Cancer du col de l'utérus

Le cancer du col de l’utérus, attribuable dans presque 100% des cas à une infection à papillomavirus humains transmise par voie sexuelle, peut être évité grâce au dépistage et à la vaccination. 

Mis à jour le 17 juin 2019

Cancer du col de l’utérus : données

Une incidence et une mortalité en diminution depuis les années 1990

En France métropolitaine, le cancer du col de l’utérus représente la 12e cause de mortalité par cancer chez la femme. 

  • 2 920 nouveaux cas ont été recensés en 2018 et 1 117 décès
  • Trois quarts des cas et la moitié des décès se produisent chez des femmes âgées de 25-64 ans
  • Le taux d’incidence (standardisé monde) est de 6,1 pour 100 000 femmes en 2018
  • Il a considérablement diminué depuis 1990 (-1,8 % par an en moyenne) avec un ralentissement de cette baisse depuis 2005 (-0,7 % par an)
  • Le taux de mortalité (taux standardisé monde) est de 1,7 pour 100 000 femmes en 2018.
  • Il a fortement diminué depuis 1990 (- 2,1 % par an en moyenne), avec toutefois un ralentissement de cette diminution depuis le début des années 2000. 
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Estimations nationales de l'incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018 - Tumeurs solides : Étu...

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Taux d’incidence et de mortalité du cancer du col de l’utérus en France métropolitaine selon l’année (Taux Standardisé Monde) – Échelle logarithmique
Taux d’incidence et de mortalité du cancer du col de l’utérus en France métropolitaine selon l’année (échelle logarythmique)

Dans l’Union européenne, 32 700 nouveaux cas et 14 200 décès sont estimés en 2018. La France présente le 8e taux d’incidence le plus faible, derrière notamment l'Espagne, les Pays-Bas et la Finlande, ainsi que le 15e taux de mortalité le plus faible. 

Dans le monde570 000 nouveaux cas et 266 000 décès sont estimés en 2018. Les taux d’incidence et de mortalité (taux standardisé monde) les plus élevés sont observés en Afrique et en Mélanésie, et les plus faibles en Australie/Nouvelle Zélande et en Asie occidentale. L’Europe occidentale présente également une des plus faibles mortalités au monde.

Une hétérogénéité géographique de l’incidence selon les départements

En France métropolitaine, « il existe une hétérogénéité géographique de l’incidence du col de l’utérus selon les départements. On observe une sur-incidence qui dépasse les 10 % par rapport à la moyenne nationale sur le pourtour méditerranéen (Bouches-du-Rhône, Var, Gard, Hérault) et en Côte d’Or. L’incidence est plutôt inférieure à la moyenne nationale dans les Pays de la Loire (Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne) et en Auvergne-Rhône-Alpes (Haute-Savoie, Savoie, Ain, Isère). Au total, 10 départements ont une incidence estimée inférieure d’au moins 10 % à la moyenne nationale. »
Une sur-incidence est également observée dans les régions ultra-marines françaises, très marquée en Guyane.

Les estimations régionales et départementales d’incidence et de mortalité peuvent être consultées ici.

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Rapports standardisés d’incidence par département de France métropolitaine (2007-2016), et d’incidence observée en Guadeloupe (2008-2014), Martinique (2007-2014) et Guyane (2010-2014)

Une survie à 5 ans qui tend à diminuer au cours du temps

Plus de 6 femmes sur 10 (63 %) diagnostiquées en France avec un cancer du col de l’utérus, survivent à leur cancer après 5 ans (femmes diagnostiquées en 2005-2010) ; et 6 femmes sur 10 (59 %) après 10 ans (femmes diagnostiquées en 1999-2004). La survie est la plus élevée pour les femmes âgées de moins de 45 ans au diagnostic : près de 9 femmes sur 10 (85 %) âgées de moins de 45 ans au diagnostic survivent à leur cancer après 5 ans comparé à 3 femmes sur 10 (29 %) pour celles diagnostiquées à 75 ans ou plus (2005-2010). La survie à 5 ans tend à diminuer au cours du temps, passant de 68 % pour les femmes diagnostiquées en 1989-1993 à 63 % pour celles diagnostiquées en 2005-2010. L’hypothèse évoquée pour expliquer ce phénomène est paradoxalement liée au développement du dépistage : grâce au dépistage, il y a moins de cancers diagnostiqués au stade invasif ; les cancers invasifs restants sont alors principalement des cancers de mauvais pronostic, notamment des cancers agressifs au développement rapide apparus entre deux dépistages ou des cancers avancés diagnostiqués chez des femmes non dépistées.  

