Surveillance SurCeGIDD : dépistage et diagnostic du VIH, des hépatites B et C et des IST bactériennes en CeGIDD en 2020

Publié le 30 novembre 2021
Mis à jour le 2 février 2022

Introduction - Les CeGIDD (Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic des infections par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles (IST)) ont été créés en 2016. Cet article décrit, pour l'année 2020, les caractéristiques des consultants ainsi que l'activité de dépistage et de diagnostic réalisée dans ces structures, en les comparant à 2018. Méthode - Il s'agit d'une étude transversale répétée, à partir des données de surveillance recueillies en continu par le système SurCeGIDD, qui repose sur la transmission sécurisée de données individuelles concernant les consultants, selon un format prédéfini. Ont été décrits les caractéristiques sociodémographiques et comportementales des consultants ainsi que leurs motifs de consultation. Les proportions de consultants testés et les taux de positivité pour le VIH, les hépatites B (VHB) et C (VHC), la syphilis, le gonocoque (NG), Chlamydia trachomatis (CT) et Mycoplasma genitalium (MG) ont été analysés selon le sexe des partenaires. Résultats - En 2020, 336 333 consultations ont été rapportées par 50,3% des 336 CeGIDD recensés. La fréquentation des CeGIDD a fortement diminué au second trimestre 2020 (-58% par rapport au premier trimestre). En 2020, les consultants étaient majoritairement des hommes (62,1%) et des jeunes de moins de 30 ans (64,5%). Environ un quart (23,5%) des consultants étaient nés à l'étranger. La part d'hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (14,8%) et de personnes trans (0,38%) a augmenté par rapport à 2018. Les motifs de consultation les plus fréquents étaient toujours une exposition à risque (60,4%) et un dépistage systématique (43,3%). Certains motifs de consultation ont augmenté entre 2018 et 2020, comme l'initiation ou le suivi d'une prophylaxie pré-exposition. Une augmentation du taux de positivité entre 2018 et 2020 est observée pour le VIH (de 0,37% à 0,41%), mais surtout pour NG (de 2,8% à 4,0%), sans doute en lien avec la modification des caractéristiques des consultants accueillis. Parallèlement, les taux ont diminué pour le VHB (de 1,3% à 0,93%) et le VHC (de 0,94% à 0,60%). Ils sont relativement stables pour CT (7,0% en 2020), MG (6,8%) et la syphilis (1,0%). Conclusion - Malgré une baisse de consultations en 2020 liée à la pandémie de Covid-19, les CeGIDD ont continué à assurer leurs missions de dépistage/diagnostic, dans une approche globale de santé sexuelle. La surveillance SurCeGIDD apporte des éléments de suivi de la stratégie nationale de santé sexuelle, il est donc primordial d'améliorer l'exhaustivité et la complétude des données recueillies.

Auteur : Delmas Gilles, Ndeikoundam Ngangro Ndeindo, Brouard Cécile, Bruyand Mathias, Cazein Françoise, Pillonel Josiane, Chazelle Emilie, Lot Florence
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2021, n°. 20-21, p. 401-412