Variables humaines d'exposition en France. Bilan des données disponibles et perspectives

Publié le 1 Janvier 2013
Mis à jour le 5 juillet 2019

Résumé. Les variables humaines d'exposition (VHE) sont des paramètres utilisés en évaluation quantitative de risques sanitaires (EQRS) afin d'estimer l'exposition d'une population à un danger donné et de calculer à la suite le risque encouru. En France, la qualité et la quantité des données à disposition des évaluateurs de risques sont hétérogènes selon les VHE. Pour la masse corporelle ou la consommation alimentaire, de nombreuses données spécifiques de la population française sont disponibles, alors qu'elles sont encore peu nombreuses pour le budget-espace-temps et les paramètres relatifs à l'habitat appelés " caractéristiques de résidence ". Pour la surface cutanée, le débit respiratoire et l'ingestion autre qu'alimentaire, aucune donnée française n'est disponible à ce jour. Par défaut, les évaluateurs de risques ont généralement recours à des données provenant d'autres pays, souvent américaines. Leur utilisation dans les calculs de risques peut avoir un impact sur le résultat du calcul, que ce soit en approche déterministe ou probabiliste. Pour limiter les incertitudes, les VHE doivent donc être les plus représentatives possibles de la population étudiée, afin de ne pas aboutir à des conclusions erronées en termes d'impact sanitaire et de santé publique, ce qui pourrait entraîner des décisions inadaptées, mais aussi d'assurer une meilleure acceptabilité des projets et des résultats par la population et les acteurs locaux. Il est donc important et nécessaire, au vu de l'importance actuelle du recours aux évaluations des risques sanitaires dès lors qu'une situation environnementale est préoccupante, de développer des valeurs spécifiques pour la population française, que ce soit des données ponctuelles ou des distributions de probabilités, et de les mettre à disposition des évaluateurs de risques. (R.A.)

Auteur : Tardy G, Kairo C, Dereumeaux C, Levi Y
Environnement risques & santé, 2013, vol. 12, n°. 1, p. 54-67