Activité de dépistage : poursuite de l’augmentation du nombre de dépistages
Dépistages remboursés en secteurs privé et public (SNDS)
En 2024, 3,4 millions de personnes ont été dépistées au moins une fois pour une infection à Chlamydia trachomatis, soit un taux national de dépistage de 50 pour 1 000 habitants (Figure 1).
Plus des deux tiers (69%) des personnes dépistées en 2024 sont des femmes, avec un taux de dépistage deux fois plus élevé (67 pour 1 000) que celui des hommes (31 pour 1 000). Ce taux est encore plus important chez les femmes de 15 à 25 ans (155 pour 1 000) et de 26 à 49 ans (138 pour 1 000).
Le taux de dépistage pour une infection à Chlamydia trachomatis a fortement augmenté (+162%) en 10 ans, entre 2014 et 2024 (19 vs 50 pour 1 000). De 2022 à 2024, l’augmentation du taux de dépistage est de +30%, légèrement plus importante chez les hommes que chez les femmes (34% vs 29%). Chez les femmes, l’augmentation est plus marquée dans le groupe âgé de 50 ans ou plus (+52%) par rapport aux 26 à 49 ans (+30%) et 15 à 25 ans (+20%).
Parmi les jeunes de 15 à 25 ans tous genres confondus, les 15-17 ans sont moins fréquemment dépistés que les 18-25 ans (23 vs 136 pour 1 000). Cependant, leur taux de dépistage a également fortement augmenté (+166%) en 10 ans.

Le taux de dépistage de l’infection à Chlamydia trachomatis en 2024 est nettement plus élevé en Guyane (116 pour 1 000), Martinique (102), Guadeloupe (100) et à La Réunion (98) que dans les régions de l’Hexagone (Figure 2). Dans l’Hexagone, il est le plus élevé en Île-de-France (2).

Ces données incluent les tests PCR chlamydia/gonocoque réalisés en laboratoire de biologie médicale sans ordonnance pour tous les assurés, et gratuitement pour les moins de 26 ans dans le cadre du dispositif « Mon test IST » depuis septembre 2024. Lors du premier mois de fonctionnement du dispositif, environ 41 000 personnes ont bénéficié d’un dépistage des infections à Chlamydia trachomatis et à Neisseria gonorrhoeae. Le nombre de bénéficiaires a augmenté dès le mois suivant et était compris entre 66 000 et 68 000 par mois entre octobre et décembre 2024.
Parmi les personnes dépistées, celles de 18 à 25 ans étaient les plus nombreuses (entre 44% et 50% selon les mois) dans le cadre de ce dispositif en 2024. Les hommes et les femmes étaient représentés à part égale parmi les dépistés.
Dépistages en CeGIDD (surveillance SurCeGID)
En complément des dépistages remboursés par l’Assurance maladie, environ 306 000 dépistages gratuits d’infection à Chlamydia trachomatis réalisés par les CeGIDD ont été rapportés en 2024. Environ deux tiers des personnes dépistées étaient des hommes cis (65,2%), 34,3% des femmes cis et 0,4% des personnes trans.
Prévalence de l’infection à Chlamydia trachomatis (PrévIST) en 2023
La prévalence de l’infection à Chlamydia trachomatis chez les personnes résidant en France hexagonale, âgées de 18 à 59 ans, a été estimée à 0,93% [intervalle de confiance à 95% (IC95%) : [0,4-2,1] chez les femmes et 0,58% [IC95% : 0,2-1,6] chez les hommes.
Cette prévalence était la plus élevée entre 25 et 29 ans (3,9% [IC95% : 0,9-14,9] des femmes et 6,7% [IC95% : 1,8-21,8] des hommes), puis diminuait avec l’âge. Les plus jeunes et les plus âgés étaient très peu touchés.
Infections diagnostiquées : taux d’incidence, taux de positivité et caractéristiques des cas
Infections diagnostiquées en secteur privé et traitées (SNDS)
Le nombre de personnes diagnostiquées et traitées pour une infection à Chlamydia trachomatis au moins une fois dans l’année en secteur privé a régulièrement augmenté depuis 2014. En 2024, ce nombre a été estimé à environ 61 100, soit une augmentation de 15% par rapport à 2022. Les hommes représentaient 56% des cas.
Le taux d’incidence des cas diagnostiqués et traités pour une infection à Chlamydia trachomatis en 2024 (personnes diagnostiquées au moins une fois dans l’année) était de 89 pour 100 000 habitants, plus élevé chez les hommes que chez les femmes (104 vs 75). Le ratio H/F s’est en effet inversé depuis 2021. Comme les années précédentes, le taux d’incidence en 2024 reste beaucoup plus important chez les jeunes femmes de 15 à 25 ans (306 pour 100 000) (Figure 3). Parmi les hommes, ceux de 26 à 49 ans présentaient le taux d’incidence le plus élevé (205 pour 100 000). Le taux d’incidence des diagnostics d’infection à Chlamydia trachomatis a augmenté de 14% par rapport à 2022. Cette augmentation est observée principalement chez les hommes (+24%), notamment ceux de 15 à 25 ans (+35%). Cependant, chez les femmes tout âge confondu, l’augmentation est de 3%, et de 5% entre 2024 et 2023, alors que le taux était en légère diminution depuis 2021 (-3% entre 2021 et 2023). Cette augmentation est portée principalement par les jeunes femmes de 15 à 25 ans (+13% entre 2023 et 2024). On observe ainsi une augmentation importante du taux d’incidence des cas diagnostiqués et traités pour cette infection chez les jeunes femmes et hommes de 15 à 25 ans entre 2023 et 2024 (+21% chez les jeunes hommes).
Parmi les jeunes de 15 à 25 ans, les 15-17 ans avaient un taux d’incidence près de 11 fois moins important que celui des 18-25 ans (32 vs 338 pour 100 000). Ce taux a cependant doublé entre 2014 (16 pour 100 000) et 2024.
En 2024, les taux d’incidence étaient les plus élevés en Guyane (226 pour 100 000 habitants), en Guadeloupe (139), en Martinique (119), à La Réunion (107), et en Île-de-France (134) (Figure 4).


