Troubles du sommeil : une approche exploratoire.

Publié le 1 Janvier 2008
Mis à jour le 5 juillet 2019

La question du sommeil a fait l'objet d'un rapport remis au ministre de la Santé en décembre 2006. Souvent négligée au profit d'autres enjeux de santé publique, cette fonction physiologique n'en soulève pas moins un certain nombre de problèmes. Elle joue un rôle fondamental sur la santé et le bien-être, participant par exemple à l'activation des défenses immunitaires, au maintien d'une température interne constante et de l'équilibre énergétique, mais aussi à la mémorisation, à la lutte contre l'anxiété et à l'équilibre affectif. Les troubles du sommeil affectent ainsi le fonctionnement de l'organisme et du psychisme, pesant de ce fait sur de nombreux aspects de la vie sociale et professionnelle, que ce soit en rapport avec des troubles pathologiques ou avec des problèmes sociaux. Au chapitre des conséquences les plus courantes du mauvais sommeil figure la somnolence, avec pour corollaire les accidents de la route et les accidents du travail liés à une baisse de la vigilance. D'autres conséquences parfois moins directes méritent d'être signalées, telles qu'une moins bonne aptitude à affronter les difficultés du quotidien, dans la mesure où le sommeil contribue à l'apprentissage et à l'équilibre psychologique de l'individu. Dans cet état des lieux remis au ministre, le manque de données épidémiologiques sur cette question en France est également souligné, notamment pour ce qui concerne les enquêtes déclaratives représentatives de la population générale. Ce manque est illustré par des différences assez nettes en termes de prévalence dans les différentes études recensées dans le rapport. L'enquête Baromètre santé 2005, si elle ne permet pas loin s'en faut d'explorer de manière exhaustive les problèmes liés au sommeil, apporte toutefois un cadrage quantitatif sur trois dimensions : celle de la qualité du sommeil ressentie ; celle, plus factuelle, de la survenue de troubles du sommeil au cours de la semaine précédant l'enquête ; et enfin, celle du recours à un hypnotique, mesurée au cours des douze derniers mois. Il convient de souligner que l'enquête n'avait pas pour objectif l'exploration des questions liées au sommeil, ces dimensions provenant en fait de différentes échelles de qualité de vie : l'échelle de Duke pour la première et le Whoqol pour la seconde. L'analyse qui en est proposée ici est donc à la fois exploratoire et fragmentaire. Notons que le volet santé mentale de l'enquête, le Cidi short form, contient également une question sur les difficultés à dormir, mais celle-ci n'est posée qu'aux personnes ayant vécu une période d'au moins deux semaines au cours desquelles elles se sont senties tristes, déprimées ou sans espoir. Elle ne peut donc, à l'inverse des deux autres, fournir d'information sur le sommeil à l'échelle de la population générale.[extrait chapitre]

Auteur : Beck François, LEON Christophe, Leger Damien
Année de publication : 2008
Pages : 519-932
Collection : Baromètres santé