CoviPrev : une enquête pour suivre l’évolution des comportements et de la santé mentale pendant l'épidémie de COVID-19

Depuis le 23 mars 2020, Santé publique France a lancé l'enquête CoviPrev en population générale afin de suivre l’évolution des comportements (gestes barrières, confinement, consommation d’alcool et de tabac, alimentation et activité physique) et de la santé mentale (bien-être, troubles).

Mis à jour le 04 juin 2021
Dans cet article

Face à l’épidémie de Covid-19 et depuis les mesures gouvernementales de confinement du 16 mars 2020, comment les Français réagissent-ils ? Comment cette crise sanitaire inédite modifie-t-elle les comportements, les connaissances, les croyances ? Quel retentissement psychologique dans la population ?

Santé publique France a lancé, avec BVA, l'enquête CoviPrev visant à suivre l’évolution des comportements (gestes barrières, confinement) et de la santé mentale en population générale (bien-être, troubles), ainsi que leurs principaux déterminants. Elle sera répétée de façon régulière pendant la période de confinement et de post confinement.

Objectifs

  • suivre l’adoption des mesures de protection et de la santé de la population pendant la période de confinement et de déconfinement 
  • recueillir les informations nécessaires à l’orientation et à l’ajustement des mesures de prévention
  • surveiller les inégalités de santé
  • capitaliser des connaissances utiles à la gestion de futures pandémies  

Méthode de l'enquête

  • Enquêtes quantitatives répétées sur échantillons indépendants
  • Questionnaires auto-administrés à remplir en ligne sur système Cawi (Computer Assisted Web Interview)
  • Echantillons de 2 000 personnes de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine recrutés par access panel (Access Panel BVA)
  • Échantillonnage par quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelles du répondant, région, catégorie d’agglomération) redressé sur le recensement général de la population 2016 

Contenu du questionnaire

Le questionnaire mesure d’une part, la connaissance et la mise en œuvre des mesures de protection et, d’autre part, la santé mentale des personnes pendant l'épidémie de COVID-19.

Ce module répond à l’objectif de pilotage des dispositifs de prévention pendant la période épidémique. Il s’agit de suivre les déterminants les plus susceptibles d’affecter à court terme la situation sanitaire, notamment l’adoption des mesures de protection (déterminants de la contagion) et la santé mentale, également susceptible de présenter un fardeau supplémentaire pour le système de santé. 

Caractéristiques sociodémographiques, connaissances, perceptions, proximité à la maladie, conditions de vie pendant  l'épidémie (confinement…) sont les principaux déterminants de l’adoption des mesures de protection et de la santé mentale recueillis afin de disposer d’informations pour identifier les cibles et leviers d’intervention.

Le questionnaire comporte également de modules complémentaires sur les addictions (alcool et tabac), la nutrition et l'activité physique qui seront intégrés dans une ou plusieurs vagues de l’enquête, afin d’évaluer plus largement l’impact de la situation sur la santé de la population. 

Exploitation des résultats

À court terme, cette surveillance permettra de disposer d’un outil de reporting pour ajuster les stratégies de communication et de prévention des pouvoirs publics, notamment à destination des publics les plus vulnérables.  

À plus long terme, après la crise sanitaire, ce suivi d’indicateurs sera utilisé pour produire et capitaliser des connaissances sur les répercussions du Covid-19 en population générale, sur la santé mentale et d’autres comportements de santé (consommations de substances psychoactives, nutrition, activité physique).

La mise à disposition des résultats sera consécutive à chaque vague d’enquête. Ils sont composés :

  • d'une synthèse avec les résultats principaux ;
  • de tableaux avec les résultats détaillés présentant les prévalences et évolutions des indicateurs en fonction des caractéristiques sociodémographiques, des conditions de vie liées à l’épidémie ainsi que des analyses des déterminants cognitifs et de leurs évolutions (perception de la maladie et des mesures de protection).

Résultats

Les résultats de l'enquête CoviPrev couvrent les thématiques suivantes : santé mentale, adoption des mesures de prévention, adhésion vaccinale, addictions, alimentation et activité sportive.