Infections diagnostiquées en CeGIDD (SurCeGIDD)
Le nombre de diagnostics d’infections à Chlamydia trachomatis rapporté par les CeGIDD est d’environ 22 200 en 2024.
Parmi les cas diagnostiqués, 64,1% étaient des hommes cis, 35,6% des femmes cis et 0,4% des personnes trans (Tableau 1). L’âge médian des personnes diagnostiquées pour cette IST était de 24 ans, 26 ans chez les hommes cis, 22 ans chez les femmes cis et 29 ans chez les personnes trans. Les moins de 18 ans représentaient 4% des cas. Parmi les personnes pour lesquelles l’information était disponible, 20% étaient nées à l’étranger. Les hommes hétérosexuels représentaient 36% des cas, les HSH 23%, les femmes hétérosexuelles 35% et les femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes (FSF) 2%, tandis que 4% des cas ne rapportaient pas de rapports sexuels au cours des 12 derniers mois. La majorité des cas (82%) avaient eu au moins 2 partenaires sexuels au cours des 12 mois ayant précédé le diagnostic. Des signes cliniques d’IST ont été identifiés lors de la consultation dans seulement 21% des cas.
Le taux de positivité des tests était de 7,6% en 2024 (7,9% chez les femmes cis, 7,4% chez les hommes cis et 6,4% chez les personnes trans). Ce taux a diminué par rapport à 2023 quel que soit le genre (Figure 5). Parmi les personnes dont les pratiques sexuelles étaient connues, les taux de positivité en 2024 étaient, comme les années précédentes, les plus élevés chez les femmes hétérosexuelles (8,5%), les HSH (7,8%), et les hommes hétérosexuels (7,4%), les femmes ayant des rapports sexuels avec des femmes ayant un taux de 5,3%.
Les taux de positivité régionaux sont les plus élevés aux Antilles (18,8%), en Guadeloupe, en Martinique (12,7%) et en Guyane (13,5%) (Figure 6).


Caractéristiques des infections diagnostiquées en médecine générale (réseau Sentinelles)
Les hommes cis étaient majoritaires (55%) parmi les cas d’infections à Chlamydia trachomatis diagnostiqués en médecine générale en 2024 d’après les données du réseau Sentinelles (n= 307). Les femmes cis représentaient 43% des cas, et les personnes trans 2%. Parmi les cas pour lesquels les pratiques sexuelles étaient connues, 40% étaient des femmes hétérosexuelles et 29% des HSH.
Les personnes nées à l’étranger représentaient 11% des cas. Plus de la moitié des cas (62%) avaient déclaré avoir eu au moins 2 partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois.
L’infection avait été diagnostiquée en raison de symptômes d’IST dans 39% des cas. Au cours de l’année précédant le diagnostic, 19% des patients avaient présenté un épisode d’IST bactérienne. La prophylaxie pré-exposition au VIH avait été utilisée dans les trois derniers mois par 16% des cas, tandis que 4% des cas étaient séropositifs pour le VIH.
Diagnostics de lymphogranulomatose vénérienne
La lymphogranulomatose vénérienne (LGV) est une infection à Chlamydia trachomatis due aux souches de génovar L. Elle est responsable d'infections anorectales, principalement chez les HSH.
Dans le cadre de l’enquête Anachla 2024 réalisée par le Centre national de référence (CNR) des IST bactériennes, les échantillons anorectaux positifs à Chlamydia trachomatis de 1 665 patients provenant de 135 laboratoires en France hexagonale et en outre-mer ont été génotypés. Parmi ces patients, 187 étaient porteurs d’une LGV, cette souche représentant ainsi 11,2% des infections anorectales à Chlamydia trachomatis. Cette proportion était de 7,8% en 2023, 13,4% en 2022, 16,9% en 2021 et 13,4% en 2020. Les proportions de LGV observées dans les enquêtes Anachla sont donc fluctuantes, mais restent sur les cinq premières années de l’enquête inférieures à 20%.
En 2024, les hommes cis représentaient 96,3% des cas de LGV (proportion stable). Il s’agissait tous de HSH lorsque le sexe des partenaires était connu. Les autres cas concernaient des personnes trans (3,7%). Environ la moitié des patients diagnostiqués avec une LGV ne présentait aucun symptôme anorectal et était séronégative pour le VIH.



