VIH/sida
VIH/sida

Le VIH ou Virus de l’Immunodéficience Humaine est un rétrovirus humain sexuellement transmissible. Il affaiblit le système immunitaire, et en l’absence de traitement, est responsable du sida.

Mis à jour le 14 septembre 2021

VIH/sida : données

Une activité de dépistage en hausse

En 2019, 6,2 millions de sérologies VIH ont été réalisées par les laboratoires de biologie médicale, nombre en augmentation depuis 2014 (+10% entre 2014 et 2018). Cette augmentation s’est accélérée en 2019 (+6% entre 2018 et 2019).

Cette augmentation de l’activité de dépistage en 2019 s’est accompagnée d’une augmentation du nombre de sérologies confirmées positives (+6% sur 2018-2019). Le taux de positivité qui avait diminué entre 2014 et 2018, s’est ainsi stabilisé en 2019 à 1,9 pour mille sérologies. 

Le nombre de TROD (tests rapides d’orientation diagnostique) réalisés en 2018 dans le cadre d’actions de « dépistage communautaire » était de 64 500, nombre qui a augmenté par rapport à 2017 (environ 56 000). Ces actions touchent toujours les populations les plus exposées au VIH (hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes -HSH- et migrants), ce qui explique un taux de positivité plus élevé (8,4 TROD positifs pour 1 000 TROD réalisés) que celui des sérologies réalisées par les laboratoires (1,9 sérologies positives pour 1 000 en 2018).

Le nombre d’autotests VIH vendus en pharmacie au cours de l’année 2019, sans possibilité de connaître la population y ayant recours, est d’environ 79 500, soit une augmentation de 6% par rapport à 2018.

Au total, le nombre de TROD communautaires et d'auto-tests restent très marginaux par rapport aux sérologies réalisées par les laboratoires de biologie médicale. 

Un nombre de découvertes de séropositivité VIH estimé à 6 200 en 2018, qui n'a pas pu être estimé pour 2019, mais la description des caractéristiques des cas déclarés en 2019-2020 est possible

Les données sur les découvertes de séropositivité VIH sont issues de la déclaration obligatoire de l’infection à VIH. Cependant, du fait d’une exhaustivité insuffisante de la déclaration, d’une part importante de données manquantes (déclarations incomplètes) et de délais de déclaration, il est nécessaire de corriger ces données pour estimer le nombre réel de découvertes de séropositivité.

En 2018, le nombre de découvertes de séropositivité VIH avait été estimé à 6 200, avec une diminution de 7% par rapport à 2017. Ce nombre n’a pas encore pu être estimé pour l’année 2019, en raison d’une sous-déclaration plus importante que les années précédentes, liée en partie à la mobilisation des biologistes et des cliniciens sur l’épidémie à SARS-CoV-2 dès le début de l’année 2020 et à la difficulté de corriger les données de la DO du VIH à partir de celles de LaboVIH, elles-mêmes affectée par une moins bonne exhaustivité pour 2019.

Nombre de découvertes de séropositivité VIH par année de diagnostic - (DO VIH, Données au 31/03/2019 corrigées pour les délais de déclaration et la sous-déclaration)
Nombre de découvertes de séropositivité VIH par année de diagnostic - (DO VIH, Données au 31/03/2019 corrigées pour les délais de déclaration et la sous-déclaration)

Le nombre de découvertes de séropositivité a diminué depuis plusieurs années chez les HSH nés en France (-16% entre 2013 et 2018), tandis qu’il a augmenté de manière continue chez ceux nés à l’étranger (+38% sur la même période). En 2018, 28% des HSH sont nés à l’étranger.

Parmi les découvertes de séropositivité chez les hétérosexuel(le)s né(e)s à l’étranger, une diminution du nombre de découvertes n’a été observée que chez les hommes (-14% entre 2013 et 2018), alors que le nombre de découvertes était stable chez les femmes.

Nombre de découvertes de séropositivité VIH par mode de contamination, lieu de naissance et année de diagnostic (DO VIH, Données au 31/03/2019 corrigées pour les délais de déclaration, la sous-déclaration et les valeurs manquantes)
Nombre de découvertes de séropositivité VIH par mode de contamination, lieu de naissance et année de diagnostic (DO VIH, Données au 31/03/2019 corrigées pour les délais de déclaration, la sous-déclaration et les valeurs manquantes)

Caractéristiques des découvertes de séropositivité VIH en 2019-2020 

Comme en 2017-2018, les hommes représentent 65% des découvertes de séropositivité en 2019-2020. Les personnes âgées de moins de 25 ans représentent 13% des découvertes et celles de 50 ans et plus, 21%. Chez les HSH, ces proportions sont respectivement de 18% et 15%, et chez les personnes hétérosexuelles de 11% et 22%. 

Les personnes hétérosexuelles et les HSH représentent respectivement 51% et 43% des découvertes de séropositivité en 2019-2020. Les personnes transgenres contaminées par rapports sexuels et les usagers de drogues injectables représentent chacun 2% des découvertes. Ces proportions sont similaires à celles observées en 2017-2018.

Parmi les personnes hétérosexuelles découvrant leur séropositivité en 2019-2020, 73% sont nées à l’étranger, ce sous-groupe représentant 37% de l’ensemble des découvertes en 2019-2020. La majorité des personnes hétérosexuelles nées à l’étranger sont nées en Afrique subsaharienne (79%) et sont des femmes (64% vs 36% d’hommes). Ces proportions sont inversées pour les personnes hétérosexuelles nées en France : 64% d’hommes et 36% de femmes. 

