Point épidémiologique COVID-19 du 23 décembre 2021 : à l’approche des fêtes de fin d’année, l’adhésion rigoureuse à l’ensemble des mesures barrières par toute la population est plus que jamais nécessaire

Publié chaque semaine, le point épidémiologique relatif à la surveillance de la COVID-19 présente une analyse détaillée des indicateurs mis en place par Santé publique France et son réseau de partenaires pour suivre l’évolution de l’épidémie et orienter les décisions publiques.

Publié le 24 décembre 2021

En semaine 50 (du 13 au 19 décembre 2021), l’incidence de la COVID-19 sur le territoire s’est maintenue à un niveau très élevé. Même si son augmentation est moins importante que les semaines précédentes au niveau national, de fortes hausses de l’incidence ont été observées dans plusieurs régions. Par ailleurs, les taux d’incidence continuaient à augmenter chez les adultes jeunes et restaient à un niveau élevé chez les enfants. Enfin, la forte accélération de la circulation du variant Omicron, dont la plus grande transmissibilité est maintenant démontrée, invite à la plus grande vigilance, notamment dans le contexte des rassemblements festifs de fin d’année. Entre le 20 et le 22 décembre, 30% des tests de criblage montrait un profil compatible avec la présence du variant Omicron et au 23 décembre 1 440 cas étaient confirmés Omicron par séquençage dans toutes les régions métropolitaines, à La Réunion, en Guadeloupe à Saint-Martin et en Guyane. Les nouvelles hospitalisations et admissions en soins critiques semblaient se stabiliser à un niveau élevé, mais restaient à ce jour inférieures à celles des trois premières vagues. Au 21 décembre, 76,8% de la population totale avait reçu une primo-vaccination complète. Parmi les personnes de 18 ans et plus, 39,0% avaient reçu une dose de rappel (et 68,1% parmi les 65 ans et plus). À l’approche des fêtes, l’adhésion rigoureuse à l’ensemble des mesures barrières, dont la réduction des contacts et l’aération fréquente des lieux clos, est plus que jamais nécessaire. Dans la perspective d’une épidémie dominée à très court terme par le variant Omicron, la vaccination dont le rappel, combinée aux mesures barrière et aux mesures de contact tracing restent indispensables pour freiner au mieux la progression des contaminations et préserver le système de soins.

Plus 50 000 nouveaux cas en moyenne par jour

Au niveau national, le taux d’incidence augmentait de 8%, passant à 550 cas pour 100 000 habitants en semaine 50. En moyenne, plus de 50 000 cas étaient diagnostiqués chaque jour. Le taux de reproduction effectif était toujours significativement supérieur à 1, indiquant une poursuite de l’augmentation de la circulation virale. Le taux d’incidence se stabilisait chez les 60 ans et plus, tandis qu’il continuait à augmenter à un niveau élevé chez les plus jeunes, notamment les 20-29 ans (+42%) et les 30-39 ans (+14%), atteignant 836 dans cette classe d’âge. Chez les enfants, le taux d’incidence diminuait chez les 0-9 ans ( -9%), de même que le taux de dépistage (-14%). Sur l’ensemble de la population, le taux de dépistage progressait toujours (+6%). Le taux de positivité des tests restait élevé à 6,8% (+0,2 point).

En France métropolitaine, le taux d’incidence était le plus élevé et toujours en hausse en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+17%), suivie d’Auvergne-Rhône-Alpes (+7%) et de l’Île-de-France (+33%) où il augmentait de +51% à Paris. En Outre-mer, l’incidence était toujours en hausse à La Réunion et s’est stabilisée en Martinique.

Les hospitalisations, notamment en soins critiques, se maintiennent à des niveaux élevés

Au 21 décembre, 16 142 patients COVID-19 étaient hospitalisés, dont 3 109 en soins critiques. Plus de 1 000 décès ont été rapportés (+8%) dont 969 à l’hôpital et 34 en ESMS en semaine 50 (données non consolidées). De plus, on enregistrait un excès de mortalité toutes causes entre S47 et S49, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

En France métropolitaine, les taux de nouvelles hospitalisations et d’admissions en soins critiques se stabilisaient dans la majorité des régions et des classes d’âge, sauf en Corse et en Auvergne-Rhône-Alpes. En Outre-mer, les taux d’incidence et de nouvelles hospitalisations étaient toujours en hausse à La Réunion, tandis que ces indicateurs se stabilisaient en Martinique.