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Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2013. Etude à partir des registres des cancers du réseau Francim...

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Prévalence du cancer du col de l’uterus

La prévalence partielle à 5 ans du cancer du col de l’utérus est estimée en 2008 à environ 12 400 femmes. Elle représente les personnes diagnostiquées lors des cinq dernières années, qu’elles soient en rémission complète, ou guéries, ou en cours de surveillance.
La prévalence totale est estimée en 2008 à 69 000 femmes. La prévalence totale correspond au nombre de personnes atteintes ou ayant été atteintes d’une pathologie cancéreuse et vivantes à une date donnée, quelle que soit l’antériorité du diagnostic.

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Une couverture vaccinale anti-HPV très insuffisant

En France, la vaccination contre le HPV est recommandée pour toutes les jeunes filles de 11-14 ans. En 2017, la couverture de la vaccination anti-HPV chez les jeunes filles de 16 ans était de 21 %.

Données de vaccination anti-HPV par groupe d’âge

Couverture vaccinale (%) par le vaccin HPV chez les jeunes filles pour une dose et le schéma complet 
(source : SNIIRAM-DCIR, Santé publique France, mise à jour au 31/12/18) 

Année de naissance 

1995 

1996 

1997 

1998 

1999 

2000 

2001 

2002 

2003 

Couverture 1 dose à 15 ans 

29,1 

28,7 

20,9 

19,8 

19,4 

20,6 

23,6 

26,2 

29,4 

Couverture « Schéma complet » à 16 ans 

25,3 

22,4 

17,0 

15,7 

13,2 

19,5 

21,4 

23,7 

- 

Le schéma complet correspond à 3 doses pour les jeunes filles nées avant 2000 et 2 doses ensuite

Des données infra-nationales (départementales et régionales) sont également disponibles.

Un taux de dépistage encore insuffisant

Le dépistage du cancer du col de l’utérus permet de détecter et des traiter des lésions précancéreuses avant qu’elles ne se transforment en cancer ainsi que des cancers à un stade précoce, dans le but de diminuer l’incidence et la mortalité de ce cancer.
Un dépistage par cytologie cervico-utérine tous les 3 ans est recommandé chez les femmes de 25-65 ans.
En France, le dépistage du cancer du col de l’utérus était jusqu’en 2017 avant tout un dépistage spontané́ (appelé aussi dépistage individuel ou dépistage opportuniste), c’est-à-dire qu’il est réalisé à la demande du médecin dans le cadre de la relation médecin/patient ou parfois à l’initiative de la femme. Une estimation réalisée par Santé publique France, du taux de couverture du dépistage des femmes âgées de 25 à 65 ans par frottis cervico-utérin fondée sur les données de l’Assurance maladie (frottis remboursé par l’Assurance maladie) indique un taux de couverture du dépistage triennal de 59% pour la période 2015-2017.  

Une expérimentation réalisée entre 2010 et 2014 dans 13 départements a montré que l’organisation du dépistage organisé permet d’augmenter la couverture du dépistage de 12 points de pourcentage.
Si le dépistage du cancer du col de l’utérus est largement répandu en France, sa couverture apparaît néanmoins insuffisante. Le taux de participation recommandé par la Commission européenne est de 70 % et l’objectif du plan cancer 2014-2019 est fixé à 80 %. 

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Résultats finaux de l'évaluation du dépistage du cancer du col de l'utérus organisé dans 13 départements en France, 2010-2014. Numéro t...

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Initiée en 2018, la généralisation du dépistage organisé du cancer du col de l’utérus à l’ensemble du territoire est en cours de déploiement.