Santé mentale

Synthèse des nouveaux résultats

Les résultats présentés concernent la vague 24 (17-19 mai 2021) et sont mis en perspective des résultats des autres vagues d'enquête.

  • 80 % des Français se déclarent actuellement satisfaits de leur vie. Niveau bas, -5 points par rapport au niveau hors épidémie, +13 points par rapport au niveau du début du 1er confinement, tendance stable.
  • 19 % des Français souffrent d’un état dépressif. Niveau élevé, +9 points par rapport au niveau hors épidémie, tendance à la baisse.
  • 21 % des Français souffrent d’un état anxieux. Niveau élevé, +6 points par rapport au niveau hors épidémie, -6 points par rapport au niveau du premier confinement, tendance stable.
  • 64 % des Français déclarent des problèmes de sommeil au cours des 8 derniers jours. Niveau élevé, +14 points par rapport au niveau hors épidémie, tendance stable.
  • 8,5 % des Français ont eu des pensées suicidaires au cours de l’année. Niveau élevé, +4 points par rapport au niveau hors épidémie, tendance stable.

A télécharger : Comment évolue la santé mentale des Français pendant l’épidémie de COVID-19 – Résultats de la vague 24 de l’enquête CoviPrev 

Conclusion  : ce qu'il faut retenir

  • Pour la première fois depuis octobre 2020 (vague 16), une diminution significative des états dépressifs a été observée. La santé mentale des personnes interrogées reste cependant dégradée sans évolution significative sur les autres indicateurs (satisfaction de vie, états anxieux, problèmes de sommeil et pensées suicidaires ; enquête CoviPrev du 17-19 mai 2021). Les segments de population les plus en difficultés sont notamment les femmes, les jeunes (18-24 ans, étudiants), les personnes en situation de précarité (emploi, logement, finances), les personnes ayant des antécédents de trouble psychologique et celles ayant eu des symptômes de la COVID-19.
  • La colère, la peur, l’inquiétude pour sa santé, ou encore les sentiments de solitude, d’isolement, d’impuissance et de déprime sont associés à une santé mentale plus dégradée, quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques et les conditions de vie.
  • La situation épidémique et les mesures prises pour la contrôler affectent de façon importante la santé mentale de la population, en particulier en termes de symptomatologie anxio-dépressive. Rappelons qu’en présence de signes de dépression (tristesse, perte d’intérêt, d’énergie) ou d’anxiété (tension, irritabilité), il est important de s’informer et d’en parler afin d’être conseillé sur les aides et les solutions disponibles. Il ne faut pas hésiter à prendre conseil auprès de son médecin ou à appeler le 0 800 130 00 pour demander à être orienté vers une écoute ou un soutien psychologique.
Figure. Prévalences et évolutions des indicateurs de santé mentale et des problèmes de sommeil (% pondérés). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, mai 2021
Figure. Prévalences et évolutions des indicateurs de santé mentale et des problèmes de sommeil (% pondérés). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, mai 2021
Notes de lecture. Évolutions testées entre échantillons comparables en termes de sexe, âge, CSP, taille d’agglomération et région d’habitation. Lorsqu'une marque (rond) est pleine, la proportion est significativement différente de celle de la vague précédente, test de Wald ajusté, p<0,05. Lorsque la dernière proportion de la série (vague 23) est associée à une étoile, cette proportion est significativement différente de celle du premier point de la série (vague 1 ou 2 selon l'indicateur), test de Wald ajusté, * : p<0,05 ; ** : p<0,01 ; *** : p<0,001. HAD : Hospital Anxiety and Depression scale.

Adoption des mesures de prévention pendant l’épidémie de COVID-19

Synthèse des nouveaux résultats

Les résultats présentés portent sur la vague 24 (17-19 mai 2021).

