'origine maghrébine. A l'estimation de la fréquence du diabète traité pharmacologiquement, il faut ajouter la prévalence du diabète diagnostiqué et non traité pharmacologiquement. Cette prévalence a été estimée par l'Etude nationale nutrition santé (ENNS) à 0,6 % chez les personnes âgées de 18 à 74 ans vivant en France métropolitaine en 2006-2007. Cette même étude a permis d'estimer pour la même classe d'âge, au moyen d'une unique glycémie veineuse à jeun, que la fréquence du diabète non diagnostiqué s'élevait à 1 % (glycémie>= 7 mmol/L). Cette valeur implique que, parmi les 18-74 ans, environ 20 % des personnes diabétiques ne seraient pas diagnostiquées. Mais cette proportion diminue fortement avec l'âge passant de 30 % chez les 30-54 ans à 13 % chez les 55-74 ans. Le dosage de la glycémie à jeun, recueilli par ENNS, a également permis d'estimer la fréquence de l'hyperglycémie modérée à jeun dans la population des 18-74 ans vivant en France métropolitaine en 2006-2007 : 5,6 %. L'hyperglycémie modérée à jeun (6.1 =< glycémie < 7 mmol/L) est en effet un stade précurseur du diabète. La fréquence de l'hyperglycémie à jeun augmente régulièrement avec l'âge (1,5 % chez les 18-29 ans, 5,2 % chez les 30-54 ans et 9,5 % chez les 55-74 ans) et est environ deux fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes (7,9 % versus 3,4 %).

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Incidence

Entre 2012 et 2017, parmi les personnes âgées de 45 ans et plus, l’incidence brute du diabète de type 2 traité pharmacologiquement a diminué de 10,7 à 9,6 cas par 1000 personne-années et de 7,1 à 6,1 cas par 1000 personne-années chez les femmes. Ces résultats sont observés dans toutes les tranches d’âges et toutes les régions quel que soit le sexe.

Entre 2013 et 2015, 6 424 enfants ont été identifiés comme nouvellement atteints de diabète de type 1. Le taux d'incidence sur cette période était de 18,0 pour 100 000 personnes-années. On observait des variations régionales avec des taux d'incidence les plus élevés dans les régions Corse (21,7 pour 100 000 personnes-années), Provence-Alpes-Côte d'Azur (21,1) et Hauts-de-France (19,7). Les taux d'incidence régionaux les plus bas étaient mis en évidence en Guyane (3,6 pour 100 000 personnes-années), en Guadeloupe (12,2) et à La Réunion (14,2) – et en France métropolitaine dans les régions Pays de la Loire (15,8), Nouvelle-Aquitaine (16,8) et Normandie (16,9).

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Evolution de la prévalence et de l'incidence

A partir de modèles multivariés ajustés sur l’âge et la région, nous observons un taux d'évolution annuel croissant de la prévalence sur la période 2010-2017 de +0,9% [IC95% +0,7 ; +1,0%] chez les hommes et de +0,4% [IC95% +0,2 ; +0,6%]) chez les femmes. Le taux d´évolution annuel de l’incidence est décroissant : -2,6% [IC95% -3,1 ; -2,0%] chez les hommes et -2,6% [IC95% -4,5 ; -3,4%] chez les femmes sur la période 2012-2017. Ces taux annuels d´évolution décroissant de l'incidence sont plus marqués dans les régions dans lesquelles la prévalence est la plus élevée, en particulier les régions d'Outre-mer. 

La prévalence du diabète a continué d’augmenter légèrement en France sur la période 2010-2017. Cependant, l’incidence a diminué sur la période 2012-2017. Le plateau décrit dans d’autre pays n’est donc pas atteint en France mais la diminution de l’incidence observée est une lueur d’espoir qui devra être confirmée dans les prochaines années.