Cancer du col de l'utérus

Le cancer du col de l’utérus, attribuable dans presque 100% des cas à une infection à papillomavirus humains transmise par voie sexuelle, peut être évité grâce au dépistage et à la vaccination. 

Mis à jour le 17 juin 2019

Cancer du col de l’utérus : la maladie

Un cancer évitable

Le cancer du col de l’utérus est une tumeur maligne attribuable dans près de 100 % des cas à une infection persistante par un ou plusieurs papillomavirus humains (HPV) à haut-risque oncogène, infection transmissible par contact sexuel.
Ce cancer peut être évité grâce à la vaccination contre le HPV et au dépistage qui permet de détecter des lésions précancéreuses et de les traiter avant qu’elles ne se transforment en cancer. 
L’incidence et la mortalité du cancer du col de l’utérus (taux standardisé) diminuent depuis les années 1990 avec cependant un ralentissement de ces diminutions depuis 2005. 

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Dans ce contexte, les enjeux de Santé Publique France sont : 

  • De participer à la surveillance épidémiologique du cancer du col de l’utérus
  • D’évaluer le programme national de dépistage du cancer du col de l’utérus
  • De promouvoir la vaccination contre le papillomavirus humain HPV
Les chiffres-clés du cancer du col de l’utérus
Infographie concernant le cancer du col de l’utérus

Les chiffres clés produits par l'agence et ses partenaires : 

(Réseau Francim des registres des cancers, Hospices civils de Lyon, Institut national du cancer, Structures de gestion du dépistage) 

Incidence 

Mortalité 

Survie1 

Prévalence  
(ensemble des cas) 

Prévention et dépistage 

2 920 nouveaux cas par an 

1 117 décès par an 

63 % à 5 ans 

12 374 cas diagnostiqués lors des 5 dernières années et toujours vivants 

Moins de 20 % des jeunes filles de 16 ans vaccinées par le vaccin anti-HPV 

France entière,  
2015 

60 % des femmes de 25-65 ans dépistées sur 3 ans 

France métropolitaine,  
2018 

France métropolitaine,  
2018 

Registres, cas diagnostiqués,  
2005-2010 

France métropolitaine,  
2008 

France entière, 2015-2017 

Un cancer attribuable au virus HPV transmis par voie sexuelle

Le cancer du col de l’utérus est attribuable dans près de 100 % des cas à une infection persistante par un papillomavirus humain (HPV) à haut-risque, infection très fréquente, transmissible par contact sexuel.
L’infection à HPV est une condition nécessaire mais non suffisante au développement du cancer du col. D’autres facteurs de risque peuvent agir de concert avec le HPV : tabacinfection par le VIH, utilisation à long terme de contraceptifs oraux, multiparité, exposition in utero au diéthylstilbestrol.

Un dépistage efficace, la mise en place d’un programme organisé

Le dépistage du cancer du cancer du col de l’utérus permet de détecter des lésions précancéreuses et de les traiter avant qu’elles ne se transforment en cancer.
Depuis mai 2018, la généralisation à l’échelle nationale du dépistage organisé du cancer du col de l’utérus s’appuie sur un programme national de dépistage organisé.
Le dépistage repose actuellement sur la cytologie cervico-utérine (frottis), réalisée tous les 3 ans chez les femmes de 25 à 65 ans.
A terme, il est prévu de passer au test HPV comme méthode de dépistage. 

Un vaccin qui protège contre le papillomavirus

60 %

Dans 60% des cas, l’infection a lieu au début de la vie sexuelle.

Le cancer du col de l’utérus est dû à un papillomavirus humain (HPV : Human PapillomaVirus) à haut risque oncogène. Il existe 12 génotypes de HPV pour lesquels la carcinogénèse est établie et un 13e génotype considéré comme carcinogène probable. Les génotypes les plus fréquemment associés au cancer du col de l’utérus sont les HPV 16 et 18.
L’infection par un HPV est très fréquente et la majorité des hommes et des femmes sexuellement actifs rencontrent au moins une fois un papillomavirus au cours de leur vie. Ainsi, on estime qu’environ 8 femmes sur 10 sont exposées à ces virus au cours de leur vie. Dans 60% des cas, l’infection a lieu au début de la vie sexuelle.
En France, la vaccination contre le HPV est recommandée : 

  • Pour toutes les jeunes filles de 11-14 ans (2 ou 3 injections sont nécessaires en fonction du vaccin utilisé et de l’âge)
  • Pour les jeunes filles et jeunes femmes entre 15 et 19 ans, dans le cadre du rattrapage vaccinal. 

Pratiquée avant le début de la vie sexuelle, l’efficacité de la vaccination pour empêcher l’infection par les HPV inclus dans le vaccin est proche de 100%. 

Une hétérogénéité géographique

Il existe une hétérogénéité géographique de l’incidence du cancer du col de l’utérus selon les départements en France métropolitaine. Les Antilles françaises et la Guyane sont caractérisées par une incidence supérieure à la moyenne nationale, en particulier en Guyane où le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer féminin le plus fréquent et l’incidence parmi les plus élevées au monde. 

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Des inégalités sociales persistantes face au cancer du col de l’utérus

L'enquête Santé et protection sociale menée par l'Irdes en 2012 et dont les données vaccinales ont été analysées par Santé publique France montre que les femmes qui ne participent pas au dépistage par frottis cervico-utérin (FCU) et les jeunes femmes non vaccinées contre le HPV appartiennent plutôt aux catégories sociales les plus modestes. Plus encore, les jeunes filles non vaccinées ont tendance à avoir des mères qui ne participent pas au dépistage par FCU et risquent donc de ne bénéficier d’aucune des deux mesures de prévention du cancer du col. 
L’objectif de généralisation du dépistage sur tout le territoire et la facilitation de l’accès à la vaccination HPV, deux objectifs inscrits dans le plan cancer 2014-2019, devraient permettre de réduire ces inégalités d’accès aux mesures de prévention du cancer du col de l’utérus. 

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