VIH/sida
VIH/sida

Le VIH ou Virus de l’Immunodéficience Humaine est un rétrovirus humain sexuellement transmissible. Il affaiblit le système immunitaire, et en l’absence de traitement, est responsable du sida.

Mis à jour le 7 juin 2022

VIH/sida : la maladie

L’acronyme VIH signifie 'Virus de l’Immunodéficience Humaine'. Ce virus détruit progressivement certaines cellules immunitaires des personnes infectées. L’infection peut rester asymptomatique pendant plusieurs années. Dans ce cas, seul un test sérologique, qui détecte dans le sang les anticorps dirigés contre le virus, permet de diagnostiquer l’infection. La personne est dite séropositive.

Avec le temps, et l’absence de traitement, le système immunitaire est de moins en moins efficace. Des maladies peuvent alors survenir. Certaines d’entre elles sont appelées “maladies opportunistes” car elles profitent de la diminution de l’immunité pour se développer. Lorsqu’une personne a une ou plusieurs maladies de ce type, elle a le sida (Syndrome d’Immunodéficience Acquise).

Le VIH se transmet par voie sexuelle ou par voie sanguine, ainsi que de la mère à l’enfant à l’occasion d’une grossesse. En France, la transmission du VIH est principalement sexuelle.

Véritables enjeux sanitaires, le VIH et le sida font l’objet d’une surveillance par Santé publique France, mais aussi de dispositifs de prévention et de dépistage adaptés aux différents publics les plus exposés.

Chiffres clés en 2020

Chiffres clés en 2020 vih

Trois voies de transmission

Le virus responsable du sida (VIH) se transmet le plus souvent lors de rapports sexuels non protégés en cas de pénétration vaginale ou anale. La pénétration buccale (fellation) présente un risque faible de transmission du VIH. Le VIH peut également se transmettre par un contact important avec du sang contaminé lors de partage de matériel d’injection ou en cas de piqûres accidentelles (chez les soignants). En cas d’absence de traitement d’une mère vivant avec le VIH, le VIH peut être transmis de la mère à l'enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement.

En revanche, le VIH n’est pas une maladie contagieuse qui s’attrape sans contact direct, comme la grippe. Le virus ne se transmet pas par la baignade, un baiser, une étreinte, un éternuement, la toux, une piqûre d’insecte, le partage d’un verre ou d’un vêtement, etc.

Risques de contamination lors de rapports sexuels non protégés
Risques de contamination lors de rapports sexuels non protégés
Le VIH peut se transmettre lors de l’accouchement et de l’allaitement
Le VIH peut se transmettre lors de l’accouchement et de l’allaitement

Evolution de l'infection

Dès 15 jours après la contamination certains signes peuvent apparaître de manière transitoire : fièvre, éruption cutanée, fatigue, diarrhée. Puis suit une longue phase sans signe apparent, mais pendant laquelle le virus est présent dans l’organisme et, en l’absence de traitement, peut être transmis.

Le seul moyen pour diagnostiquer une infection par le VIH est donc de faire un test de dépistage. L’offre de dépistage du VIH en France est variée et s’adapte aux besoins de chacun (test en laboratoire de biologie médicale avec ou sans prescription médicale, ou en centre de dépistage (CeGIDD), autotest vendu en pharmacie, ou test rapide d’orientation diagnostique (TROD)). Le dépistage est essentiel pour permettre aux personnes infectées de bénéficier des traitements efficaces et pour empêcher la transmission du virus aux partenaires sexuels.

Sans traitement approprié, le VIH affaiblit progressivement le système immunitaire. Le syndrome d’immunodéficience acquise (sida) est le stade avancé de l’infection à VIH. Il correspond à l’apparition d’une pathologie opportuniste liée à l’affaiblissement du système immunitaire

Les traitements antirétroviraux

Les médicaments utilisés sont des associations d’antirétroviraux. Ils empêchent le virus de se multiplier, mais ils ne permettent pas de l’éliminer de toutes les cellules de l'organisme.

La mise sous traitement est recommandée pour toutes les personnes porteuses du VIH. L'infection est d'autant mieux contrôlée que le traitement est commencé le plus tôt possible après la contamination.

