Hospitalisations pour valvulopathie en France : caractéristiques des patients et évolution 2006-2016

Publié le 11 février 2020
Mis à jour le 11 février 2020

Introduction - Les valvulopathies sont des pathologies cardiaques fréquentes qui peuvent longtemps se traduire par très peu, voire une absence de symptômes, mais qui peuvent également engendrer de graves complications cardiovasculaires. L'objectif de cette étude était d'estimer l'incidence annuelle des patients hospitalisés pour valvulopathie en France et d'en décrire les évolutions entre 2006 et 2016. Méthodes - L'ensemble des patients hospitalisés pour valvulopathie en France entre 2006 et 2016 a été identifié à partir du Système national des données de santé (SNDS). Les caractéristiques sociodémographiques et médicales des patients ont été décrites pour l'année 2016. Les taux d'incidence annuelle standardisés et leurs évolutions entre 2006 et 2016 ont été étudiés. Toutes les analyses ont été réalisées sur l'ensemble des patients, puis stratifiées selon l'étiologie et le type de valvulopathies. Résultats - En 2016, 38 875 patients ont été hospitalisés pour une valvulopathie. Parmi eux, 89% ont été hospitalisés pour une valvulopathie non rhumatismale (VNR) (52,1/100 000 personnes-années (PA)) avec un âge moyen de 74 ans ; 5% pour une valvulopathie rhumatismale (VR) (3,1/100 000 PA) avec un âge moyen de 67 ans ; 3% pour une valvulopathie congénitale (1,1/100 000 PA) avec un âge moyen de 29 ans et 3% avec une origine non spécifiée. L'incidence annuelle des patients hospitalisés pour VNR a augmenté de 43% entre 2006 et 2016, en particulier chez les patients âgés. Elle a diminué de 42% pour les VR. Des disparités départementales ont été observées pour ces pathologies, avec une incidence d'hospitalisations pour VR élevée en Île-de-France, dans les DOM-TOM et dans le Sud-Est. Conclusion - L'amélioration de la prise en charge de l'angine à streptocoque A, l'augmentation de l'espérance de vie et l'élargissement des indications de prise en charge percutanée du rétrécissement aortique et de l'insuffisance mitrale ont modifié la répartition des types de valvulopathies hospitalisées depuis 2006.

Auteur : Grave Clémence, Tribouilloy Christophe, Juillière Yves, Tuppin Philippe, Weill Alain, Gabet Amélie, Olié Valérie
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2020, n°. 4, p. 70-79