Point épidémiologique COVID-19 du 6 mai 2021 : poursuite du ralentissement de l’épidémie mais des tensions hospitalières toujours fortes

Publié chaque semaine, le point épidémiologique relatif à la surveillance de la Covid-19 présente une analyse détaillée des indicateurs mis en place par Santé publique France et son réseau de partenaires pour suivre l’évolution de l’épidémie et orienter les décisions publiques.

Mis à jour le 07 mai 2021

En semaine 17 (du 26 avril au 02 mai 2021), une diminution des indicateurs épidémiologiques était observée avec une baisse de 20% du taux d’incidence, mais l’épidémie reste à un niveau toujours élevé, supérieur à celui observé une semaine avant la levée du deuxième confinement. Si les admissions en services de soins critiques étaient également en baisse depuis cette semaine, la pression hospitalière reste importante. La couverture vaccinale des personnes complètement vaccinées était en progression, pour atteindre près de 11% de la population. En semaine 16, un peu plus de la moitié des personnes non encore vaccinées indiquaient vouloir le faire dès que possible. Dans ce contexte, le maintien d’un haut niveau d’adhésion aux mesures de prévention individuelles et la progression rapide de la vaccination sont essentiels pour permettre un assouplissement prochain des mesures collectives, maintenir à la baisse la dynamique observée et préserver les capacités hospitalières.

Une décroissance engagée depuis 3 semaines

Au niveau national, 150 275 nouveaux cas ont été confirmés, soit environ 21 500 cas en moyenne chaque jour. Le taux d’incidence corrigé pour prendre en compte le samedi férié de la semaine 17 était en diminution (241 pour 100 000 habitants soit -20% par rapport à la semaine 16) pour la troisième semaine consécutive. Cette diminution concernait toutes les classes d’âge mais était moins marquée chez les 0-14 ans (-6%). Le taux de dépistage corrigé (3 266 pour 100 000 habitants) augmentait (+7%) après trois semaines de baisse. Cette augmentation concernait les 0-14 ans (+131%) tandis qu’une tendance à la stabilisation était observée dans les autres classes d’âge.

Les taux d’incidence étaient en diminution dans l’ensemble des régions métropolitaines par rapport à la semaine 16. Cette diminution variait de -10% en Corse à -28% en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le taux de dépistage augmentait dans la majorité des régions. Le taux de positivité diminuait dans l’ensemble des régions métropolitaines.

Le nombre de personnes hospitalisées toujours à un niveau élevé

Le nombre de déclarations de nouvelles hospitalisations de patients COVID-19 a diminué en S17 (-13%), pour la troisième semaine consécutive. Le nombre de déclarations de nouvelles admissions de patients Covid-19 en services de soins critiques en S17 a diminué (2 440 vs 2 971, soit -18%) après la stabilisation observée la semaine précédente. Le nombre de personnes en cours d’hospitalisation se maintenait à un niveau élevé, avec 28 487 personnes hospitalisées au 04 mai (vs 30 341 le 27 avril, soit -6%) dont 5 520 patients en soins critiques (vs 5 959, soit -7%).

Les taux d’hospitalisation étaient stables ou en diminution dans la majorité des régions. Les taux d’admissions en services de soins critiques étaient en diminution dans l’ensemble des régions, excepté en Nouvelle-Aquitaine où l’augmentation observée était cependant plus modérée que celle de la semaine précédente.

Avec 13,2% de la population séropositive au SARS-CoV2 en février 2021, la vaccination reste indispensable

Depuis mars 2020, Santé publique France réalise en collaboration avec le Centre national de référence (CNR) des virus des infections respiratoires (dont la grippe) de l’Institut Pasteur des enquêtes de séroprévalence, en population générale, répétées à différents temps de l’épidémie de COVID-19. Une nouvelle estimation de la séroprévalence des infections par le SARS-CoV-2 en France faite en février 2021 (semaine 6) après la vague épidémique du dernier trimestre de 2020 indique que la proportion de personnes séropositives pour le SARS-CoV-2 est estimée à 13,2%. En France métropolitaine, en S06-2021, l’Île-de-France reste la région la plus touchée avec 20,6% de séroprévalence, suivie de la Bourgogne-Franche-Comté (18,7%) et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (13,9%), deux régions où la circulation virale a été particulièrement active fin 2020.

Les résultats des trois premières enquêtes réalisées de mars à mai 2020 avaient mis en évidence une augmentation de la séroprévalence nationale de 0,3 à 4,9 % au cours de la première vague épidémique. Après plus d’un an de diffusion du virus, ces estimations confirment, que même avec la progression attendue de l’immunité naturelle lors de la vague épidémique évoluant depuis mars 2021, seule une vaccination de masse permettrait d’atteindre rapidement une immunité collective susceptible d’influencer très favorablement la dynamique de l’épidémie et de prévenir la saturation des services hospitaliers.

L’adhésion aux mesures de freinage est forte, comportement essentiel dans la lutte contre l’épidémie

Au 4 mai 2021 :

  • 16 470 369 personnes ont reçu au moins une dose de vaccin contre la Covid-19 et 7 306 862 personnes sont complétement vaccinées, soit respectivement 24,5% et 10,9% de la population en France
  • l’estimation de la couverture vaccinale au sein de la population adulte (âgée de 18 ans ou plus) était de 31,3% pour au moins une dose et 13,9% pour une vaccination complète

L’enquête CoviPrev (vague 23, du 21 au 23 avril 2021) révèle globalement une augmentation de l’adhésion systématique des mesures en lien avec l’interaction sociale. Le port systématique du masque en public reste la mesure le plus souvent adoptée (83%).

Plus de la moitié des personnes interrogées non vaccinées (56%) répondaient vouloir certainement ou probablement se faire vacciner contre la Covid-19. Ce pourcentage est stable depuis février. Les personnes les plus âgées sont plus enclines à vouloir se faire vacciner (63%). La proportion des jeunes de 18-24 ans ayant l’intention de se faire vacciner a augmenté fortement entre mars (36%) et avril (55%). Les indicateurs d’altération de la santé mentale restent stables à un niveau élevé (22% pour les états dépressifs et anxieux).

L’adhésion aux mesures de prévention individuelles et la progression rapide de la vaccination restent essentiels pour permettre un assouplissement prochain des mesures collectives, maintenir à la baisse la dynamique observée et préserver les capacités hospitalières. Chaque personne présentant des symptômes évocateurs de COVID-19 s’isole immédiatement et réalise un test diagnostique dans les plus brefs délais. L’utilisation des outils numériques (TousAntiCovid) est recommandée pour renforcer les mesures de suivi des contacts et d’isolement rapide.

COVID-19 : point épidémiologique du 6 mai 2021

COVID-19 : point épidémiologique du 6 mai 2021

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