Gonococcie
Gonococcie

En augmentation, notamment chez les jeunes, la gonococcie est une infection sexuellement transmissible due au gonocoque. Cette pathologie peut avoir de lourdes conséquences.

Mis à jour le 30 juin 2019

Gonococcie : données

Une recrudescence de la gonococcie

Les données de l’étude LaboIST montrent que le nombre de diagnostics d’infection à gonocoque en 2016 a été multiplié par 3 par rapport aux estimations de l’année 2012, amenant à 49 628 le nombre de nouveaux diagnostics en 2016.

Les patients du réseau RésIST sont diagnostiqués quasi-exclusivement dans des structures spécialisées (95% en 2016). Ceux du réseau Rénago sont diagnostiqués en médecine de ville pour près de 50% d’entre eux.

Le nombre d’infections à gonocoques poursuit son augmentation depuis 2004.

Évolution du nombre de gonococcies selon le sexe, réseau des laboratoires Rénago, France, 2004-2016
Évolution du nombre de gonococcies selon le sexe, réseau des laboratoires Rénago, France, 2004-2016

Entre 2015 et 2016, cette augmentation a été particulièrement importante atteignant 32% du nombre d’infections à gonocoque déclarées, aussi bien en Ile-de-France que globalement dans les autres régions.

Une augmentation particulièrement importante des gonococcies chez les HSH

Sur la période 2015-2016, l’augmentation constatée dans la population générale est plus marquée chez les HSH (+41% sur la même période) que chez les hétérosexuels (+4%). Les HSH représentent 69% des cas rapportés en 2016. L’augmentation chez les hétérosexuels est constatée uniquement hors Ile-de-France (40% des cas chez les hommes hétérosexuels, augmentation de 20% chez les femmes hétérosexuelles).

De manière plus large, sur la période 2014-2016, une augmentation de 127% du nombre de cas chez les HSH a été constatée. Les HSH représentent 69 % des patients diagnostiqués en 2016 dans le cadre du réseau RésIST.

Évolution du nombre de gonococcies selon l’orientation sexuelle, réseau des cliniciens RésIST, France, 2004-2016
Évolution du nombre de gonococcies selon l’orientation sexuelle, réseau des cliniciens RésIST, France, 2004-2016

Un haut niveau de co-infections

Environ 13% des patients diagnostiqués pour une gonococcie en 2016 étaient co-infectés par le VIH, la plupart d’entre eux étant des séropositifs connus. Ces co-infections sont plus importantes chez les HSH (19 %).

Le niveau de co-infection VIH / gonococcie reste élevé chez les HSH reflétant une utilisation insuffisante du préservatif chez les HSH séropositifs.

Les gonococcies touchent particulièrement les populations jeunes

Les classes d’âges les plus touchées par les gonococcies sont les 20-39 ans chez les HSH, 72% des cas. Quant aux femmes (59%) et aux hommes hétérosexuels (64%), c’est la classe des 20-29 ans qui est davantage concernée.

Distribution des cas de gonococcie par classe d’âge selon l’orientation sexuelle, réseau RésIST, France, 2016
Distribution des cas de gonococcie par classe d’âge selon l’orientation sexuelle, réseau RésIST, France, 2016

L’évolution des diagnostics

Les principaux sites de prélèvement ayant conduit au diagnostic de gonococcie sont urinaires (72%) pour les hommes et cervico-vaginaux pour les femmes (85%).

Évolution de la distribution des sites de prélèvement selon le sexe des cas de gonococcie, réseau Rénago, France, 2004-2016
Évolution de la distribution des sites de prélèvement selon le sexe des cas de gonococcie, réseau Rénago, France, 2004-2016
Évolution de la distribution des cas de gonococcies selon la technique utilisée chez les hommes, réseau Rénago, France, 2008-2016
Évolution de la distribution des cas de gonococcies selon la technique utilisée chez les hommes, réseau Rénago, France, 2008-2016
Évolution de la distribution des cas de gonococcies selon la technique utilisée chez les femmes, réseau Rénago, France, 2008-2016
Évolution de la distribution des cas de gonococcies selon la technique utilisée chez les femmes, réseau Rénago, France, 2008-2016

Stabilité des résistances aux antibiotiques

La proportion de souches résistantes au céfixime est stable entre 2014 et 2016.