Hypertension artérielle : données
Le dispositif de surveillance l’hypertension artérielle mis en place par Santé publique France permet d’étudier les tendances épidémiologiques de l’hypertension artérielle.
Les 16 chiffres clés de l’hypertension artérielle en France
- 1 adulte sur 3 est hypertendu.
- 1 hypertendu sur 2 ne sait pas qu’il est hypertendu.
- 17 millions de personnes de plus de 18 ans sont atteintes d’HTA en France.
- 22 % des hypertendus non traités sont de grade 2 ou 3.
- Prise en charge : 10 consultations par an chez le généraliste pour les hypertendus.
- 1 hypertendu sur 2 est traité pharmacologiquement.
- 1,6 million de Français initient un traitement anti-HTA chaque année.
- 60 % des hypertendus traités pharmacologiquement avaient une monothérapie.
- 93 % des patients émettaient des réserves lors de la prescription d’un traitement antihypertenseur.
- 57 % des patients hypertendus déclarent ne pas avoir reçu de conseils hygiéno-diététiques dans l’année.
- 1 hypertendu sur 4 a une pression artérielle contrôlée.
- Pression artérielle moyenne : 126/77 mm Hg (moyenne de la population française).
- 84 % de la population a eu une mesure de la pression artérielle dans l’année.
- 11 % des hypertendus sont suivis par un cardiologue.
- 40 % des hypertendus traités sont observants.
- 59 % des hypertendus traités possèdent un appareil d’automesure tensionnelle.
Une prévalence plus élevée chez les hommes quel que soit l’âge
En 2015, l’enquête Esteban a permis d’estimer les prévalences de l’HTA en France.
Ainsi, la prévalence de l’HTA, définie comme une valeur de la PAS ≥140 mmHg et/ou de la PAD ≥90 mmHg ou le remboursement d’au moins un traitement à action antihypertensive, était de 30,6% (36,5% chez les hommes et 25,1% chez les femmes, p=0,0001). Elle augmentait significativement avec l’âge, passant de 6,3% chez les 18-34 ans à 67,8% chez les 65-74 ans. Les hommes avaient une prévalence de l’HTA plus élevée que les femmes dans toutes les classes d’âge.
De plus, parmi les personnes hypertendues, seule 1 sur 2 avait connaissance de son HTA (55%). Cette proportion était plus importante chez les femmes (62,9%) que chez les hommes (50,1%).

Une prévalence de l’hypertension artérielle stable depuis 2006 mais une proportion de personnes traitées en diminution
Si la prévalence de l’HTA n’a pas évolué depuis l’enquête ENNS (30,6% vs 31%), la proportion de personnes avec une HTA connue traitée a diminué de manière significative entre les deux études (72,6% vs 82,0%, enquête ENNS). Cette diminution était complétement imputable aux femmes, chez lesquelles la proportion de personnes hypertendues connues traitées est passée de 86,6% dans l’enquête ENNS à 70,7% dans l’enquête Esteban. De la même manière, la proportion de femmes avec une HTA traitée (indépendamment de la connaissance de la pathologie) a diminué de manière significative entre 2006 et 2015, notamment chez les plus âgées (65-74 ans) (53,2% vs 72,3% dans l’enquête ENNS). Chez les hommes, la proportion de personnes avec une HTA traitée n’a pas évolué de manière significative entre les deux enquêtes (45,9% vs 45,4% dans l’enquête ENNS).

Prévalence de l’HTA déclarée : de fortes disparités territoriales et sociales
Les résultats du Baromètre de Santé publique France 2024 mené en France hexagonale et DROM hors Mayotte montrent qu’entre 18 et 79 ans, un adulte sur cinq déclare avoir une hypertension artérielle. Cette proportion augmente progressivement avec l’âge, allant de 4,3 % chez les 18-29 ans à plus de la moitié des adultes de 70-79 ans. La proportion d’HTA déclarée est marquée par un fort gradient socio-économique. Elle est deux fois plus élevée chez les adultes sans diplômes que chez ceux ayant un diplôme supérieur.
Des disparités selon la catégorie socioprofessionnelle sont observées uniquement chez les femmes, chez qui 16 % des cadres et professions intellectuelles supérieures déclarent une hypertension artérielle contre 29 % des ouvrières. En France hexagonale, les régions Hauts-de-France et Grand Est ont une prévalence d’hypertension déclarée supérieure à la moyenne nationale. Cette prévalence est également plus élevée dans les DROM, notamment à la Martinique et en Guadeloupe où elle atteint 30% des adultes.

Parmi les adultes déclarant avoir une hypertension artérielle, un sur quatre déclare n’avoir pas eu de traitement antihypertenseur dans les 12 derniers mois.
Des conséquences importantes
L’hypertension artérielle (HTA) reste très fréquente en France, avec des taux de connaissance, de traitement et de contrôle encore insuffisants. Cette situation épidémiologique entraîne de nombreuses complications cardio-cérébro-vasculaires et rénales et souligne le fardeau important de l’HTA en France.
Ainsi, il a été estimé en 2021 que 36 % des hospitalisations pour maladies cardio-neuro-vasculaires ou rénales étaient attribuables à l’HTA, soit près de 400 000 hospitalisations complètes et 6,2 millions de journées d’hospitalisation (hospitalisations complètes ou de jour et séance de dialyse inclues). Le fardeau était particulièrement élevé chez les hommes et les personnes âgées de 55 à 74 ans.
L’HTA est également responsable de complications chroniques :
- 1,15 million de personnes vivaient avec une cardiopathie ischémique attribuable à l’HTA (2,9% de la population de plus de 35 ans)
- 1,26 million avec une maladie rénale chronique attribuable à l’HTA (3,2% des plus de 35 ans)
- 358 000 avec une insuffisance cardiaque attribuable à l’HTA (0,9% des plus de 35 ans)
Enfin, en 2021, l’HTA a été responsable de plus de 55 000 décès, soit 8,5 % des décès en France, et près de 500 000 années de vie perdues.


Figures issue du BEH Grave C, Bonaldi C, Carcaillon-Bentata L, Gabet A, Halimi JM, Tzourio C, et al. Le fardeau de l’hypertension artérielle en France en 2021. Bull Epidemiol Hebd. 2025;(12):196-206.
Les désordres hypertensifs de la grossesse
Les désordres hypertensifs de la grossesse, notamment la pré-éclampsie et l’éclampsie restent l’une des principales causes de morbi-mortalité maternelle mais aussi fœtale.
L’étude Conception, réalisée à partir des données du système national des données de santé (SNDS), a permis d’apporter de nouvelles données françaises sur l’épidémiologie de ces désordres et le fardeau qu’ils constituent. Sur les 6 millions de grossesses étudiées entre 2010 et 2018, 7% étaient concernées par un désordre hypertensif soit environ, 62 000 grossesses par an.
L’hypertension (HTA) chronique préexistante, l’HTA gravidique et la pré-éclampsie touchaient respectivement 1,7%, 4,2% et 2% des grossesses avec une prévalence qui augmentait de manière importante avec l’âge maternel. Concernant les prééclampsies, qui constituent le désordre hypertensif le plus redouté, près de 20% des cas survenaient de manière précoce, c’est-à-dire avant 34 semaines d’aménorrhée et 40% des prééclampsies étaient sévères.
Les femmes ayant développé un désordre hypertensif de la grossesse sont plus à risque de développer une hypertension artérielle chronique, un diabète, ou des maladies cardio-neuro-vasculaires ou rénales dès les premières années suivant la grossesse, et tout au long de leur vie. Ce risque est encore augmenté lorsque la pré-éclampsie était précoce ou sévère.



