Mortalité et causes de décès dans la maladie de Parkinson : analyse des certificats de décès en France, 2000-2014

Publié le 10 Avril 2018
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction : l'objectif de l'étude était de décrire la mortalité associée à la maladie de Parkinson (MP) en France. Méthodes : l'analyse porte sur les décès survenus en France en 2014, extraits de la base nationale du CépiDc-Inserm. Ont été sélectionnés les décès dont le certificat contenait, en cause initiale ou associée, un code de MP de la Classification internationale des maladies (CIM-10), soit G20 (MP) ou F023 (démence liée à la MP). L'évolution des taux de mortalité a été étudiée sur la période 2000-2014. Résultats : parmi les 527 423 décès rapportés en 2014 chez les sujets âgés de 50 ans et plus, 1,8% mentionnaient une MP. Comparées aux personnes décédées sans mention de MP, les personnes décédées avec une MP étaient en moyenne plus âgées au moment du décès (84,2 vs 80,5 ans). Après ajustement sur l'âge, les personnes décédées avec une MP étaient significativement moins souvent des femmes (OR=0,62 [0,60-0,65]), plus souvent mariées (OR=1,37 [1,27-1,47]) et deux fois plus à risque de décéder en maison de retraite (OR=1,91 [1,80-2,03]. Le taux de mortalité standardisé sur l'âge était de 38,7/100 000 personnes-années (61,1 chez les hommes et 26,4 chez les femmes) en 2014. Entre 2000 et 2014, il a globalement baissé (-13,8%). Comparée aux personnes décédées sans mention de MP, la distribution des causes initiales de décès dans les cas où la MP n'est mentionnée qu'en cause associée, montre, après ajustement sur l'âge et le sexe, que les malades parkinsoniens sont décédés plus souvent de maladie d'Alzheimer (ORa=2,66, IC95%: [2,39-2,97]), de démence vasculaire (ORa=1,87 [1,36-2,57]), d'une autre maladie du système nerveux (ORa=2,78 [2,37-3,26]), de cardiopathie ischémique (ORa=1,27 [1,13-1,42]), de maladie cérébrovasculaire (ORa=1,73 [1,56-1,91]) ou de chute (ORa=3,29 [2,81-3,84]). À l'inverse, le risque de décéder d'une tumeur invasive ou d'une insuffisance cardiaque est diminué (respectivement ORa=0,50 [0,46-0,55] et 0,61 [0,50-0,75]). Conclusion : ce travail a permis de dénombrer et de caractériser les personnes décédées avec une MP en France en 2014, et de documenter les causes de leur décès. Néanmoins, en raison de la sous-déclaration de la MP dans les certificats de décès, qui a elle-même pu évoluer avec le temps, la prudence est de mise dans l'interprétation de ces résultats, en particulier de la baisse du taux de mortalité entre 2000 et 2014.

Auteur : Ha Catherine, Quintin Cécile, Elbaz Alexis, Carcaillon-Bentata Laure
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2018, n°. 8-9, p. 141-150