Progression du variant Omicron en France

La stratégie de criblage déployée en France vise à suivre des mutations pouvant avoir un impact sur les caractéristiques du virus. Depuis juin 2021 sont ciblées les mutations E484K, E484Q et L452R (cf Analyse de risque du 02/06/21)(codage ABC). Mais depuis l’émergence du variant Omicron, qui ne porte aucune de ces mutations, un suivi renforcé des résultats de criblage a été instauré pour repérer les prélèvements permettant de suspecter sa présence (profil codé A0B0C0). Cependant, ce suivi n’est pas parfaitement spécifique à Omicron car d’autres variants ont ce même profil en criblage (par exemple B.1.640). C’est pourquoi un nouveau code (D) a été récemment ajouté afin de collecter les résultats de criblages complémentaires ciblant plusieurs mutations spécifiques à Omicron.

En semaine 50, la mutation L452R (portée principalement par le variant Delta) était détectée dans 89,5% des prélèvements positifs criblés (vs 97,2% en S49). Dans le même temps, la proportion de prélèvements A0B0C0 a augmenté de manière importante (10,6% vs 2,8% en S49), avec des disparités régionales. En semaine 50, 980 résultats indiquaient la présence d’une des mutations cibles d’Omicron (D1), soit 9% des résultats interprétables (vs 1% en S49). Sur le début de la semaine 51 (du 20 au 22/12 inclus), la proportion de D1 était de 32% (1 568 D1 sur 4 904 résultats interprétables). Cependant, la recherche des mutations inclues dans D n’est pas encore généralisée et ces résultats doivent donc être interprétés avec précaution. L'ensemble des indicateurs suggère néanmoins une forte accélération de la diffusion d'Omicron. Quant aux données de séquençage, elles indiquent une circulation toujours majoritaire du variant Delta, identifié dans 99% des séquences interprétables en France lors de l’enquête Flash S48 et 97% pour l’enquête Flash S49. Cependant, une tendance à la baisse de la proportion de Delta est confirmée par ces mêmes données.

Près de 87% des 65 ans et plus éligibles ont reçu leur dose de rappel

Le 21 décembre 2021, l’estimation de la couverture vaccinale en population générale à partir de Vaccin Covid était de 76,8% pour une primo-vaccination complète et de 30,7% pour la dose de rappel. Parmi les 18 ans et plus, 39,0% avaient reçu une dose de rappel et 79,4% de ceux qui étaient éligibles au rappel à cette date l’avaient effectivement reçu. Parmi les 65 ans et plus, 68,1% avaient reçu une dose de rappel et 86,9% de ceux qui étaient éligibles au rappel à cette date l’avaient effectivement reçu.

Au 21 décembre, 92,9% des résidents en Ehpad ou USLD avaient reçu une primo-vaccination complète et 65,5% avaient reçu un rappel. Par ailleurs, le pourcentage des résidents en Ehpad ou USLD éligibles au rappel le 21 décembre 2021 et l’ayant effectivement reçu est de 73,9% (vs 72,4% le 14 décembre 2021). La couverture vaccinale de la dose de rappel était de 39,8% (vs 28,4% le 14 décembre) pour les professionnels exerçant en Ehpad ou USLD, de 65,2% (vs 57,0%) pour les professionnels libéraux et de 41,0% pour les professionnels salariés en établissements de santé (vs 31,6%). Par ailleurs, 71,7% de professionnels exerçant en Ehpad ou USLD éligibles à la dose de rappel avaient effectivement reçu cette dose (vs 54,6% le 14 décembre 2021). Ce pourcentage est de 84,5% (vs 76,3%) pour les professionnels de santé libéraux et de 76,4% pour les professionnels salariés (vs 64,4%).

La santé mentale des français reste dégradée

Lors de la vague 30 de l’enquête CoviPrev (30 novembre-07 décembre), les indicateurs de santé mentale (états dépressifs et anxieux, problèmes de sommeil et pensées suicidaires) restaient stables par rapport aux dernières vagues de l’enquête, mais à un niveau élevé et préoccupant. Près d’un tiers des personnes interrogées présentent un état anxieux ou dépressif.

La crise sanitaire a affecté de façon durable et importante la santé mentale de la population. En présence de signes de dépression (tristesse, perte d’intérêt, d’énergie) ou d’anxiété (tension, irritabilité), il est important de s’informer et d’en parler afin d’être conseillé sur les aides et les solutions disponibles. Il ne faut pas hésiter à prendre conseil auprès de son médecin, à appeler le 0 800 130 00 pour demander à être orienté vers une écoute ou un soutien psychologique, ou à s’informer sur le site du Psycom.org.

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COVID-19 : point épidémiologique du 23 décembre 2021

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