Antibiotiques et résistance bactérienne : une infection virale respiratoire évitée, c'est un antibiotique préservé !

Publié le 18 Novembre 2020
Mis à jour le 19 novembre 2020

La maîtrise de l'antibiorésistance repose en premier lieu sur la prévention des infections, en particulier des infections virales respiratoires. Ces dernières sont en effet l'objet de nombreuses prescriptions d'antibiotiques, soit par difficulté de diagnostic différentiel avec des infections bactériennes respiratoires, soit par crainte de complications par surinfections bactériennes. Ainsi, chaque infection virale évitée est une tentation de prescription d'antibiotiques de moins. La problématique de l'antibiorésistance est aujourd'hui abordée d'une façon globale " One Health " incluant la santé humaine, animale et l'environnement. En 2019, la lente diminution de la consommation d'antibiotiques en santé humaine amorcée en 2015 est documentée dans les 3 secteurs de soins. Et une diminution semble se confirmer pour la résistance des entérobactéries aux céphalosporines de 3e génération. En santé animale, la diminution, amorcée au milieu des années 2000, est ralentie depuis 2015. Concernant l'environnement, les données sur la contamination des écosystèmes s'accumulent mais l'impact pour la santé humaine et animale reste encore à établir. La crise sanitaire de la Covid-19 a permis l'acquisition par la population de mesures d'hygiène et de prévention qui semblent s'installer dans la durée. Elle a mis en lumière l'utilité de la surveillance des eaux usées à titre d'indicateur de la diffusion d'agents infectieux éliminés dans les urines ou les selles dans la population. La Journée européenne d'information sur les antibiotiques du 18 novembre 2020 s'inscrit dans la Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens et mobilise l'ensemble des acteurs : citoyens, patients, professionnels de la santé humaine et animale, de l'environnement, décideurs. Dans cet objectif, depuis 2014, trois agences nationales - Santé publique France, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) - ainsi que l'Assurance maladie, leurs ministères de tutelle et, pour la première fois en 2020, la Haute Autorité de santé (HAS) réunissent leurs efforts et leurs partenaires pour présenter de manière commune les chiffres clefs de la consommation et de la résistance aux antibiotiques dans une perspective de santé globale (" One Health "). Depuis 2018, le document traite également du rôle de l'environnement, en collaboration avec l'équipe Inserm hospitalo-universitaire de Limoges et le ministère de la Transition écologique.

Auteur : Maugat Sylvie, Berger-carbonne Anne
Année de publication : 2020
Pages : 20 p.