Les progrès dans la prise en charge multidisciplinaire du cancer du rectum ont permis de réduire significativement le risque de récidive locale et d'augmenter la survie. Par conséquent, le nombre de survivants à long terme est en augmentation, et nombre d'entre eux développent des séquelles fonctionnelles altérant leur qualité de vie. Les séquelles digestives, regroupées sous le terme du syndrome de résection antérieure, sont évaluées à l'aide du Low Anterior Resection Syndrome score (LARS score). Près des deux tiers des patients rapportent des séquelles à deux ans, dont la moitié avec une forme sévère. Leur prise en charge repose sur une approche multimodale et précoce. Un an après la chirurgie, près d'un tiers des patients rapporte une dysfonction urinaire. Les séquelles sexuelles peuvent atteindre quatre hommes sur cinq (troubles de l'érection et/ou de l'éjaculation) et deux tiers des femmes. À l'avenir, une meilleure connaissance de ces séquelles fonctionnelles, de leurs facteurs de risque et des évolutions thérapeutiques limitant les séquelles permettra, en pré-opératoire, de mieux informer les patients, d'adapter la stratégie thérapeutique et, en postopératoire, d'identifier précocement ces séquelles afin de leur proposer une prise en charge adaptée visant à limiter l'altération de leur qualité de vie.
Auteur : Bouvier Véronique, Morello Rémy, Dupont Benoit, Dejardin Olivier, Alves Arnaud
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2026, n°. 3-4, p. 68-74


