La rougeole et son virus

Publié le 13 Septembre 2011
Mis à jour le 5 juillet 2019

Après la diminution spectaculaire de la rougeole grâce à la vaccination, celle-ci est réapparue en 2008, où 604 cas ont été déclarés à l'Institut national de veille sanitaire (InVS), puis 1 544 cas en 2009 et 2 605 jusqu'en juin 2010. Parallèlement, 86 souches virales ont été identifiées au Centre national de référence de la rougeole et des Paramyxoviridae respiratoires (CNR) à partir de prélèvements salivaires en 2008, 316 en 2009 et 946 jusqu'en aoÛt 2010. La réalité de l'épidémie est étayée par l'accroissement des cas endémiques : 0,9 cas pour 100 000 habitants en 2008 et quatre en 2010, la diffusion à toutes les régions françaises, et l'atteinte plus spécifique des petits nourrissons : 4 % en 2008 et 9 % en 2010, et des sujets âgés de 20 ans ou plus : 17 % en 2008 et 38 % en 2010. La majorité des cas (82 %) survient évidemment chez des sujets non vaccinés contre la rougeole. Le nombre de cas hospitalisés a augmenté passant de 18 % en 2008 à 34 % en 2010. Le virus de l'épidémie est un génotype D4. Il apparaît en 2008, puis s'étend en 2009 et 2010, représentant 19, 75 et 99 % des virus caractérisés. Tous les virus de ce génotype sont proches de la souche Montréal.CAN/89xD4 décrite en 1989. Au début de l'épidémie en France, dans la région de Reims, quelques souches étaient proches du variant identifié en Angleterre en 2007 : MVs/Enfield.GBR/14.07(D4). Mais aujourd'hui la grande majorité d'entre elles (95 %) sont identiques à un variant qui a causé un petit foyer de rougeoles en Vendée au dernier trimestre 2008 : MVs/Montaigu.FRA/43.08(D4). Le diagnostic salivaire, qui a été introduit en France à l'occasion de la déclaration obligatoire de la rougeole, est très efficace : 75 % des échantillons sont prélevés dans les quatre premiers jours de l'éruption, et la recherche de l'ARN est positive dans 536 (81 %) des 660 salives reçues au CNR jusqu'à ce jour en 2010 \; 136 (21 %) des salives contiennent des IgM anti-rougeole et 18 % n'ont ni ARN, ni IgM. (R.A.)

Auteur : Freymuth F, Dina J, Parent du Chatelet I, Mourez B, Waku Kouomou D, Vabret A
Virologie, 2011, vol. 15, n°. 1, p. 6-22