Toxi-infection alimentaire collective à Toxoplasma gondii liée à la consommation d'agneau, Aveyron, novembre 2010

Publié le 1 Août 2011
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction - Le 15 novembre 2010, 3 cas de toxoplasmose confirmés étaient signalés à l'Agence régionale de santé Midi-Pyrénées. Ils étaient issus de la même famille et avaient pris un seul repas commun le 3 octobre 2010, faisant suspecter une toxi-infection alimentaire collective (Tiac). Les cas groupés de toxoplasmose étant rares, des investigations ont été menées afin de documenter l'épisode. Méthodes - Une description des cas initiaux et une recherche active ont été menées dans une zone d'étude de 20 km autour de la boucherie aveyronnaise où a été acheté l'aliment suspecté, à partir d'une définition de cas de toxoplasmose évolutive survenue du 1er octobre 2010 au 14 décembre 2010. Les données épidémiologiques ont été recueillies et associées au suivi clinique et sérologique. Un prélèvement de l'aliment suspecté a permis le génotypage de l'isolat à l'origine probable de l'infection. Une enquête de traçabilité a été effectuée sur la provenance et la distribution de l'aliment potentiellement source de la contamination. Résultats - Aucun cas supplémentaire n'a été retrouvé dans la zone d'étude. Cinq des sept personnes exposées au repas présentaient une toxoplasmose évolutive récente (taux d'attaque : 71 % ; sex-ratio : 0,67 ; âge moyen : 21 ans). Aucun ne présentait de signe grave et aucune complication n'est apparue. La recherche du parasite dans les restes du gigot d'agneau consommé peu cuit a révélé la présence en quantité importante d'ADN de toxoplasmes de génotype II. L'enquête de traçabilité n'a pas permis d'identifier l'élevage d'origine de l'agneau consommé. Conclusion - Nos investigations ont permis de décrire une Tiac à toxoplasmes de taille limitée et de déterminer l'origine de la contamination. Il est cependant possible que d'autres cas aient échappé à la recherche, l'infection étant le plus souvent asymptomatique. Les toxi-infections alimentaires à toxoplasmes sont peu documentées et l'information sur la possibilité de contamination par viande de mouton mal cuite devrait être plus largement diffusée. (R.A.)

Auteur : Ginsbourger M, Guinard A, Villena I
Année de publication : 2011
Pages : 13 p.