Conséquences sanitaires de l'explosion survenue à l'usine "AZF" de Toulouse le 21 septembre 2001. Conséquences des expositions environnementales

Publié le 1 Août 2003
Mis à jour le 10 septembre 2019

L'explosion qui s'est produite à Toulouse le 21 septembre 2001 sur le site " AZF " est l'un des accidents industriels les plus importants de ces dernières décennies de par la puissance du souffle et ses conséquences humaines et matérielles sur l'agglomération. Dans les premiers jours qui ont suivi, un dispositif de suivi épidémiologique des conséquences sanitaires de l'explosion a été mis en place par l'Institut de veille sanitaire en collaboration avec la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales de Midi-Pyrénées. Ce suivi épidémiologique a pour objectifs : - d'apporter des éléments d'information permettant d'adapter les prises en charge de la population touchée par cette catastrophe et de formuler des recommandations pour la prise en charge de populations qui seraient soumises à des événements comparables dans le futur. - d'évaluer les conséquences sanitaires à moyen et à long terme (au delà du bilan initial comptabilisant les décès et les blessés des premiers jours), afin de mesurer l'ampleur des séquelles que peut laisser un tel événement sur la santé des populations. La caractérisation des risques sanitaires liés aux rejets de substances polluantes émises lors de l'accident et au décours de celui-ci était l'un des trois axes de travail du dispositif. En effet, l'explosion a libéré un nuage de pollution atmosphérique essentiellement constitué de composés azotés qui a survolé le sud-ouest de l'agglomération. Par ailleurs, l'accident a été la source de rejets de dérivés nitrés dans le bras de la Garonne qui borde l'installation. Enfin, le souffle a projeté sur les quartiers proches des particules et fragments de sol issus de ce site industriel ancien. L'analyse des risques sanitaires liés à ces rejets a donc tenu compte de pollutions de nature diverse, dans différents milieux simultanément, sur des durées d'exposition plus ou moins longues en fonction des milieux contaminés. Les effets ont été considérés sur des échelles de temps différentes (effets immédiats et à long terme), pour des groupes divers de population (intervenant sur le site, population générale, enfants), et sur plusieurs zones géographiques (à proximité et à distance du site). Afin de fournir les résultats les plus exhaustifs possibles et de réduire les incertitudes, le volet " santé-environnement " du dispositif de suivi épidémiologique a utilisé de façon concomitante deux approches méthodologiques : la démarche d'évaluation des risques sanitaires à partir de données environnementales, populationnelles et bibliographiques d'une part, et la surveillance spécifique de pathologies ciblées à des fins d'alerte par les systèmes d'information sanitaires locaux d'autre part. Dans le contexte accidentel majeur du 21 septembre, cette double approche a permis de caractériser les risques liés aux expositions à des polluants émis lors de l'explosion et dans les semaines qui ont suivi. Ce rapport présente dans le détail les méthodes utilisées dans ces deux approches complémentaires, les résultats obtenus par chacune d'elle et leur interprétation en terme de risque sanitaire. De manière synthétique, l'analyse ne laisse pas entrevoir d'impact majeur des expositions aux polluants émis du fait de l'accident. Les expositions estimées dans les différents groupes de population touchée et les données sanitaires obtenues auprès des systèmes d'alerte n'ont pas conduit à recommander de surveillance spécifique ni de mesures conservatoires autres que celles qui avaient été prises dans les suites immédiates de la catastrophe. Ce travail a permis par ailleurs de montrer l'intérêt de l'intervention épidémiologique dans un contexte d'urgence et la nécessité d'organiser " à froid " la disponibilité des informations essentielles pour répondre aux questions de santé publique posées lors de telles catastrophes. (R.A.)

Auteur : Cassadou S, Ricoux C, Gourier Frery C, Schwoebel V, Guinard A
Année de publication : 2003
Pages : 112 p.