Mortalité liée au diabète

Mis à jour le 20 mai 2019

Évolution de la mortalité et de la surmortalité à 5 ans des personnes diabétiques traitées pharmacologiquement en France métropolitaine : comparaison des cohortes Entred 2001 et Entred 2007

e suivi pendant 5 ans des personnes diabétiques incluses dans les cohortes Entred 2001 et Entred 2007 a permis d’étudier l’évolution de la mortalité et de la surmortalité à 5 ans par rapport à la population générale de la population diabétique traitée pharmacologiquement, pour la mortalité globale, par maladies cardiovasculaires et par tumeurs malignes, au cours de la période 2002-2012.
L’analyse a porté sur 8 437 personnes de la cohorte Entred2001 (hommes : 54 % ; âge médian au 01/01/2002 : hommes 65 ans et femmes 70 ans) et 5 869 personnes de la cohorte Entred 2007 (hommes : 52 % ; âge médian au 01/08/2007 : hommes 65 ans et femmes 69 ans). Les taux de décès standardisés sur l’âge étaient respectivement dans les deux cohortes de 48,5 ‰ et 35,8 ‰ pour les hommes (CMF= 0,74 [0,64 – 0,85]) ; et pour les femmes de 30,5 ‰ et 27,1 ‰ (CMF=0,89 [0,77 – 1,02]).
Par rapport à la population générale, l’excès de mortalité toutes causes était élevé pour les hommes diabétiques comme pour les femmes diabétiques (pour Entred 2007 respectivement +34 % et +51 %). La surmortalité liée aux maladies cardiovasculaires diminuait de 1,62 [1,43 – 1,83] à 1,41 [1,20 – 1,64] pour les hommes sans que la différence soit statistiquement significative et restait stable pour les femmes 1,68 [1,46 – 1,91] et 1,74 [1,47 – 2,03] entre les deux périodes. 

Surmortalité sur la période 2002-2011 des personnes diabétiques traitées pharmacologiquement en France métropolitaine par rapport à la population générale - cohorte Entred 2001

Le suivi sur la période 2002-2011 des personnes diabétiques incluses dans la cohorte Entred 2001 a permis d’étudier la surmortalité à 10 ans, globale et par causes spécifiques, de la population diabétique traitée pharmacologiquement par rapport à la population générale.
L’analyse a porté sur 8 437 personnes de la cohorte Entred 2001 (hommes : 54 % ; âge médian à l’inclusion : hommes 65 ans et femmes 70 ans). Pendant les 10 ans de suivi, 35% des personnes sont décédées. L’âge médian au décès était de 77 ans pour les hommes (n=1686 décès) et de 82 ans pour les femmes (n=1290). Les principales causes de décès étaient les maladies cardiovasculaires (30 %) et les cancers (26 %). La surmortalité globale des personnes diabétiques par rapport à la population générale était élevée pour les hommes (1,55 IC95 % [1,48 – 1,63]) et les femmes (1,63 [1,54-1,72]). Les hommes comme les femmes diabétiques avaient un excès de mortalité significativement plus élevé par rapport à la population générale pour les maladies cardiovasculaires et rénales ainsi que pour certaines localisations de cancer : pancréas, foie et côlon-rectum. Chez les femmes, on observait une surmortalité par cancer de l’utérus et chez les hommes par cancer de la vessie et leucémie. De plus, un excès de mortalité était retrouvé par maladies de l’appareil digestif, maladies infectieuses et maladies respiratoires dont les pneumopathies. 

