Activité de dépistage
Dépistages remboursés en secteur privé et public, hors hospitalisations publiques (SNDS)
En 2024, 3,7 millions de personnes ont été dépistées au moins une fois pour la syphilis, soit un taux de dépistage national de 53 pour 1 000 habitants (Figure 1).
Près des deux tiers (64%) des personnes dépistées en 2024 étaient des femmes. Le taux de dépistage était ainsi plus de 50% plus élevé chez celles-ci (66 pour 1 000) que chez les hommes (40 pour 1 000). Le taux de dépistage était notamment le plus élevé chez les femmes de 15 à 25 ans et de 26 à 49 ans (respectivement 149 pour 1 000 et 145 pour 1 000). Chez les hommes, les 26-49 ans étaient les plus dépistés (76 pour 1 000).
Entre 2014 et 2024, le taux de personnes dépistées au moins une fois dans l’année pour une syphilis a augmenté de 90% (53 vs 28 pour 1 000). Il a en particulier triplé chez les hommes de 15 à 25 ans. Le taux de dépistage a augmenté de 20% entre 2022 et 2024, l’augmentation ayant été plus marquée chez les hommes (+29%) que chez les femmes (+16%). Chez les femmes, l’augmentation a été la plus forte chez celles de 50 ans et plus (+35%) et chez les moins de 15 ans (+34%, n=5 048 en 2024).
Parmi les jeunes de 15 à 25 ans, les 15-17 ans sont moins fréquemment dépistés que les 18-25 ans (25 vs 138 pour 1 000). Cependant, leur taux de dépistage a également été multiplié par environ 2,6 en dix ans.

Le taux de dépistage de la syphilis était plus élevé dans les DROM : Martinique (135 pour 1 000), Guadeloupe (129 pour 1 000), Guyane (123 pour 1 000), Réunion (108 pour 1 000). Dans l’hexagone, les taux étaient plus élevés en Île-de-France, PACA et Occitanie (Figure 2).

Ces données incluent les sérologies syphilis réalisées en laboratoire de biologie médicale sans ordonnance dans le cadre du dispositif « Mon test IST ». Dès le premier mois de fonctionnement, le dispositif a fait bénéficier environ 48 000 personnes d’un dépistage de la syphilis. Le nombre de bénéficiaires a augmenté dès le mois suivant (environ 76 000) pour atteindre environ 81 000 bénéficiaires en décembre 2024. Les hommes et les femmes étaient représentés à part égale parmi les bénéficiaires. La plus grande proportion des personnes dépistées en 2024 dans le cadre de ce dispositif se situait dans la classe d’âge des 18 à 25 ans (47% en septembre, puis diminution jusque 40% en décembre).
Dépistages en CeGIDD (SurCeGIDD)
En complément des dépistages remboursés par l’Assurance maladie, environ 285 000 dépistages gratuits de la syphilis ont été rapportés par les CeGIDD en 2024. Environ les deux tiers des personnes dépistées étaient des hommes cis (67,0%), un tiers des femmes cis (32,5%) et 0,5% des personnes trans.
Infections diagnostiquées : taux d'incidence, taux de positivité et caractéristiques des cas
Infections diagnostiquées en secteur privé et traitées (SNDS)
Le nombre de personnes diagnostiquées et traitées pour une syphilis au moins une fois dans l’année en secteur privé a augmenté depuis 2019 (début de la surveillance). En 2024, ce nombre a été estimé à environ 6 500, soit une augmentation de 12% par rapport à 2022 et 2023. Les hommes représentaient 89% des cas.
Le taux d’incidence des cas diagnostiqués était de 9 pour 100 000, beaucoup plus élevé chez les hommes que chez les femmes (17 vs 2 pour 100 000), notamment chez ceux de 26 à 49 ans (36 pour 100 000) (Figure 3).
Le taux d’incidence global a augmenté de 12% entre 2022 et 2024. Cette augmentation était plus marquée chez les femmes (+24%) que chez les hommes (+10%), notamment chez celles de 50 ans et plus (+44% vs +19%). Une augmentation du taux d’incidence est observée chez les adultes dans toutes les classes d’âge : chez les 50 ans et plus (+21%), chez les 15-25 ans (+19%) et chez les 26-49 ans (+7%).
Parmi les jeunes de 15 à 25 ans, tout sexe confondu, les mineurs (15-17 ans) avaient un taux d’incidence près de 10 fois moins élevé que les 18-25 ans (1 vs 12 pour 100 000).
Au niveau régional, les taux d’incidence les plus élevés en 2024 sont observés en Guyane (29 pour 100 000), en Île-de-France (21), en Guadeloupe (19), à la Réunion (16) et en Martinique (13) (Figure 4).


Infections diagnostiquées en CeGIDD (SurCeGIDD)
Le nombre de syphilis récentes (<1 an) rapporté par les CeGIDD est d’environ 2 500 en 2024. La majorité des cas étaient des hommes cis (83%), 15% des femmes cis et 2% des personnes trans (Tableau 1). L’âge médian des personnes diagnostiquées était de 33 ans : 35 ans chez les hommes cis, 34 ans chez les personnes trans et 24 ans chez les femmes cis. Parmi les personnes pour lesquelles l’information était disponible, 26% étaient nées à l’étranger. Les HSH représentaient 66% des cas, les hommes hétérosexuels 17%, les femmes hétérosexuelles 12%, les FSF 1%, tandis que 4% des cas ne rapportaient pas de rapports sexuels au cours des 12 derniers mois. La majorité des patients (84%) avaient eu au moins 2 partenaires sexuels au cours des 12 mois ayant précédé le diagnostic. Des signes cliniques d’IST étaient identifiés lors de la consultation dans 33% des cas. Une séropositivité VIH a été découverte de façon concomitante au diagnostic de syphilis chez 2% des cas. La syphilis était diagnostiquée à un stade primaire dans 54% des cas, tandis qu’elle était diagnostiquée à un stade secondaire dans 19% et latent précoce dans 27%.
Le taux de positivité des dépistages, égal à 1,5% en 2024, est stable depuis 2022. Lorsque l’information sur les pratiques sexuelles était disponible, le taux de positivité était environ 6 fois plus élevé chez les HSH (3,3%) que chez les femmes hétérosexuelles (0,6%) et les hommes hétérosexuels (0,5%) (Figure 5).
En 2024 comme en 2023, le taux de positivité des diagnostics de syphilis en CeGIDD était le plus élevé en Guyane (8,7%). Il était élevé également à La Réunion (3,1%) (Figure 6).


Caractéristiques des cas en médecine générale (réseau Sentinelles)
D’après les données du réseau Sentinelles, les cas de syphilis, tout stade confondu, diagnostiqués en médecine générale en 2024 (n=45) concernaient principalement des hommes (91%). Parmi les cas pour lesquels les pratiques sexuelles étaient connues, les HSH étaient très majoritaires (82%). La plupart des cas (89%) déclaraient également avoir eu au moins deux partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois. Les personnes nées à l’étranger ne représentaient par contre que 12% des cas et l’âge médian des cas était de 45 ans.
Dans l’année précédant le diagnostic, 28% des patients avaient présenté un épisode d’IST bactérienne. Parmi l’ensemble des cas, 30% étaient connus comme séropositifs pour le VIH et 32% avaient utilisé la prophylaxie pré-exposition au VIH dans les trois derniers mois. La syphilis était diagnostiquée à un stade récent (< 1 an) dans 84,4% des cas.