Comportements de prévention

  • Hormis l’utilisation de mouchoirs à usage unique dont l’adoption systématique diminue significativement (59% en V24 vs 63% en V23), le suivi des autres mesures d’hygiène (se laver régulièrement les mains, tousser ou éternuer dans son coude) est stable par rapport à la vague 23 (19-21 avril 2021). 
  • En revanche, la proportion de personnes déclarant systématiquement respecter les mesures en lien avec l’interaction sociale a significativement diminué par rapport à la vague précédente, comme « éviter les rassemblements festifs » (63% en V24 vs 72% en V23) ou « éviter d’aller voir une personne âgée, fragile ou vulnérable » (45% en V24 vs 54% en V23). 
  • Le maintien d’une distance de 2 mètres entre individus est la mesure de distanciation la moins systématiquement adoptée (39% en V24). 
  • L’adoption systématique du port du masque en public reste la mesure déclarée le plus souvent respectée (82%).
  • Il est observé une diminution significative de la proportion de personne déclarant rester confiné à la maison le plus possible, en lien avec l’allègement récent des restrictions par les pouvoirs publics, devenant la mesure barrière la moins systématiquement adoptée (37% en V24). 
  • 39% des personnes interrogées ont déclaré avoir aéré leur logement quelques minutes toutes les heures.
  • Bien que la proportion de personnes déclarant éviter de sortir pendant le couvre-feu reste élevée en vague 23 avec presque les trois-quarts des individus interrogés (73%), cette mesure tend à une faible diminution depuis la vague 21 (79%).

Profils de population adoptant moins les comportements de prévention

Les populations adoptant moins systématiquement les mesures de prévention sont le plus souvent les hommes, les jeunes de 18 à 34 ans et les personnes ayant un faible niveau de littératie en santé. Les 18-24 ans adoptent moins systématiquement les mesures d’hygiène, et de distanciation, mais le port du masque est moins adopté par le 25-34 ans. Les personnes ayant un faible niveau de littératie en santé adoptent moins les mesures d’hygiène, de distance physique, et restent moins souvent confinées à la maison le plus possible. Les personnes qui ne présentent pas de risque de développer une forme grave de Covid-19 n’adoptent pas moins de mesures de prévention.

Résultats détaillés

Adoption des mesures de prévention par indicateur 
Fréquences et évolutions des indicateurs d’adoption des mesures de prévention pendant l'épidémie

Nombre de mesures d’hygiène adoptées systématiquement (parmi 4 mesures recommandées par les pouvoirs publics)
Moyenne et évolution du nombre de mesures d'hygiène systématiquement adoptées et les conditions de vie liées à l'épidémie

Adoption systématique de la mesure de distanciation (changement dans la composition de l'indicateur : les recommandations relatives à la distance physique sont passées de 1 à 2 mètres à compter de la vague 21)
Moyennes et évolutions du nombre de mesures de distanciation physique systématiquement adoptées selon les profils sociodémographiques et les conditions de vie liées à l'épidémie

Adoption systématique de la mesure "rester confiné à la maison le plus possible"
Prévalences et évolutions de l'adoption systématique de la mesure "rester confiné à la maison le plus possible" selon les profils sociodémographiques et les conditions de vie liées à l'épidémie

Adoption systématique du port du masque en public
Prévalences et évolutions de l'adoption systématique du port du masque en public selon les profils sociodémographiques et les conditions de vie liées à l'épidémie

Figure - Fréquences de l'adoption systématique déclarée des mesures de prévention et évolutions (% pondérés). Enquête CoviPrev (vague 24 : 17-19 Mai 2021), France métropolitaine.
Fréquences de l'adoption systématique déclarée des mesures de prévention et évolutions (% pondérés). Enquête CoviPrev (vague 24 : 17-19 Mai 2021), France métropolitaine.
Notes de lecture. Évolutions testées entre échantillons comparables en termes de sexe, âge, CSP, taille d’agglomération et région d’habitation. Lorsqu'une marque (rond) est pleine, la proportion est significativement différente de celle de la vague précédente, test de Wald ajusté, p<0,05.

Variables sociodémographiques associées à une moindre adoption des mesures de prévention. Enquête CoviPrev (vague 24 : 17-19 mai 2021), France métropolitaine.

