Drogues illicites

La consommation de drogues illicites expose à différents risques sanitaires, sociaux mais aussi légaux. Face à cette problématique de santé publique majeure, la prévention est primordiale.

Mis à jour le 30 juin 2022

Drogues illicites : notre action

Les risques associés aux drogues illicites représentent un enjeu sanitaire majeur pouvant toucher différentes tranches d’âge de la population. Les enjeux de Santé publique France sont de produire des connaissances utiles aux mesures préventives, concevoir des actions de prévention efficaces, mais aussi informer la population des effets délétères de la consommation des drogues illicites. L’action de Santé publique France s’inscrit dans le cadre du plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 piloté par la Mildeca.

Observer les niveaux et caractéristiques d’usage de drogues illicites en france

Santé publique France conduit et diffuse des études descriptives des niveaux et caractéristiques d’usage de drogues illicites pour définir ou ajuster ses actions de prévention. Les analyses sont souvent réalisées en partenariat, en particulier avec l’OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives). Santé publique France valorise également les stratégies d’intervention efficaces et conduit des expérimentations. Parmi ces études :

  • Le Baromètre santé de Santé publique France : cette enquête périodique, réalisée depuis près de 30 ans vise à mieux connaître les connaissances, les attitudes, les croyances et les comportements des Français adultes en matière de santé. Cette enquête permet d’interroger près de 11 000 personnes de 18-64 ans sur leur consommation de cannabis.
  • Des études auprès de des populations spécifiques :
    • L’étude Priminject menée entre octobre 2010 et mars 2011. Objectif : caractériser les profils et pratiques des nouveaux injecteurs en France.
    • L’étude Coquelicot. La deuxième édition a eu lieu en 2011. Objectifs : décrire les profils et les pratiques des usagers de drogues, d’estimer la séroprévalence du VIH et du VHC.

L’OFDT mène par ailleurs des enquêtes quantitatives et qualitatives auprès des jeunes permettant d’évaluer les niveaux et comportements de consommation chez les adolescents, notamment l’enquête Enclass (collégiens et lycéens) et l’enquête Escapad (jeunes de 17 ans participant à la Journée d’Appel de Préparation à la Défense). Les dispositifs de terrain TREND et SINTES de l’OFDT permettent d’observer les tendances d’usage sur le terrain et d’analyser la composition des produits circulant au plus près des usagers.

Des actions de prévention de la consommation des drogues illicites

Les actions du programme de prévention de la consommation des drogues illicites mises en place par Santé publique France visent à prévenir, limiter et retarder l’entrée dans les consommations, en réduire les risques associés et inciter à l’arrêt des consommations. Ces actions s’adressent particulièrement aux jeunes et à leur famille d’une part, aux consommateurs d’autre part. Le programme de prévention de Santé publique France s’inscrit dans le cadre du Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022, piloté par la Mildeca.

Le renforcement des compétences psychosociales des enfants et des jeunes

Santé publique France fait un travail de repérage, d’expérimentation, d’évaluation et de soutien à la dissémination d’interventions probantes de terrain visant le développement des compétences psychosociales des enfants. Le renforcement de ces compétences chez les enfants et les jeunes favorise un ensemble de comportements favorables à la santé, notamment concernant les addictions comme la capacité à dire non, la capacité à gérer ses émotions, la capacité à communiquer.

Ces interventions ont souvent lieu en milieu scolaire. Des programmes internationaux tels que Unplugged ont été adaptés et évalués en France : ils montrent des résultats intéressants sur les consommations de cannabis notamment.

Des outils de soutien à la parentalité

Santé publique France évalue et accompagne le déploiement de programmes de soutien des parents, recensent les actions prometteuses, conçoit et diffuse des outils pour favoriser le développement de l’aide à la parentalité.