Concernant les HSH, 32% sont nés à l’étranger (vs 26% en 2017-2018), principalement sur le continent américain, et 68% en France. Les HSH nés en France représentent ainsi 29% de l’ensemble des découvertes en 2019-2020. La part des personnes nées à l’étranger atteint 69% chez les UDI et 83% chez les transgenres contaminé(e)s par rapports sexuels.

Répartition des découvertes de séropositivité VIH par mode de contamination, sexe et pays de naissance. France, janvier 2019 – septembre 2020
Répartition des découvertes de séropositivité VIH par mode de contamination, sexe et pays de naissance. France, janvier 2019 – septembre 2020
Source : Santé publique France

En 2019-2020, 21% des découvertes de séropositivité sont des diagnostics précoces (vs 24% en 2017-2018) et 26% sont des diagnostics à un stade avancé de l’infection (vs 25% en 2017-2018). Comme les années précédentes, la part des diagnostics précoces est plus élevée chez les HSH (30% en 2019-2020) que chez les usagers de drogues injectables (UDI) (14%), les hétérosexuel(le)s (12%), et les transgenres contaminé(e)s par rapports sexuels (10%). Inversement, les diagnostics à un stade avancé sont plus fréquents chez les UDI (35%) et les hétérosexuel(le)s (31%) que chez les transgenres (20%) et les HSH (17%). Les diagnostics précoces sont plus fréquents chez les personnes nées en France que chez celles nées à l’étranger. La diminution de la part des diagnostics précoces en 2019-2020 s’observe chez les HSH, mais pas chez les hétérosexuel(le)s.

En 2019-2020, 51% des découvertes de séropositivité concernent des personnes déclarant n’avoir jamais été testées auparavant (vs 48% en 2017-2018). Cette proportion est plus élevée chez les UDI (70%) et chez les hétérosexuel(le)s (60%) que chez les HSH (30%) et les transgenres contaminé(e)s par rapports sexuels (29%). Ces proportions sont semblables à celles observées en 2017-2018, à l’exception des HSH nés en France et des hétérosexuel(le)s né(e)s en France pour lesquels la proportion de personnes jamais testées a augmenté (passant respectivement de 22% à 28% et de 51% à 55%).

Même si l’évolution du nombre de découvertes en 2019 n’est pas encore estimée, en raison des difficultés liées au contexte sanitaire en 2020, la description des cas déclarés en 2019-2020 montre une stabilité globale des caractéristiques des découvertes de séropositivité par rapport aux deux années précédentes. La diminution de la part de diagnostics précoces chez les HSH, et l’augmentation de la part d’HSH et d’hétérosexuel(le)s né(e)s en France jamais testes auparavant, pourraient correspondre à un rattrapage de diagnostics chez des personnes contaminées antérieurement, mais jusque-là éloignées du dépistage.

Pour en savoir plus

bulletin national 1/12/2020

Bulletin de santé publique VIH-IST. Décembre 2020.

article 27/11/2018

Découvertes de séropositivité VIH chez les seniors en France, 2008-2016

Une diminution légère de nouveaux diagnostics de sida

En 2018, le nombre de nouveaux diagnostics de sida avait été estimé à environ 1200. Ce nombre a diminué entre 2013 et 2018 (-24%).

La plupart des cas de sida (76% en 2016) sont diagnostiqués chez des personnes qui n’avaient pas reçu de traitements antirétroviraux. La pneumocystose est la pathologie inaugurale de sida la plus fréquente. La pneumocystose, la toxoplasmose cérébrale et les pathologies multiples sont plus fréquentes chez les personnes n’ayant pas reçu d’antirétroviraux avant le sida.

Incidence VIH

En France l’incidence du VIH, c’est-à-dire le nombre de contaminations dans l’année, est estimée par deux méthodes.

L’une développée par Santé publique France, est basée sur le nombre de personnes diagnostiquées à l’état d’« infection récente », c’est-à-dire en moyenne dans les 6 mois suivant la contamination. Avec cette méthode, l’incidence du VIH a été estimée à environ 5 800 [5275-6333] personnes en 2013 et 5 700 [5129-6189] en 2014, soient 13 nouvelles contaminations pour 100 000 personnes de 18 à 69 ans. Environ la moitié (51 %) de ces contaminations est liée à des rapports sexuels entre hommes, 48 % à des rapports hétérosexuels, et 1 % à l’échange de seringue entre usagers de drogues. L’incidence a globalement diminué entre 2003 et 2014, depuis 2003 pour les hétérosexuels, et seulement depuis 2008 chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH).

Une autre méthode, développée par l’Inserm UMRS 1136, est basée sur les rétro-calculs à partir des cas diagnostiqués et l’estimation du délai entre contamination et diagnostic. Avec cette méthode, l’estimation de l’incidence est d’environ 6 000 nouvelles contaminations en 2018, avec un délai médian de 3,6 ans entre la contamination et le diagnostic.

Une augmentation régulière de la prévalence (nombre de personnes vivant avec le VIH)

Une augmentation régulière en France du nombre de personnes vivant avec le VIH est observée depuis le début de l’épidémie, en raison du nombre annuel de nouvelles contaminations toujours supérieur à celui du nombre de personnes séropositives qui décèdent chaque année.

Fin 2016, ce nombre avait estimé à près de 173 000 [170 800- 174 500] personnes, par l'Inserm U1136. Ce nombre est estimé par l’INSERM U1136 au moyen d’un modèle de rétrocalcul utilisant des données de surveillance de Santé publique France (déclaration obligatoire du VIH), des données issues de la cohorte hospitalière de la FHDH, et des données de l’Assurance maladie sur les personnes prises en charge pour le VIH.