Ces traitements sont à prendre à vie et nécessitent une surveillance clinique et biologique régulière. Si les traitements sont bien pris, ils permettent aux personnes touchées par le VIH de vivre comme les autres, de travailler, d’avoir une vie amoureuse, des projets, des enfants.

Une prévention diversifiée pour se protéger du VIH

Il n’existe pas de vaccin contre le VIH. Cependant plusieurs possibilités de prévention sont disponibles, c’est ce qu’on appelle la prévention diversifiée :

  • l’usage du préservatif pour les personnes séronégatives et séropositives ;
  • le dépistage, répété si besoin, pour les personnes les plus exposées, pour leur permettre de bénéficier rapidement d’un traitement si l’infection à VIH est diagnostiquée ;
  • pour les personnes séronégatives : PrEP ou prophylaxie pré-exposition, TPE ou traitement post-exposition ;
  • pour les personnes séropositives : TasP ou traitement comme prévention, PTME ou prévention de la transmission mère-enfant.

Les préservatifs masculin (externe) et féminin (interne) permettent de se protéger du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles (IST) lors des rapports sexuels. Ils peuvent être achetés dans les pharmacies, les supermarchés, dans certains bars-tabacs, dans des distributeurs automatiques.

Le dépistage est l’unique moyen d’établir un diagnostic d’infection par le VIH. En cas de résultat positif, il permet de bénéficier d’une prise en charge et d’un traitement adapté permettant de bloquer l’évolution de l’infection vers le stade sida et de réduire très fortement le risque de transmettre le virus. Le dépistage peut être effectué :

  • dans un laboratoire de biologie médicale. Le test est remboursé à 100% par la sécurité sociale sur ordonnance d’un médecin ; à partir de janvier 2022, il sera également possible de se rendre dans l’importe quel laboratoire, sans ordonnance, pour bénéficier d’un dépistage gratuit du VIH. 
  • dans un centre de dépistage gratuit (CeGIDD), un centre de planification et d'éducation familiale (CPEF), un centre de Protection maternelle et infantile (PMI) ;
  • auprès d’une association qui propose des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) ;
  • avec un autotest acheté en pharmacie.

La PrEP (« prophylaxie pré-exposition ») est un traitement préventif qui peut être pris par les personnes séronégatives pour réduire le risque de contamination par le VIH. Cette méthode s’adresse aux personnes séronégatives qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif, et qui sont particulièrement exposées au VIH, notamment :

  • les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes ;
  • les hommes et femmes trans ;
  • les personnes en situation de prostitution ;
  • les personnes originaires de régions où le VIH est très présent (Afrique subsaharienne, Guyane…) ;
  • les usagers de drogues injectables ;
  • les personnes ayant des partenaires sexuels multiples.

Le traitement post-exposition (TPE) est un traitement d’urgence qui, pris rapidement après une exposition au VIH, réduit fortement le risque de contamination par le VIH, sans éliminer totalement ce risque. Le TPE doit être administré le plus rapidement possible, dans les 4 heures après l’exposition, et au maximum 48h après. Le TPE est disponible dans les services d’urgences des hôpitaux. Son intérêt est évalué individuellement par le médecin en fonction de l’exposition au VIH.

Le traitement par antirétroviraux des personnes séropositives, s'il est bien conduit, en plus d’améliorer leur santé en empêchant l’évolution vers le sida et en augmentant leur espérance de vie, supprime le risque pour une personne séropositive de transmettre le virus à son/ses partenaire(s) sexuel(s). C’est ce qu’on appelle la prévention par les traitements (de l’anglais « Treatment as Prevention » ou TasP).

Les populations les plus touchées

En France, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et les hétérosexuel(le)s né(e)s à l’étranger (notamment dans un pays d’Afrique subsaharienne) restent les deux populations les plus touchées et représentent respectivement 42% et 38% des découvertes de séropositivité VIH en 2020. Les hétérosexuel(le)s né(e)s en France, les usagers de drogues injectables et les personnes trans contaminées par rapports sexuels représentent respectivement 16%, 1,5% et 1,5% des nouveaux diagnostics.

D’un point de vue géographique, le nombre de découvertes de séropositivité VIH rapporté à la population est beaucoup plus élevé en Guyane, en Guadeloupe, Martinique et Ile-de-France par rapport au reste du territoire.