D’après les données du Global Burden of disease, les chutes sont la première cause de contribution au fardeau en termes d’années de vie perdues ou vécues avec une incapacité (DALYs), tous âges confondus, cette contribution ayant augmenté de 50% entre 1990 et 2023.
Elles ont des répercussions majeures sur la qualité de vie, l’autonomie et sur le système de santé, tant en termes de coûts (près de 2 milliards d’euros par an estimé par la Cour des Comptes, dont une partie est évitable par la prévention) que de charge pour les proches aidants
D’après les résultats du dernier baromètre santé, en France, en 2024, près d’une personne sur 5 déclarait avoir chuté au cours des 12 derniers mois, entraînant un recours aux soins dans 40% des cas chez les personnes de 65 à 79 ans.
Hospitalisations pour chutes
En 2024, 174 824 hospitalisations en lien avec une chute ont été dénombrées chez les personnes âgées ≥65 ans, soit un taux standardisé de 1 198 hospitalisations pour 100 000 habitants ≥65 ans, en augmentation de 20,5 % par rapport à 2019.

Décès en lien avec une chutes
En 2024, 20 148 personnes âgées de 65 ans et plus sont décédées en lien avec une chute, soit un taux de mortalité standardisé de 138 pour 100 000 habitants ≥65 ans, en augmentation de 18 % par rapport à 2019.

Des disparités selon le sexe, l’âge, la saison et la région
Les taux standardisés d’hospitalisation et de mortalité en lien avec une chute :
- diffèrent selon le sexe : si les hospitalisations sont, à structure d’âge identique, proportionnellement plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes, la mortalité en lien avec une chute est en revanche proportionnellement plus élevée chez les hommes que chez les femmes ;
- augmentent avec l’âge : en 2024, le taux d’hospitalisation en lien avec une chute est 8,6 fois plus élevé chez les ≥85 ans que chez les 65-74 ans, le taux de mortalité en lien avec une chute est 29 fois plus élevé ;
- sont plus élevés pendant l’hiver par rapport à l’été, possiblement en lien avec les conditions climatiques et les épidémies hivernales ;
- sont plus élevés dans les régions Grand Est, Normandie, Bretagne et Auvergne-Rhône-Alpes.
Une tendance à la hausse, plus importante que l’augmentation mécaniquement attendue du fait du vieillissement de la population
L’augmentation des taux de mortalité entre 2020 et 2024 a été plus importante que ce qui était attendu d’après les projections de la tendance 2015-2019, particulièrement pour les âges les plus avancés.
Alors même que la mortalité toutes causes est plus faible en 2024 qu’en 2019, celle en lien avec une chute a été en constante augmentation sur l’ensemble de la période, la part des chutes dans la mortalité toutes causes ayant augmenté.

