Évaluation de la surveillance du syndrome hémolytique et urémique typique ou post-diarrhéique en France, 1996-2003

Publié le 1 Août 2006
Mis à jour le 10 septembre 2019

En France, la surveillance des infections à E.coli producteurs de shigatoxines (STEC) est basée sur la surveillance du syndrome hémolytique et urémique (SHU) typique chez l'enfant âgé de moins de 15 ans. Ce réseau de 31 néphrologues pédiatres volontaires a été mis en place en 1996 en collaboration avec la Société française de néphrologie pédiatrie et est coordonné par l'Institut de veille sanitaire (InVS). Cette surveillance permet de suivre l'évolution de l'incidence du SHU typique, de décrire les caractéristiques cliniques des patients, de déterminer la proportion d'infections à STEC, et de détecter des foyers de cas groupés de SHU et d'infections à STEC. Après huit années de fonctionnement, une évaluation a été envisagée pour juger de la pertinence de ce réseau et pour apporter, si besoin, les modifications nécessaires. La simplicité, l'acceptabilité, la qualité des données et la réactivité du réseau de surveillance ont été déterminées par une enquête auprès des néphrologues pédiatres du réseau, et par l'analyse des 623 fiches de surveillance reçues à l'InVS. L'exhaustivité et la représentativité du réseau ont été estimées par deux enquêtes, une réalisée auprès des néphrologues pédiatres du réseau, l'autre réalisée auprès des 260 services hospitaliers susceptibles de prendre en charge des cas de SHU pédiatriques. Pour compléter cette évaluation et envisager la faisabilité d'une extension à la surveillance des infections à STEC, une enquête auprès de 980 laboratoires hospitaliers et privés a permis de recenser les pratiques diagnostiques des infections à STEC. L'évaluation du réseau de surveillance a montré que 0,5 % des notifications ne correspondaient pas à la définition de cas et que le délai moyen entre le diagnostic et la notification a diminué de 42 jours pour 1996-1999, à 10 jours pour 2000-2003. L'exhaustivité du réseau a été estimée à 66 % [IC95 % : 58-70 %]. Entre 1996 et 2003, 15 foyers de cas groupés de SHU et d'infections à STEC ont été détectés et la plupart d'entre eux ont été rapidement investigués. Les synthèses annuelles des données de surveillance sont lues et utilisées, respectivement, par 81 % et 74 % des néphrologues participant à la surveillance. La surveillance du SHU typique chez l'enfant âgé de moins de 15 ans est donc un système simple et utile pour suivre l'évolution des infections à STEC en France. Des adaptations sont cependant à envisager : l'inclusion, dans le réseau actuel, d'autres services hospitaliers de pédiatrie permettrait d'améliorer l'exhaustivité et la représentativité de la surveillance ; une notification précoce des cas à l'InVS, quant à elle, permettrait une meilleure détection de foyers de cas groupés et la mise en oeuvre rapide d'une investigation. Les résultats de l'enquête auprès des laboratoires hospitaliers et privés et l'état actuel des pratiques de recherche des E. coli entérohémorragiques et des STEC ne permettent pas d'envisager l'extension d'une surveillance du SHU typique à celle des infections à STEC. Cette enquête a cependant permis d'identifier des actions précises afin d'améliorer le diagnostic des infections à STEC, et plus particulièrement celui du SHU typique. (R.A.)

Auteur : de Valk H, Espie E, Nguyen T, Vaillant V, Grimont F, Mariani Kurkdjian P, Cloarec S, Novo R
Année de publication : 2006
Pages : 29 p.