  • Le programme américain de Soutien aux Familles et à la Parentalité (PSFP) a par exemple été adapté et évalué en France. Le guide « promouvoir la santé dès la petite enfance » contient des connaissances et pratiques autour de la petite enfance, de la parentalité et de la promotion de la santé. Cet outil d'accompagnement est destiné aux professionnels de la petite enfance, du secteur de la santé, du social ou de l'éducation, qui souhaitent entreprendre des actions alliant promotion de la santé et accompagnement à la parentalité.
  • La stratégie de PANJO repose sur le soutien des parents de la grossesse aux 12 mois de l’enfant. Des infirmières puéricultrices de PMI réalisent 6 (minimum) à 12 visites au domicile des futurs et jeunes parents. La particularité des visites à domicile réside dans le fait de consacrer systématiquement un temps long à l’observation des liens d’attachement parents-enfants et au soutien des parents dans le développement de liens sécurisants pour le bébé. Ces interventions sont menées uniquement par des professionnelles de PMI bénéficiant d'un dispositif spécifique d'harmonisation des pratiques (formation PANJO, référentiel d'intervention et supervisions).

Une offre de services à distance : Drogues info service

Drogues info service est le service national d’aide à distance en matière de drogues et de dépendances. Il s’appuie sur des règles d’anonymat, de confidentialité, de neutralité et de non jugement dans ses missions d’information, de conseil, de soutien et d’orientation du public. Il s’adresse aux consommateurs de substances illicites, à leur entourage et au grand public en général.

Il est possible d’échanger avec un professionnel :

Des forums de discussion sont également disponibles pour les internautes, et la rubrique adresses utiles propose l’annuaire national des structures spécialisées en addictologie.

Il faut attendre 1986 pour voir apparaître en France les premières campagnes médiatiques grand public sur les drogues. Se succèderont plusieurs prises de parole des pouvoirs publics sur le sujet. La tonalité et les messages des campagnes de communication évoluent alors avec leur temps : davantage injonctifs, voire moralisateurs au début, ils s’inscrivent ensuite dans une démarche d’information et de proximité du public, apportant aide, conseils de réduction des risques et soutien aux consommateurs et à leur entourage.

Campagne de prévention 2015 : faire connaître et dédramatiser le recours au « Consultations Jeunes Consommateurs » (CJC)

En 2015, une campagne de promotion grand public de promotion du dispositif CJC a été diffusée à deux reprises par l’ex-Inpes, la Mildeca et le ministère de la Santé. Elle cible les parents d’adolescents de 14-17 ans se posant des questions sur la consommation de leur(s) enfant(s).

Au-delà d’un objectif de notoriété, cette campagne visait à dédramatiser le recours aux CJC (souvent identifiées à tort comme un centre de soins pour toxicomanes et non comme un lieu d’accueil des jeunes et des familles), à favoriser le dialogue sur les conduites addictives au sein des familles, à déplacer le débat en centrant l’approche autour des moyens de prévenir/de sortir d’une dépendance. Afin de faciliter le repérage précoce des conduites addictives, cette campagne avait également pour but de favoriser « le réflexe CJC » parmi les professionnels sanitaires, médico-sociaux, ainsi que les intervenants éducatifs et sportifs en contact avec les jeunes.
            
Cette campagne a également permis, au-delà du travail sur la notoriété et la dédramatisation du recours aux CJC, de renforcer : la libération de la parole, le dialogue au sein des familles, le développement des compétences parentales et la valorisation des professionnels de terrain.

De nouveaux outils ont été réalisés en 2015 pour prolonger cette action : affiches, brochures, qui continuent d’avoir un grand succès et font l’objet d’actualisation régulière.

Campagne de prévention 2019 : réduire les risques associés à la consommation d’alcool et de cannabis en milieu festif

Visuel de la campagne consommation d'alcool et de cannabis en milieu festif

La campagne Amis Aussi la nuit, diffusée à l’automne 2019, vise à réduire les risques et dommages en contexte festif liés aux consommations importantes d’alcool et de cannabis chez les jeunes de 17 à 25 ans.

La stratégie d’incitation au changement de comportement repose sur le renforcement des comportements protecteurs entre pairs et l’encouragement de la réduction des consommations. Cette stratégie s’illustre sur l’ensemble de la campagne par un slogan « Prendre soin de ses amis, c’est le faire aussi la nuit ».

