Rougeole

La rougeole est une infection parmi les plus contagieuses, aux complications pouvant être graves, et potentiellement éradicable. Une couverture vaccinale élevée est indispensable pour l’éliminer.

Mis à jour le 4 septembre 2019

La rougeole : notre action

La rougeole est une maladie hautement contagieuse et aux complications graves. Elle demeure dans le monde l’un des grands fléaux infectieux. Une recrudescence des cas est d’ailleurs observée ces dernières années en France. 

Dans ce contexte, la mission de Santé publique France s’articule autour de deux axes principaux qui sont la surveillance épidémiologique et la prévention vaccinale de la rougeole.

La surveillance épidémiologique de la rougeole

Santé publique France a mis en place un programme de surveillance de la rougeole qui repose sur la déclaration obligatoire et un réseau de partenaires.
La maladie étant devenue plus rare, les estimations de l’incidence par le réseau de médecins Sentinelles sont devenues moins précises et ce mode de surveillance ne garantissait plus la détection de cas groupés ; c’est pourquoi la rougeole a été réinscrite en 2005 sur la liste des maladies à déclaration obligatoire (DO)

La déclaration obligatoire 

La déclaration obligatoire consiste à recueillir des informations aussi exhaustives que possible concernant tous les cas de certaines maladies dites "maladies à déclaration obligatoire" auprès des biologistes et médecins.

Pour les cliniciens, tout cas de rougeole (clinique ou confirmé) doit être signalé sans délai à l’Agence régionale de santé (ARS) dont ils dépendent. Le signalement peut être effectué par tout moyen (téléphone, fax…) ou à l’aide de la fiche de notification spécifique. Cette fiche est alors faxée à l’ARS même si tous les items ne sont pas renseignés. La personne en charge de la veille sanitaire rappellera ensuite le déclarant afin de compléter la fiche notamment en ce qui concerne les examens biologiques. 
Le signalement est déterminant pour permettre à l’ARS de déceler rapidement des cas groupés ou identifier une chaîne de transmission. Le signalement est suivi par l’envoi d’une fiche de notification obligatoire (à moins que cette fiche n’ait déjà été adressée l’ARS au moment du signalement) sur laquelle le médecin déclarant aura complété la description du cas.

Pour les biologistes, tous les cas positifs de rougeole diagnostiqués au laboratoire doivent être déclarés de la même manière que pour les cliniciens, à l’ARS. Ce double circuit permet de rapprocher les signalements et notifications et de relancer les cliniciens qui n’auraient pas notifié les cas confirmés biologiquement, afin de disposer de données les plus exhaustives possibles.

Dès le stade du signalement, des mesures préventives doivent être prises en plus de l’éviction du cas : recherche active des contacts, avec en particulier la recherche de sujets à risque de forme grave de rougeole dans l’entourage (nourrisson âge de moins d’un an, femme enceinte, immunodéprimé avec vaccination des sujets réceptifs dans l’entourage. Que le cas soit clinique ou confirmé, ces mesures doivent être appliquées aux contacts proches (entourage familial, enfants et adultes de la même section en crèche ou en halte-garderie, enfants et adultes exposés au domicile de garde quand le cas est gardé par une assistante maternelle).
Elles seront élargies aux contacts ayant partagé les mêmes locaux en collectivités (école, collège, lycée, lieu de travail…) si le cas est confirmé.
Il est ainsi recommandé au clinicien de mettre en œuvre les mesures préventives dans l’entourage familial et, aux personnes chargées de la veille sanitaire à l’ARS, en liaison avec les médecins des services concernés, d’identifier les contacts extra-familiaux et de s’assurer que les vaccinations nécessaires ont été proposées ainsi que pour les sujets contact à risque une recommandation d’immunoglobulines.

Définition des cas de rougeole à signaler et à notifier
Critères de signalement :

Critères cliniques
Association d’une fièvre ≥38,5 °C, d’une éruption maculo-papuleuse et d’au moins un des signes suivants : conjonctivite, coryza, toux, signe de Koplik.

Critères biologiques
- détection (en l’absence de vaccination dans les deux mois précédant le prélèvement) sérologique ou salivaire d’IgM spécifiques de la rougeole, ou
- séroconversion ou élévation (en l’absence de vaccination dans les deux mois précédant le prélèvement) de quatre fois au moins du titre des IgG sériques entre la phase aiguë et la phase de convalescence, ou
- détection du virus par PCR sur prélèvement sanguin, rhino-pharyngé, salivaire ou urinaire, ou
- culture positive sur prélèvement(s) sanguin, rhino-pharyngé, salivaire ou urinaire.
A l’issue du signalement et des éléments recueillis lors de la notification, les cas retenus sont classés en :
  • Cas clinique : cas présentant les critères cliniques pour lequel il n’y a pas eu d’analyse biologique et qui n’est pas lié épidémiologiquement à un autre cas de rougeole confirmé ou pour lequel les résultats biologiques ne permettent pas d’exclure le diagnostic (ex : prélèvement négatif réalisé en dehors des délais préconisés).
  • Cas confirmé biologiquement : patient ayant présenté des signes cliniques évocateurs de rougeole et pour lequel un ou plusieurs critères de confirmation biologique sont présents.
  • Cas confirmé épidémiologiquement : cas qui répond à la définition d’un cas clinique1 et qui a été en contact dans les 7 à 18 jours avant le début de l’éruption avec un cas de rougeole confirmé2.

1En situation de cas groupés, le diagnostic peut être défini épidémiologiquement avant que l’ensemble des signes cliniques soient présents.

2Ce cas peut être un cas confirmé biologiquement ou être un cas confirmé épidémiologiquement (situation correspondant à une chaîne de transmission).

 

Pour déclarer la maladie

10/05/2019

Fiche de notification

1/07/2019

Information des personnes sur la notification des maladies à déclaration obligatoire

1/07/2019

Confirmation biologique des cas de rougeole

Un réseau de partenaires

Ce programme de surveillance s’appuie sur plusieurs partenaires :

  • Les Agences régionales de santé

Présentation générale et coordonnées des ARS : http://www.ars.sante.fr/Coordonnees-des-ARS.93676.0.html

  • Le Centre national de référence (CNR) de la rougeole et des Paramyxoviridae respiratoires

CHU DE CAEN
LABORATOIRE DE VIROLOGIE
AVENUE GEORGES CLEMENCEAU
14033 CAEN CEDEX 9
Nom du responsable : Pr Astrid VABRET
Tél. : 02 31 27 25 54 secrétariat - Fax : 02 31 27 25 57
Email : vabret-a@chu-caen.fr ; cnr-roug-para@chu-caen.fr 

 

Des actions de prévention contre la rougeole

Santé publique France participe à la promotion de la vaccination à travers plusieurs outils (site internet, campagne de promotion, brochures…). Nous avons ainsi créé un site d’information sur les différentes vaccinations existantes en France, afin de répondre de façon fiable et scientifiquement validée aux questions que peuvent se poser la population et les professionnels de santé sur le sujet.
Une rubrique consacrée à la vaccination contre la rougeole est disponible dans deux espaces dédiés l’un en direction grand public et l’autre en direction des professionnels, pour mieux les accompagner dans leur pratique.

Santé publique France réalise des outils et documents d’information à destination des professionnels de santé et du grand public pour répondre aux questions concernant la vaccination. Ces documents sont disponibles depuis l’onglet OUTILS.