 Moindre nombre de mesures d'hygiène systématiquement adoptées parmi les 41Moindre nombre de mesures de distanciation systématiquement adoptées parmi les 42Moindre % d'adoption systématique du port du masque en publicMoindre % d'adoption systématique de la mesure "rester confiné à la maison le plus possible"
SexeHommes--Hommes--
Classe d'âge (en 5 classes)18-24 ans18-24 / 25-34 ans 25-34 ans--
Catégorie socioprofessionnelle (chômeurs et retraités recodés)--CSP-----
Littératie en santéaFaibleFaible--Faible
Situation financière perçue----DifficileBonne
Présente un risque de développer une forme grave de COVID-19b--------

Notes de lecture. Les associations entre chacun des 4 indicateurs d’adoption systématique des mesures de prévention et les variables sociodémographiques ont été testées grâce à des analyses bivariées (test de Wald ajusté, p<0,05). Sont présentées les modalités des variables sociodémographiques associées à une moindre adoption, en comparaison de l'ensemble des autres modalités de la variable.

-- : aucune modalité de la variable sociodémographique n'est associée à une moindre adoption pour l'indicateur considéré.    
aLa littératie en santé désigne la motivation et les compétences des individus à accéder, comprendre, évaluer et utiliser l'information pour prendre des décisions concernant leur santé (échelle Health Literacy Questionnaire, Dimension 5).
bFacteurs de risque de développer une forme grave de COVID-19 : diabète ; hypertension artérielle ; problème respiratoire ou pulmonaire ; problème cardiaque ou cardiovasculaire ; problème rénal ; cancer avec traitement en cours ; obésité (IMC>30), 
14 mesures d'hygiène : se laver régulièrement les mains ; tousser dans son coude ; utiliser un mouchoir à usage unique ; aérer votre logement quelques minutes toutes les heures. 
24 mesures de réduction des contacts : saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades ; garder une distance d’au moins deux mètres ; éviter les regroupements et réunions en face-à-face avec des proches qui n’habitent pas avec moi ; éviter les rassemblements festifs.

Acceptabilité de la vaccination contre le COVID-19 en population générale

Synthèse des nouveaux résultats

Les résultats présentés portent sur la vague 24 (17-19 mai 2021).

Evolution de la vaccination et des intentions de se faire vacciner

  • Plus de la moitié (76%) des personnes interrogées répondait soit être vaccinées (47%) soit vouloir certainement ou probablement se faire vacciner contre la COVID-19, dès que cela serait possible. Ce résultat est significativement supérieur à celui retrouvé en vague 23 (69%).
  • Depuis la V19 (14-16 décembre 2020), l’évolution de la proportion de personnes interrogées ayant reçu au moins une dose de vaccin ou ayant l’intention certaine ou probable de se faire vacciner, selon l’âge, permet d’observer une augmentation continue. Cette hausse s’observe d’autant plus dans les populations jeunes âgées de 18 à 35 ans, avec des proportions de vaccination et d’intention de se faire vacciner grandissantes, notamment depuis la V22. En V24, cette proportion atteint 63% pour les 18-24 ans et 93% pour les plus de 65 ans. 
  • Parmi les 1066 (53%) personnes non-vaccinées, on observe également une augmentation de personnes essayant d’obtenir un rendez-vous mais qui ne l’ont pas encore eu (16% vs 10% en V23) ainsi qu’une diminution des personnes déclarant ne pas essayer d’avoir de rendez-vous (76% vs 85% en V23).
  • Parmi les 488 personnes (24%) qui ne souhaitent pas se faire vacciner en V24, les raisons déclarées pour justifier leur choix étaient le plus souvent : 
    • « les nouveaux vaccins ne sont pas sûrs » (73%) 
    • « Je préfère d’autres moyens de prévention comme les gestes barrières » (27%)
    • « Ce n’est pas efficace pour empêcher la propagation de l’épidémie » (25%) ou la maladie (25%). Ces personnes seraient prêtes à changer d’avis s’il y avait : 
    • « Des informations qui prouvent l’efficacité et la sûreté du vaccin » (31%) 
    • « La mise en place d’un pass sanitaire permettant d’accéder à certains lieux ou évènements » (19%)
    • « Un retour à une vie plus normale » (18%)
  • Les parents d’enfants de moins de 17 ans ont été interrogés pour la première fois en mai sur leur l’intention de faire vacciner leurs enfants si un vaccin contre le COVID-19 était disponible : seuls 47% ont répondu positivement. 

