Perturbateurs endocriniens

Les molécules qualifiées de perturbateurs endocriniens sont en augmentation et leur présence est ubiquitaire dans l’environnement. Leurs effets sur la santé humaine sont encore mal connus.

Mis à jour le 5 juillet 2019

Perturbateurs endocriniens : données

Santé publique France mesure l’exposition aux perturbateurs endocriniens des populations.

Au niveau national

Des niveaux d’exposition de la population différents selon les perturbateurs endocriniens

L'exposition de la population française à divers polluants de l'environnement a été estimée dans le volet environnemental de l’Étude nationale nutrition santé (ENNS) par la mesure de 42 biomarqueurs d'exposition. Ils correspondent à des contaminants chimiques de l'alimentation et de l'environnement retenus en fonction de leur intérêt en santé publique : 11 métaux, 6 PCB et trois familles de pesticides (organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes). Ces substances chimiques ou leurs métabolites ont été dosés dans des prélèvements de sang, d'urine, ou de cheveux.
Les résultats de cette étude indiquent pour les années 2006-2007, que la population française :

  • Présente des niveaux d'exposition aux métaux lourds et aux pesticides organochlorés globalement bas et conformes aux niveaux observés à l'étranger sauf pour le mercure 
  • Présente des niveaux d’exposition aux polychlorobiphényles (PCB) et à d'autres pesticides (paradichlorobenzène et pyréthrinoïdes) plus élevés que ceux observés aux États-Unis et en Allemagne 
  • Pour les PCB, une faible proportion de la population dépasse les seuils sanitaires malgré des niveaux plus élevés qu’à l’étranger.

Pour en savoir plus sur le volet environnemental de l’ENNS

rapport/synthèse 1/03/2011

Exposition de la population française aux substances chimiques de l'environnement. Tome 1. Présentation générale de l'étude. Métaux et ...

rapport/synthèse 1/04/2013

Exposition de la population française aux substances chimiques de l'environnement. Tome 2 - Polychlorobiphényles (PCB-NDL). Pesticides

Les femmes enceintes imprégnées par des perturbateurs endocriniens

Le volet périnatal du Programme national de biosurveillance a permis de décrire pour la première fois l’imprégnation des femmes enceintes françaises par certains polluants de l’environnement et de quantifier, lorsque cela était possible, les déterminants de ces niveaux d’imprégnation. Cette estimation repose sur le dosage de biomarqueurs dans des prélèvements biologiques recueillis en maternité chez des femmes ayant accouché en France continentale, en 2011.

Les résultats de cette étude montrent : 

  • Que la majorité des polluants étudiés, dont certains ont un potentiel perturbateur endocrinien avéré ou suspecté sont mesurés à des niveaux de concentrations quantifiables chez près de la totalité des femmes enceintes incluses dans l’étude. Ce constat confirme l’omniprésence des polluants de l’environnement recherchés, que ce soient les polluants d’origine naturelle et anthropique (plomb, mercure et autres métaux) ou les polluants d’origine anthropique uniquement (BPA, phtalates, PCB) pour lesquels les expositions sont plus récentes ;
  • Que certains niveaux d’imprégnation sont en baisse suite à la mise en place de réglementations strictes (plomb, atrazine, dioxines, furanes) ou de changements d’usages (pesticides organochlorés et organophosphorés) ;
  • Qu’il existe une sur-imprégnation au mercure, aux PCB et aux pyréthrinoïdes (présents par exemple dans les produits anti-poux, anti-puces, pesticides) ;
  • Que l’alimentation est la principale mais pas unique source d’exposition d’autres sources étant également présentes, notamment dans l’air intérieur et extérieur.

En savoir plus sur le volet périnatal du programme national de biosurveillance

rapport/synthèse 1/01/2015

Imprégnation des femmes enceintes par les polluants de l'environnement en France en 2011. Volet périnatal du programme national de bios...

rapport/synthèse 1/12/2017

Imprégnation des femmes enceintes par les polluants de l'environnement en France en 2011 : Volet périnatal du programme national de bio...

rapport/synthèse 1/01/2016

Imprégnation des femmes enceintes par les polluants de l'environnement en France en 2011 - Tome 3 : synthèse et conclusions

L’étude Esteban (Étude de Santé sur l’Environnement, la Biosurveillance, l’Activité physique et la Nutrition) conduite en 2014-2016. 
Cette étude permettra de décrire l’exposition de la population âgée de 6 à 74 ans pour de nombreux polluants de l’environnement et de suivre l’évolution de l’exposition de la population adulte aux métaux, PCB et à certains pesticides depuis l’étude ENNS.

Au niveau local

Une exposition au chlordécone chez la quasi-totalité de la population antillaise

Parmi les pesticides ayant un caractère de perturbateur endocrinien, le chlordécone, pesticide désormais interdit, a été largement utilisée aux Antilles dans la culture de la banane.  
En réponse aux préoccupations exprimées par la population concernant les effets de la pollution par le chlordécone en Martinique et en Guadeloupe, le gouvernement français a mis en place les plans Chlordécone I (2008-2010) et II (2011-2013).
Dans la continuité des deux premiers plans, le plan Chlordécone III (2014-2020) a pour objet de poursuivre les actions engagées pour protéger la population (surveillance et recherche) mais aussi d’accompagner les professionnels fortement impactés par cette pollution. 

L’étude Kannari, mise en œuvre en 2013 par l’Anses, Santé publique France, les Observatoires régionaux de la santé avec l’appui des Agences Régionales de Santé de Martinique et de Guadeloupe, a permis de caractériser l’exposition au chlordécone de la population générale et de différentes sous-populations des Antilles préalablement identifiées comme étant potentiellement surexposées.
Les résultats de cette étude montrent principalement :

90%

Le chlordécone détecté chez 90% des participants à l’étude Kannari

  • Que le chlordécone a été détecté chez 90% des participants à l’étude. 
  • Que le niveau moyen de chlordécone dans le sang est comparable en Martinique et en Guadeloupe (0,14 et 0,13 μg/L). 
  • Que les niveaux sont contrastés au sein de la population d’étude : 5 % des participants ont un niveau d’imprégnation au moins dix fois plus élevé (> 1,24 μg/l) que le niveau moyen. 
  • Que depuis 2003, on observe une diminution de l’imprégnation par le chlordécone pour la majorité de la population mais le niveau des sujets les plus exposés ne diminue pas. 
  • Que la population générale et les travailleurs agricoles ont été et sont encore exposés à d’autres pesticides, potentiellement perturbateurs endocriniens.
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