Le dispositif media était essentiellement digital (bannières web, stories sur réseaux sociaux Instagram/Snapchat/Youtube, vidéos de web-influenceurs sur Konbini), mais comprenait aussi un volet affichage (3 affiches apposées dans des bars et envoyées à des partenaires), et un volet radio (spot NRJ). Une page internet (www.amisaussilanuit.fr)  a été créée, regroupant les contenus de l’espace jeunes Alcool info service ; Drogues info service et les contenus créés avec les partenaires médias.

Visuel de la campagne consommation d'alcool et de cannabis avec comportement protecteur

La campagne a été diffusée à nouveau en 2020, lançant le compte instagram dédié et sur la base de nouveaux contenus créés avec les partenaires médias afin de maximiser la visibilité de la campagne et de multiplier les émetteurs des conseils de prévention pour en augmenter l’impact.
En 2021, la campagne a été retravaillée en mettant en valeur des conseils de RDR plus concrets via de nouveaux visuels (cf affiche avec illustration du comportement protecteur) et contenus élaborés avec les partenaires medias.

Une évaluation de cette campagne a été conduite en 2019 en collaboration avec l’Université de Bordeaux, selon une méthodologie mixte : étude qualitative et post-test quantitatif.

Campagne de prévention 2021 : améliorer les connaissances sur les dommages associés au cannabis

Lancée en 2021, cette campagne est destinée à améliorer les connaissances des consommateurs de cannabis et des professionnels de santé sur les dommages associés aux consommations de cannabis, qui demeurent pour certains méconnus. Cette campagne cible prioritairement les consommateurs occasionnels ou réguliers afin qu’ils prennent du recul sur leur consommation et ne tombent pas dans un usage problématique. Elle est organisée en deux volets :

Un premier volet à destination des consommateurs de cannabis

Sans diaboliser, ni banaliser l’usage du cannabis, la campagne appelée « Histoires de joints » consiste à donner la parole aux consommateurs de cannabis avec des témoignages audios illustrés ou « voice notes » s’appuyant sur des histoires authentiques. De ces situations réellement vécues, 6 thématiques ont été retenues : les troubles du sommeil, les troubles pulmonaires, les troubles mentaux, le bad-trip, les troubles cognitifs, les autres troubles et facteurs de risques (compositions des produits, troubles cardiovasculaires, etc.).

En miroir à ces récits, de courtes vidéos font la pédagogie des différents sujets abordés. Laurent Karila (psychiatre et addictologue à l’AP-HP) et Jean-Michel Delile (psychiatre et président de la Fédération Addiction) décryptent ainsi les questionnements et idées reçues évoqués dans le cadre des témoignages : « Fumer du cannabis, ça aide à mieux dormir ? » ; « Fumer un joint, c’est moins dangereux que fumer une cigarette ? » ; « Le cannabis peut-il rendre schizophrène ou bipolaire ? » ; « Un « bad trip » au cannabis, ça se déclenche comment ? » ; « Quels sont les effets du cannabis sur le cerveau ? » ; « Le cannabis c’est naturel et donc sans danger pour la santé ? ».

Un second volet à destination des professionnels de santé

En complément du dispositif à destination des consommateurs, des contenus utiles pour la pratique des professionnels ont été conçus, en partenariat avec le Journal International de Médecine et le magazine What’s Up Doc.

  • Un article « mise au point » adapté en podcast sur les conséquences du cannabis sur la santé,
  • 2 fiches pratiques portant sur le RPIB (Repérage précoce et intervention brève) et les ressources existantes pour le repérage et l’accompagnement des usages problématiques,
  • 3 interviews abordant les problématiques de la consommation de cannabis en consultation de médecine générale, en entreprise et en milieu universitaire,
  • 2 formats interactifs : un module d’aide pour répondre aux principales idées reçues sur le cannabis et un quizz pour tester les connaissances sur la consommation de cannabis.

Par ailleurs, afin de toucher les nouvelles générations de médecin, une vidéo synthétique de 3 minutes donnant la parole au psychiatre Jean-Michel Delile a été conçue avec le Magazine What’s Up Doc « La Consult' spin-off de Jean-Michel Delile ».