L'auto-prélèvement à domicile : une stratégie de dépistage performante pour Chlamydia trachomatis.

Publié le 1 Janvier 2014
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction - objectifs - Afin d'accroître le recours au dépistage de l'infection à Chlamydia trachomatis, l'INPES a expérimenté, du 3 septembre au 14 octobre 2012, un dispositif internet proposant l'envoi d'un kit d'auto-prélèvement à domicile. Matériels et méthodes - L'étude est un essai contrôlé randomisé comparant deux dispositifs d'incitation au dépistage. Dans le groupe contrôle, une information sur le dépistage était proposée avec un renvoi vers les structures traditionnelles. Dans le groupe intervention, l'envoi d'un kit d'auto-prélèvement à domicile était proposé. Le recours au dépistage a été évalué via un questionnaire de suivi dans le groupe contrôle et via le retour des kits au CNR pour le bras intervention. Les analyses ont été réalisées sous stata 10 en intention de traiter. Résultats - 11 075 jeunes de 18-24 ans, sexuellement actifs et résidant en métropole ont été inclus. Les taux de dépistage sont de 8,6 % dans le bras contrôle et de 29,2 % dans le bras intervention. L'intervention accroit significativement le recours au dépistage (aRR = 3,4 ; IC[3,1-3,8]) dans tous les groupes de population, exceptés parmi les personnes nées au Maghreb (RR = 1,2 ; IC[0,3-4,3]). L'impact de l'intervention est plus marqué chez les hommes (aRR = 4,5 ; IC[3,8-5,5]) que chez les femmes (aRR = 3,0 ; IC [2,6-3,4]). Elle bénéficie plus particulièrement aux hommes qui n'ont jamais fait de test (aRR = 4,6 ; IC[3,8-5,7]) et à ceux qui n'ont pas eu de nouveau partenaire dans les trois mois (aRR = 6,0 ; IC[4,5-8,0]). Les femmes non testées au préalable sont également plus réceptives à l'intervention (aRR = 3,4 ; IC[2,9-3,9]), ainsi que les monopartenaires dans l'année (aRR = 3,5 ; IC[2,9-4,3]). Conclusion - L'envoi d'un kit d'auto-prélèvement à domicile est performant pour amener la population d'intérêt au dépistage ; il peut se concevoir comme un dispositif d'élargissement du système de dépistage traditionnel ou comme un système de rattrapage compte tenu de la prévalence élevée. Source : poster cité dans la revue "Médecine et maladies infectieuses" dans le supplément, volume 44, numéro 6.

15es Journées Nationales d'Infectiologie, Bordeaux, 11-13 juin 2014

Auteur : Kersaudy-rahib D., Bluzat L., Bebear C., Barbeyrac B. DE, Lydie N.
Année de publication : 2014