Données nationales de mortalité

Tous les décès survenant sur le territoire français font l’objet d’un certificat de décès établi par un médecin et sont enregistrés au Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès, (CépiDC). Le CépiDC est chargé de la production annuelle de la statistique des causes médicales de décès en France, de la diffusion des données et d’études et recherches sur les causes médicales de décès.
Le certificat de décès comprend d’une part des renseignements relatifs à l’état civil du décédé (dont le sexe, l’âge, les communes de résidence et de décès) et, d’autre part, des renseignements médicaux sur les causes médicales de décès. Ces renseignements médicaux comportent deux parties : dans une première partie, le médecin doit indiquer la cause initiale du décès (cause directement liée au processus morbide ayant conduit au décès) ; dans une seconde partie, le médecin doit indiquer la ou les causes associées de décès (état morbide notable ayant pu contribuer au décès). Le diabète peut donc être mentionné comme cause initiale du décès ou comme cause associée. Depuis l’année 2000, la codification dont le CépiDC est responsable, se fait selon la 10ème Classification Internationale des Maladie (CIM-10). Les codes CIM-10 retenus comme cas de diabète sont les suivants : E10-E14 (diabète sucré), G590 (mononévrite diabétique), G632 (polynévrite diabétique), H280 (cataracte diabétique), H360 (rétinopathie diabétique), I792 (angiopathie périphérique diabétique), N083 (glomérulopathie au cours du diabète sucré), M142 (arthropathie diabétique), O24 (diabète sucré au cours de la grossesse), P702 (diabète sucré néonatal).
La mortalité liée au diabète est particulièrement difficile à apprécier, notamment lorsque le décès est lié à une de ses complications (par exemple dans le cas d’une personne diabétique décédée d’un infarctus). L’étude de l’ensemble des causes déclarées (« causes multiples » : causes initiales et autres causes) permet néanmoins de quantifier le nombre total de décès où le diabète est impliqué, soit directement, soit indirectement en tant que pathologie aggravant le pronostic d’autres maladies. Le département de résidence des personnes a été utilisé pour distinguer la mortalité liée au diabète en métropole et dans les départements d’outre-mer. Les résultats présentés ici peuvent différer légèrement de ceux présentés sur le site du CépiDc car les décès considérés par le CépiDc incluent tous les décès survenus en France métropolitaine (que les personnes soient domiciliées en métropole, en outre-mer ou à l’étranger).
L’analyse a pour objectif de décrire l’impact du diabète sur la mortalité globale et les caractéristiques générales de la mortalité liée au diabète. Elle porte sur l’ensemble des certificats de décès de la période 2001-2006.
Les principaux indicateurs de la mortalité liée au diabète présentés ici sont : le nombre de décès liés au diabète, la part de ces décès dans la mortalité générale, l’âge moyen au décès, les taux bruts et standardisés de mortalité, les taux standardisés de mortalité prématurée et les années potentielles de vie perdues liées au diabète. Les formules de calcul des indicateurs sont ci-après. 

Principaux résultats

En 2009, parmi les certificats de décès de personnes résidant en France, 34 599 mentionnent un diabète parmi les causes multiples de décès (6,3 %) et 11 675 identifient le diabète comme la cause initiale du décès (2,1 %). Les taux de mortalité liée au diabète en causes multiples, brut et standardisé sur l’âge, sont respectivement de 53,7 et 30,3/100 000. Le taux de mortalité est plus élevé chez les hommes que chez les femmes (40,7 versus 22,6/100 000), mais l’indice de surmortalité masculine diminue avec l’âge. L’âge moyen au décès est de 79 ans, et est plus élevé chez les femmes que chez les hommes (81 vs 76 ans), comme en mortalité générale.
Entre 2001 et 2009, les taux standardisés de mortalité liée au diabète en causes multiples tendent à diminuer chez les femmes (avec toutefois un pic de mortalité en 2003 qui pourrait être lié à la canicule). Chez les hommes, les taux oscillent entre 41 et 43 pour 100 000. Dans la mortalité générale, la part des décès liés au diabète en causes multiples augmente de 2001 (5,5 %) à 2009 (6,3 %). Cette augmentation de la part du diabète est davantage marquée chez les hommes. En 9 années, l’âge moyen au décès a légèrement augmenté, passant de 77 à 79 ans.
Il existe de fortes disparités géographiques : en métropole, globalement sur la période 2007-2009, les taux annuels standardisés les plus élevés sont retrouvés, dans le Nord-Pas-de-Calais, en Alsace, en Champagne-Ardenne, en Lorraine et en Picardie. À l’inverse, les taux les plus faibles sont retrouvés en Bretagne, en Ile-de-France, en Corse et en Basse-Normandie. 
En outre-mer, sur la période 2007-2009, les taux annuels standardisés liés au diabète en causes multiples sont extrêmement élevés : 96,8, 61,6, 61,2 et 54,4/100 000 respectivement en Réunion, Guyane, Guadeloupe, Martinique. L’âge moyen au décès en outre-mer est plus jeune que dans le reste du pays (de 69 à 77 ans selon le DOM versus 79 ans). La surmortalité masculine observée en métropole est retrouvée en Martinique, à la Réunion et en Guadeloupe et n’est pas observée en Guyane.  

