Traitements antibiotiques en établissement de santé : résultats de l'Enquête nationale de prévalence 2017, France

Publié le 1 Septembre 2020
Mis à jour le 02 septembre 2020

Un des objectifs de l'Enquête nationale de prévalence (ENP) 2017 était de mesurer et de décrire la prévalence des patients traités par antibiotique en établissement de santé et de la comparer aux données de l'ENP 2012. L'enquête a été réalisée sur un échantillon représentatif des établissements de santé français par sondage aléatoire avec stratification sur la région et la catégorie d'établissement. Entre le 15 mai et le 30 juin 2017, 403 établissements de santé ont participé et 80 988 patients ont été inclus. La prévalence des patients traités par antibiotique a diminué en 2017 (15,12%, IC95% [14,22-16,06]) alors qu'elle était stable entre 2006 et 2012 (16,60%). Elle a en particulier diminué dans plusieurs secteurs de soins : en obstétrique, en soins de suite et de réadaptation (SSR) et en soins de longue durée (SLD). Elle restait la plus élevée dans les services de réanimation, secteur dans lequel un patient sur deux était traité par antibiotique. La prévalence des patients traités par antibiotique a diminué chez les enfants de moins de 15 ans et les patients âgés de plus de 65 ans, ainsi que chez les patients les moins fragiles (patients non immunodéprimés et ceux atteints d'une maladie non fatale), ce qui pourrait suggérer un usage mieux maîtrisé des antibiotiques chez ces groupes de patients. La dose d'antibiotique prescrite s'écarte à la hausse de la dose définie journalière (DDJ) pour l'amoxicilline et l'association amoxicilline-acide clavulanique, comme rapporté dans la littérature. La durée des antibioprophylaxies chirurgicales, souvent prolongées au-delà de 24 heures, pose question au regard des recommandations actuelles. Elle n'a pas baissé depuis 2012 sauf dans les services de chirurgie orthopédique et traumatologique. Un traitement sur cinq a fait l'objet d'un changement pour le même motif de prescription. Ce changement conduit plus fréquemment à une escalade qu'à une désescalade thérapeutique. La baisse de la prévalence des patients traités par antibiotique encourage à poursuivre les actions en faveur du bon usage des antibiotiques.

Auteur : Daniau Côme, Dumartin Catherine, Léon Lucie, Blanchard Hervé, Bernet Claude, Caillat-Vallet Emmanuelle, Glorion Sophie, Buonocore Laurence, Aupée Martine, Péfau Muriel, Simon Loïc, Claver Julien, Bajolet Odile, Alfandari Serge, Berger-Carbonne Anne, Coignard Bruno
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2020, n°. 21, p. 424-436