Distribution des papillomavirus humains (HPV) dans des frottis effectués dans le cadre du dépistage organisé du cancer du col de l'utérus en France. N° thématique. Pathologie cervico-utérine : dépistage et surveillance des lésions précancéreuses et cancéreuses

Publié le 20 Mai 2014
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction : la vaccination contre les papillomavirus humains bas risque (HPV-BR) de types 6 et 11, agents des condylomes acuminés, et contre les HPV haut risque (HPV-HR) de types 16 et 18, responsables de 70% des cancers du col de l'utérus, a été introduite en France en 2008. La connaissance des caractéristiques de l'infection par les HPV et de la distribution des génotypes dans des frottis cervicaux chez des femmes non vaccinées est un préalable nécessaire à l'évaluation de l'impact de la vaccination sur l'écologie virale et les lésions cervicales associées. Matériel et méthode : les prélèvements résiduels de 6 539 frottis ont été recueillis dans le cadre d'expérimentations de dépistage organisé mises en place dans quatre régions françaises. Les échantillons ont été stratifiés en fonction de l'âge des femmes et des résultats des frottis. Les prélèvements ont été analysés avec la trousse de génotypage PapilloCheck®, qui permet d'identifier 18 HPV-HR et 6 HPV-BR. Résultats : la prévalence de l'infection standardisée selon l'âge par les HPV 16/18 (avec ou sans autres HPV oncogènes) était de 47,2% (intervalle de confiance à 95%, IC95%: [42,4-52,1]) dans les lésions de haut grade (HSIL), de 20,2% dans les lésions de bas grade (LSIL) (IC95%: [16,7-23,7]) et de 3,9% [2,8-5,1] dans les frottis normaux. Des HPV-HR étaient détectés dans 13,7% [11,7-15,6] des frottis normaux. Les HPV 16/18 étaient détectés dans 64% des lésions de haut grade (HSIL) chez des femmes âgées de moins de 30 ans. L'HPV 16 était détecté dans 54% (27/50) des cancers invasifs du col, incluant 5 adénocarcinomes. Conclusion : l'HPV 16 était fréquemment retrouvé dans les HSIL et les cancers. La forte prévalence d'infection par les HPV 16/18 chez les femmes âgées de moins de 30 ans ayant des HSIL suggère que l'impact de la vaccination sera d'abord observé chez les femmes jeunes. (R.A.)

Auteur : Heard I, Tondeur L, Arowas L, Falguieres M, Demazoin MC
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2014, n°. 13-14-15, p. 241-8