Résultats détaillés par année et zone géographique :

Méthodologie générale

Formules de calcul des différents indicateurs  
D a,i  nombre de décès liés au diabète, dans la classe d’âge i, l’année a
P a,i  population moyenne dans la classe d’âge i, l’année a (source Insee, ELP actualisées en janvier 2007)
W i  part de la classe d’âge i dans la population IARC-1976
Le ratio causes multiples/causes initiales, calculé pour déterminer l’apport de l’utilisation des causes multiples, correspond au nombre de décès avec diabète en causes multiples rapporté au nombre de décès avec diabète en cause initiale. Plus ce ratio est supérieur à 1, plus les cas de diabète déclarés en causes multiples sont fréquents.
La part du diabète dans la mortalité générale correspond au nombre de personnes pour lesquelles le certificat de décès mentionnait un diabète, rapporté au nombre total de décès quelle qu’en soit la cause. Ce chiffre est exprimé en pourcentage. 

Le taux brut de mortalité liée au diabète est le rapport du nombre de décès liés au diabète au cours de l’année sur l’effectif moyen de la population française de cette même année. Ce taux est exprimé pour 100 000 personnes. 

Tbrut = Da/Pa

Le taux standardisé de mortalité liée au diabète est calculé par la méthode de standardisation « directe », selon la structure d’âge de la population européenne IARC-1976. Ces taux sont donc définis comme les taux que l’on observerait en France si la structure d’âge était la même que celle de la population européenne de 1976.

formule standardisé de mortalité

Les taux standardisés de mortalité prématurée sont calculés de la même manière que les taux standardisés de mortalité liée au diabète, mais en ne considérant que les décès survenus avant l’âge de 65 ans (ou 75 ans) rapportés à la population du même âge. Pour les comparaisons internationales, la limite d’âge fréquemment utilisée est celle de 65 ans. Toutefois, l’espérance de vie en France étant élevée, et le diabète étant une pathologie chronique fréquente dans les populations les plus âgées, les calculs ont également été fait en considérant la limite d’âge de 75 ans. Les deux approches sont présentées dans la partie « résultats ».
Les années potentielles de vie perdues (APVP) représentent le nombre d’années qu’un sujet décédé prématurément (avant un âge limite) n’a pas vécu. Le choix de l’âge limite varie selon les études. Pour les raisons exprimées ci-dessus, les APVP avant l’âge de 65 ans et celles avant l’âge de 75 ans sont présentées dans la partie « résultats ». Les décès infantiles (<1 an) ont été exclus de ce calcul parce qu’ils sont souvent dus à des causes spécifiques. Les APVP liées au diabète sont présentées en nombre moyen d’années perdues par personne décédée d’un diabète. 

Limites de l'analyse

La qualité de certification et de codification des décès a évolué ces dernières années : ajout de lignes supplémentaires dans le certificat de décès en 1997, puis en 2000, codification des décès avec la 10ème classification internationale des maladies et utilisation d’un système automatisé de codage des maladies mentionnées. Ces importants changements, en accord avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont permis une meilleure qualité et comparabilité des données de mortalité en France et dans d’autres pays Européens. 
Toutefois, le diabète est globalement sous-déclaré. En effet, il est possible que le certificat de décès d’une personne diabétique ne porte pas la mention de diabète si celui-ci n’est pas directement lié au décès, mais également si la personne est décédée d’une pathologie prédominante, engendrant une omission du médecin certificateur. Par ailleurs, il peut être difficile pour le médecin de spécifier si le diabète est la cause initiale du processus morbide ou si il y contribue seulement (par exemple dans le cas d’une personne diabétique décédant d’un infarctus).