Vers des ruralités favorables à la santé - Le dossier de La Santé en action n°472 de janvier 2026.

Santé publique France publie, dans une nouvelle édition de sa revue La Santé en action, un dossier sur la promotion de la santé dans les territoires ruraux, qui connaissent certes des fragilités mais peuvent s’appuyer sur une grande diversité d’acteurs engagés.

Publié le 3 mars 2026

Depuis quelques années, les crises sanitaires, économiques et écologiques ont remis le monde rural sur le devant de la scène, comme en témoigne le plan France Ruralités, adopté en 2023. Pourtant, sa perception reste ambivalente : la « campagne » est idéalisée comme un havre de nature et de solidarité qui attire les populations en télétravail, mais la ruralité est aussi associée à l’isolement, au vieillissement, à la disparition des services publics, et en premier lieu celui de la santé. Ce dossier de La Santé en action propose différents éclairages pour montrer la diversité des territoires ruraux, leurs vulnérabilités mais aussi leur potentiel d’innovation face aux défis contemporains.  

De la pollution aussi à la campagne

Avec 88 % des communes françaises classées comme rurales et 22 millions d’habitants, ils abritent près d’un tiers de la population. A cause de fragilités socio-économiques et démographiques, les indicateurs sanitaires y sont globalement défavorables, avec une espérance de vie à la naissance inférieure de deux ans à celle des zones urbaines. Plusieurs articles montrent que le milieu rural est tout autant exposé que les villes à des pollutions, qu’il s’agisse de l’exposition aux pesticides dans les espaces agricoles ou des nuisances dues aux infrastructures industrielles ou routières.

La proximité avec les zones de production alimentaire n’est pas davantage un facteur de protection, car dans de nombreux territoires, la part de l’agriculture locale dans l’assiette des habitants est dérisoire, l’essentiel étant destiné à l’exportation. Le manque de soignants joue un rôle immédiat mais aussi à plus long terme, puisque les tensions sur l’offre tendent à réduire la part de la prévention chez les professionnels de santé. Enfin, les problèmes de mobilité pèsent particulièrement sur les jeunes, pour accéder à une formation ou à un emploi, pour aller se distraire, se cultiver, faire du sport et mener une vie sociale épanouie. 

Un foisonnement d’interventions

Toutefois, et c’est ce que met en lumière ce numéro, le milieu rural ne reste pas figé. Les acteurs, qu’ils soient institutionnels ou associatifs, professionnels ou élus locaux, multiplient les initiatives. Dans le Puy-de-Dôme, une communauté de communes a lancé un réseau d’ambassadeurs de la forme, dans lequel bénévoles, travailleurs sociaux et élus se relaient pour lutter contre l’isolement des personnes âgés et proposer des actions de prévention sur le bien-vieillir. Dans le Vercors, le bus « En route pour la santé », porté par une maison des familles, sillonne les routes montagneuses à la rencontre des jeunes, notamment pour parler santé mentale. Dans l’Hexagone, l’association Bouge ton coq réveille les villages ayant perdu leurs commerces en aidant les habitants bénévoles à créer une épicerie participative, qui est autant un lieu de socialisation que d’approvisionnement. En Lorraine, le projet alimentaire territorial d’une communauté de communes intègre un volet social pour mettre à disposition de tous, y compris les plus démunis, une alimentation de qualité en circuit court, grâce à des achats groupés auprès d’agriculteurs locaux et la création de jardins nourriciers partagés sur les terres municipales. 

L’urbanisme favorable à la santé en mode rural 

Ces interventions, si elles montrent une volonté forte de développer la promotion de la santé, gagneraient néanmoins à s’inscrire davantage dans des cadres validés scientifiquement. La notion d’urbanisme favorable à la santé commence à gagner les petites communes, comme ce projet d’une école nature dans une municipalité de 4 000 habitants de l’Eure. Mais les aménagements doivent être accompagnés par des actions adaptées au contexte rural pour favoriser les changements de comportement, par exemple aller chercher son pain à vélo ou à pied plutôt qu’en voiture.

Les territoires ruraux, par leur diversité et leur capacité d’innovation, offrent des enseignements précieux. Ils rappellent que la santé ne se résume pas à l’accès aux soins, et que l’action publique doit également porter sur les conditions de vie, l’environnement et ce qui fait cohésion sociale.

A télécharger

La Santé en action, Janvier 2026, n°472 Vers des ruralités favorables à la santé

En savoir plus