Rougeole

La rougeole est une infection parmi les plus contagieuses, aux complications pouvant être graves, et potentiellement éradicable. Une couverture vaccinale élevée est indispensable pour l’éliminer.

Mis à jour le 17 juin 2019

La rougeole :  la maladie

La rougeole, l’une des maladies infectieuses les plus contagieuses

La rougeole est l’une des maladies infectieuses les plus contagieuses. Elle est due à un virus du genre morbillivirus de la famille des Paramyxoviridae.

D’après les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la rougeole serait encore responsable, en 2017, d’environ 110 000 décès, en majorité chez des enfants âgés de moins de 5 ans. En France, même si la couverture vaccinale vis-à-vis de la rougeole à l’âge de 2 ans progresse régulièrement, elle n’atteint pas actuellement, ni pour la première ni pour la seconde dose de vaccin, les 95% nécessaires à son élimination.

La rougeole demeure dans le monde l’un des grands fléaux infectieux. Or cette maladie peut être éradiquée ; l’enjeu est donc d’atteindre une couverture vaccinale suffisamment élevée pour ce faire, et l’OMS a mis en place un plan d’élimination dans chacune des régions OMS du globe.

Les chiffres-clés de la rougeole
Infographie concernant la rougeole

Une transmission par voie aérienne

La rougeole est une infection virale hautement contagieuse. La transmission se fait essentiellement par voie aérienne. Le virus se transmet, soit directement auprès d’un malade, soit parfois indirectement en raison de la persistance du virus dans l’air ou sur une surface contaminée par des sécrétions naso-pharyngées.

Un diagnostic à confirmer biologiquement

Compte tenu de la diminution de l’incidence de la maladie, le diagnostic de la rougeole doit être confirmé biologiquement. Le diagnostic repose notamment sur la mise en évidence d’IgM spécifiques dans le sérum ou la salive (le prélèvement doit être réalisé 3 et 28 jours après le début de l’éruption) ou sur l’augmentation du titre des anticorps, en s’assurant qu’il n’y a pas eu de vaccination récente. Des techniques de détection du virus par RT-PCR actuellement standardisées permettent de poser un diagnostic à partir d’échantillons de sang, de salive, rhino-pharyngé ou d’urine.

Une prévention vaccinale 

Chez les nourrissons et les enfants, le calendrier vaccinal prévoit l’administration d’une première dose de vaccin rougeole-oreillons-rubéole à 12 mois et une seconde dose entre 16 et 18 mois. Un rattrapage vaccinal (total de 2 doses de vaccin) est recommandé pour toute personne âgée de plus de 12 mois et née depuis 1980. 

L’éviction du cas est recommandée pendant toute la période de contagiosité, à savoir jusqu’à 5 jours après le début de l’éruption.
Le rattrapage vaccinal, tel que préconisé ci-dessus, réalisé dans les 72 heures qui suivent le contact avec un cas peut éviter la survenue de la maladie chez le vacciné. 

Des symptômes cutanés

La période d’incubation dure 10 à 12 jours. Après exposition, le délai d’apparition de l’éruption est de 14 jours en moyenne (de 7 à 18 jours). La phase d’invasion dure 2 à 4 jours et se manifeste par l’apparition d’une fièvre à 38,5 °C, d’un catarrhe occulo-respiratoire (toux, rhinite, conjonctivite) accompagné d’un malaise général avec asthénie. Le signe de Koplik, pathognomonique, est inconstant et précède l’éruption. L'éruption maculo-papuleuse dure 5-6 jours. La phase de contagiosité commence 5 jours avant l’éruption, lors des prodromes et s’étend jusqu’à 5 jours après le début de l’éruption.

Les formes compliquées sont plus fréquentes chez les patients âgés de moins de 1 an et de plus de 20 ans. La première cause de décès est la pneumonie chez l’enfant et l’encéphalite aiguë chez l’adulte. Des formes atténuées peuvent être observées chez les patients avec une immunité altérée.

Les complications de la rougeole, assez fréquentes et graves, peuvent être de quatre ordres :

  • Surinfections ORL et de l’arbre respiratoire par des pyogènes :
    • Pneumopathies
    • Laryngite sous glottique
    • Otite purulente moyenne aigue 
  • Pneumopathies directement dues au virus ou aux surinfections bactériennes.
  • Encéphalites aiguë de la rougeole, survenant à la phase d’état (1 cas pour 1000), ou subaiguës (encéphalites à inclusion) survenant quelques semaines ou mois après l’éruption chez les sujets immunodéprimés.
  • Pan-encéphalite sclérosante subaiguë (PESS) : maladie dégénérative lente du système nerveux central, liée à la persistance du virus morbilleux. Complication tardive, constamment mortelle, survenant quatre à dix ans après la rougeole. Son incidence varie selon l’âge de survenue de la rougeole, compliquant 1 cas sur 100.000 si la rougeole survient après l’âge de 5 ans, mais pouvant aller jusqu’à 18 cas pour 100.000 lorsque la rougeole survient avant l’âge de 1 an.