Profils des personnes

  • Depuis la vague 20 (18-20 janvier 2021), les hommes, les plus de 65 ans et les personnes qui perçoivent le COVID-19 comme grave sont les plus vaccinés et les plus favorables à la vaccination. 
  • On retrouve un pourcentage plus élevé de personnes se déclarant vaccinées ou ayant l’intention de le faire chez les CSP+ (84%), ainsi que chez les personnes déclarant avoir une bonne situation financière (81%). 
  • En revanche, en regroupant les personnes vaccinées et ayant l’intention de le faire, on ne retrouve plus de différence significative entre les personnes vivant en milieu urbain ou rural, ni entre les personnes ayant eu ou non le Covid-19 auparavant. 
Evolution de la vaccination et des intentions de se faire vacciner contre le COVID-19 (% pondérés). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, mai 2021
Evolution de la vaccination et des intentions de se faire vacciner contre le COVID-19 (% pondérés). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, mai 2021
Évolution de la vaccination et des intentions de se faire vacciner contre la COVID-19 selon les classes d’âge (% pondérés). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, mai 2021
Évolution de la vaccination et des intentions de se faire vacciner contre la COVID-19 selon les classes d’âge (% pondérés). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, mai 2021

Profil des personnes ayant reçu au moins 1 dose de vaccin ou bien ayant l’intention de se faire vacciner contre la Covid-19. Enquête CoviPrev (vague 24 : 17-19 mai 2021), France métropolitaine

ProfilEnsembleSexeAge (années)***CSP***Situation financière***Perception de la gravité du COVID-19***Lieu de vieOnt déjà eu le COVID
  HF18-2425-3435-4950-65>65CSP+CSP-InactifsBonneJusteDifficileInf. à la médianeSup. à la médianeRural/semi-ruralUrbainOuiNon
Vague 23 (%)6975635850627488796154766651658066737073
Vague 24 (%)7681716365697893846965817164718875778277

Notes de lecture.  Proportion significativement différente en Vague 24 par rapport au complément de la catégorie, test de Wald ajusté, * : p<0,05 ; ** : p<0,01 ; *** : p<0,001.

Evolution des usages de tabac et d’alcool pendant le confinement

Synthèse vague 2 (30 mars - 1er avril 2020)

Les analyses présentées portent sur les évolutions déclarées des niveaux de consommation de tabac et d'alcool pendant le confinement.

Evolution des usages de tabac

Parmi les fumeurs interrogés (n=422) :

  • 27% déclarent que leur consommation de tabac a augmenté depuis le confinement
  • 55% qu’elle est stable
  • 19% qu’elle a diminué

Les individus déclarant avoir augmenté leur consommation étaient quasiment tous déjà fumeurs avant le confinement (94%). La hausse moyenne du nombre de cigarettes fumées par les fumeurs quotidiens est de 5 cigarettes par jour.

Les raisons mentionnées par les fumeurs déclarant avoir augmenté leur consommation étaient dans l’ordre (n=104, plusieurs réponses possibles) :

  • l’ennui, le manque d’activité (74%)
  • le stress (48%)
  • le plaisir (10%)

L’augmentation de la consommation de tabac est plus fréquemment mentionnée par :

  • les 25-34 ans (41%)
  • les actifs travaillant à domicile (37%)
  • les femmes (31%)

L’augmentation de la consommation de tabac augmente avec le niveau d’anxiété et elle est plus fréquente en cas de dépression probable ou certaine. 

Evolution des usages d’alcool

Parmi les usagers d’alcool interrogés (n=1344) :

  • 11% déclarent que leur consommation d’alcool a augmenté depuis le confinement
  • 65% qu’elle est stable
  • 24% qu’elle a diminué

Les raisons mentionnées par les consommateurs d’alcool déclarant avoir augmenté leur consommation étaient dans l’ordre :

  • le plaisir (45%)
  • l’ennui, le manque d’activité (32%)
  • le stress (15%)

Ils sont 51% à déclarer avoir augmenté leur fréquence de consommation, 10% le nombre de verres bus les jours de consommation et 23% les deux paramètres (notons que les données détaillées sont incohérentes pour 15% des répondants).

