Surveillance syndromique dans le cadre de la pandémie grippale A(H1N1)2009 : intérêts et limites.

Publié le 29 Juin 2010
Mis à jour le 10 septembre 2019

Introduction - La surveillance sanitaire de la grippe constitue un enjeu majeur de santé publique car son impact sur la population peut être important. En France, cette surveillance est fondée sur le Réseau Sentinelles, le Grog et les Centres nationaux de référence dédiés à la grippe. Par ailleurs, l'Institut de veille sanitaire (InVS) déploie depuis 2004 un réseau de surveillance syndromique fondé sur les services d'urgences, SOS Médecins et les données de décès, avec l'objectif d'une surveillance sanitaire permanente, sensible et non spécifique. Cet article décrit les limites et intérêts d'un tel système pendant la surveillance de l'épidémie de grippe A(H1N1)2009. Méthode - Les données individuelles sont enregistrées à partir des 250 services d'urgences, 55 associations SOS Médecins et 1 000 bureaux d'état-civil informatisés composant le système de surveillance syndromique Sursaud® entre 2008 et 2010. Une description de la dynamique de l'épidémie et une analyse par classes d'âge ont été réalisées pour les deux premières sources. La surveillance de la mortalité s'est effectuée à partir du nombre hebdomadaire de décès pour 100 000 habitants. Résultats - L'analyse des données de grippe à partir du système Sursaud® a permis de suivre parfaitement l'évolution de l'épidémie. Son impact sur la population est visible entre les semaines 35 de 2009 et 01 de 2010 à partir de l'activité des urgences ou de SOS Médecins, avec des classes d'âge jeunes plus souvent touchées ; l'impact sur la mortalité reste très limité. Discussion - La description de l'épidémie de grippe à partir des données de surveillance syndromique est conforme à celle obtenue par les autres réseaux de surveillance. L'évolution par classes d'âge est également conforme à ce qui a été observé au niveau international. La surveillance syndromique s'avère être d'un apport nouveau dans la surveillance de la grippe, grâce à la production de résultats sur l'âge des patients et leur positionnement géographique, ainsi qu'à la réactivité de cette méthode. (R.A.)

Auteur : Josseran L, Caillere N, Goncalves N, Ringard D, Leroy C, Fournet N, Fouillet A, Delmas MC, Ilef D
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2010, n°. 24-25-26, p. 274-7