Dépistage du diabète : les données de l'Echantillon Permanent des Assurés Sociaux, 2000-2001

Publié le 1 Janvier 2004
Mis à jour le 5 juillet 2019

Position du problème : Le diabète de type 2 peut évoluer à bas bruit pendant plusieurs années et conduire à de graves complications. En France, les estimations de la prévalence du diabète méconnu sont imprécises et concerneraient de 2,0 à 3, 7 % de la population âgée de 35 à 65 ans. Pourtant la glycémie veineuse est un test de pratique simple, qui permet de révéler précocement l'existence de la maladie. Méthodes : En utilisant les données de l'Échantillon Permanent des Assurés Sociaux de la Caisse Nationale d'Assurance-Maladie des Travailleurs Salariés couvrant 70 % de la population française, nous avons sélectionné les personnes ayant eu un remboursement de soins médicaux et estimé le taux de celles ayant bénéficié d'un remboursement de glycémie veineuse ou d'une hospitalisation, donc potentiellement d'une glycémie, en 2000 ou 2001. Résultats : Ce taux de dépistage opportuniste effectué sur 2 ans atteignait 48,6 %, soit près de la moitié de la population ayant bénéficié de soins médicaux. Tous âges confondus, ce taux était plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Le taux de dépistage opportuniste s'élevait avec l'âge et atteignait 71,2 % chez les plus de 45 ans. Conclusion : Le dépistage opportuniste du diabète est donc communément effectué en France, malgré l'absence de recommandation officielle. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer la discordance entre dépistage opportuniste fréquent et prévalence élevée du diabète méconnu : 1) les diabétiques méconnus se situent majoritairement parmi la population ne consommant pas de soins ; 2) le dépistage opportuniste n'est pas effectué chez les personnes les plus à risque ; 3) les glycémies ne sont pas effectuées à jeûn ou les résultats sont négligés ; 4) la prise en charge des glycémies anormales est inadéquate ; 5) la prévalence du diabète méconnu est inférieure aux estimations actuelles qui sont basées sur une seule mesure biologique et sur l'autodéclaration.

Auteur : Hirtzlin I, Fagot Campagna A, Girard Le Gallo I, Vallier N, Poutignat N, Weill A, Le Laidier S
Revue d'épidémiologie et de santé publique, 2004, vol. 52, n°. 2, p. 119-26