L’augmentation de la consommation d’alcool est plus fréquemment mentionnée par :

  • les moins de 50 ans (entre 14% et 17% selon les classes d’âge)
  • les individus vivant dans une ville de plus de 100 000 habitants (13%)
  • Les parents d’enfants de moins de 16 ans (18%)

L’augmentation de la consommation d’alcool augmente avec le risque d’anxiété et de dépression. 

Evolution du poids et de comportements liés à l’alimentation pendant le confinement

Synthèse vague 3 (14-16 avril 2020)

Les analyses présentées portent sur les évolutions déclarées du poids, du grignotage, du « cuisiner des plats-maison », de l’accessibilité des produits alimentaires et de l’attention portée à son budget alimentaire.

Evolution du poids

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 27% déclarent avoir pris du poids
  • 11% en avoir perdu
  • 62% avoir un poids stable

Avoir pris du poids est plus fréquemment mentionné :

  • en cas de situation financière très difficile (36%)
  • par les parents (34%)
  • les moins de 40 ans (31%)
  • par ceux mangeant en plus grande quantité (66%) et grignotant davantage entre les repas (60%) que d’habitude
  • en cas de troubles dépressifs (42%), de problèmes de sommeil (36%) et de niveau élevé d’anxiété (37%)

Avoir perdu du poids est plus fréquemment mentionné :

  • par les moins de 40 ans (14%)
  • ceux mangeant en moindre quantité (33%) et grignotant moins (25%) que d’habitude
  • en cas de niveau élevé d’anxiété (14%)

Evolution du grignotage

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 22% déclarent grignoter entre les repas plus que d’habitude
  • 17% moins que d’habitude
  • 61% n’ont rien changé

Evolution du "cuisiner des plats-maison"

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 37% déclarent cuisiner des plats-maison plus que d’habitude
  • 4% moins que d’habitude
  • 59% n’ont rien changé

Evolution de l’accessibilité des produits alimentaires

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 57% déclarent trouver moins que d’habitude les aliments qu’ils souhaitent dans les magasins
  • 3% plus que d’habitude
  • 40% autant qu’avant

Evolution de l’attention portée au budget alimentaire

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 23% portent plus d’attention que d’habitude à leur budget alimentaire
  • 14% moins que d’habitude
  • 63% n’ont rien changé

Grignoter entre les repas plus que d’habitude, trouver moins que d’habitude les aliments que l’on souhaite dans les magasins et porter plus d’attention que d’habitude à son budget alimentaire est plus fréquemment mentionné par les moins de 40 ans, les parents, les femmes, en cas de situation financière très difficile.
C’est également le cas pour les personnes présentant des troubles dépressifs, ayant des problèmes de sommeil et en cas d’anxiété. 

Evolution de l'activité physique, du temps passé assis et du temps passé devant un écran pendant le confinement

Synthèse vague 6 (4 au 6 mai 2020)

Les analyses présentées portent sur les prévalences et évolutions déclarées de l'activité physique, du temps passé assis et du temps passé devant un écran pendant le confinement (n=2000). 

Activité physique 

Parmi l’ensemble des personnes interrogées :

  • 57,6% ont fait moins des 30 min jour d’activité physique1 recommandées pendant le confinement. Ceci a été plus fréquemment le cas des femmes, des 25-49 ans, des moins diplômés, des parents d’enfants de 16 ans ou moins et des personnes vivant en zone urbaine.

Comparé à leurs pratiques d’avant le confinement :

  • 47,4% des personnes ont déclaré une diminution de leur activité physique dans son ensemble
  • 58,9% une diminution de la marche
  • 37,1% une diminution de leur activité sportive

Concernant l’activité sportive, 17,9% ont néanmoins déclaré une augmentation de leur pratique, ceci de façon croissante au cours de la période du confinement (15,4% des personnes interrogées du 14 au 16 avril).

Parmi les personnes ayant fait de l’activité sportive (n=1170) 32,7% ont utilisé plus que d’habitude des applications, des vidéos ou la télévision pour en faire.

Sédentarité

Temps passé assis :

  • Pendant le confinement, le temps moyen passé assis a été de 6h19 par jour
  • Un tiers des personnes interrogées (33,4%) a déclaré passer plus de 7h assis par jour, plus fréquemment les 18-24 ans, les personnes ayant travaillé à domicile pendant le confinement et les personnes vivant en milieu urbain
  • Une augmentation du temps passé assis a par ailleurs été perçue par 61,4% des personnes.

Rupture de sédentarité :

  • 44,7% ont déclaré se lever plusieurs fois par heure, la recommandation pendant le confinement étant de le faire au moins toutes les demi-heures2 
  • 55,3% s’est levé moins souvent, en particulier les 18-34 ans, les plus diplômés, les personnes ayant travaillé à domicile pendant le confinement, les personnes vivant en zone urbaine

Temps passé devant un écran pendant le temps libre :

  • Le temps moyen passé devant un écran pendant le temps libre a été de 5h par jour
  • 23,0% des personnes interrogées ont déclaré y consacrer 7h ou plus par jour, plus fréquemment les 18-24 ans, les moins diplômés, les personnes n’ayant pas travaillé pendant le confinement et les personnes vivant en milieu urbain
  • Une augmentation du temps d’écran pendant le temps libre a été déclarée par 59,0% des personnes

Santé mentale, activité physique et sédentarité

Une moindre pratique d’activité physique, un temps passé assis élevé, une rupture de sédentarité peu fréquente et un temps passé devant un écran pour les loisirs ont été plus fréquemment déclarées par :

  • les personnes anxieuses
  • les personnes ayant des troubles dépressifs
  • les personnes ayant des problèmes de sommeil

1 L’activité physique inclut les activités faites au travail, au domicile ou dans le jardin, pour les déplacements ou lors des activités sportives ou de loisirs. 
2 Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’évaluation des risques liés à la réduction du niveau d’activité physique et à l’augmentation du niveau de sédentarité en situation de confinement. Maisons-Alfort, 2020. 22 p.

3 questions à Enguerrand du Roscoat, responsable de l'unité santé mentale, direction de la prévention et de la promotion de la santé à Santé publique France

Pourquoi la santé mentale est-elle si importante en période de confinement ?

La santé mentale, en particulier les troubles anxieux, sont identifiés dans les publications internationales comme un risque majeur lié à la situation épidémique (peur de la maladie pour soi et son entourage) et aux conditions de vie en période de confinement (promiscuité, isolement social, perte de salaire, frustration…). Il est ainsi prioritaire de maintenir un niveau minimal de bien-être et de prévenir à court terme le développement de troubles au sein de la population afin de limiter la sollicitation du système de santé et en particulier des hôpitaux et des urgences par l’afflux des personnes présentant des symptômes d’anxiété ou de stress aigus. Enfin, une dégradation de la santé mentale pourrait avoir des conséquences sur l’adoption d’habitudes de vie défavorables (consommation d’alcool et autres substances psychoactives, nutrition, sommeil…), contribuer à l’augmentation des violences (notamment intrafamiliale) ou encore participer au fardeau économique (arrêts de travail…). 

Quelles informations recherchez-vous en particulier ?

Nous cherchons à estimer l’état de bien-être et la prévalence de troubles psychiques (en particulier anxio-dépressifs) au sein de la population, à identifier les segments de population les plus vulnérables et à en suivre l’évolution afin de veiller à ce que les inégalités ne se creusent pas pendant la période de confinement. 

Après l’enquête, quelles actions concrètes ?

L’analyse des données recueillies après chaque vague ainsi que leurs évolutions nous permettront de mieux répondre aux besoins. L’identification des populations les plus vulnérables et des facteurs associés au bien-être, au mal-être ou aux troubles, sera utile pour mieux orienter et cibler l’offre de prévention. 

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