Les inégalités sociales de santé d'Ottawa à Vancouver : agir pour une "égalité équitable des chances".

Publié le 1 Juin 2007
Mis à jour le 5 juillet 2019

Les auteurs tentent de montrer que la Charte d'Ottawa de 1986 n'a pas été suffisamment perçue ces 20 dernières années, y compris par ceux qui s'y réfèrent, comme un instrument stratégique pour orienter les interventions en faveur de la réduction des inégalités sociales de santé. En effet, si certaines politiques publiques de santé mettent l'accent sur la diminution des inégalités sociales de santé, seule la Charte d'Ottawa nous semble disposer du statut d'une déclaration internationale à cet effet. Les inégalités sociales de santé sont les différences de santé systématiques, évitables et injustes qui perdurent entre des individus et des sous-groupes de la population. Quatre exemples tirés du champ de la promotion de la santé servent à montrer que l'oubli de lutter contre les inégalités sociales de santé n'est pas l'apanage de ceux qui se réclament de la santé publique. Mais agir contre les inégalités sociales de santé n'est pas intervenir contre la pauvreté. De plus, intervenir selon le principe de l'égalité des chances, l'idéologie de la méritocratie, ou uniquement en faveur de l'ensemble de la population sans se préoccuper des sous-groupes n'a pour effet, dans le meilleur des cas, que de reproduire les inégalités. Bien que les données probantes ne soient pas suffisantes, il existe des études qui montrent que la réduction des inégalités sociales de santé n'est pas une aporie. Trois pistes sont avancées pour expliquer cette mise à l'écart des inégalités sociales de santé par les acteurs de la promotion de la santé. La Charte d'Ottawa a eu le mérite de mettre l'accent sur la lutte contre les inégalités sociales de santé. Maintenant, au-delà des déclarations, du cadre stratégique que la Charte fournit et en accord avec la Charte de Bangkok, il nous faut faire preuve de volontarisme. Nous suggérons quelques priorités pour l'avenir dont la responsabilité du plaidoyer devrait incomber à l'UIPES.[résumé auteur]

Auteur : Ridde V., Guichard A, Houeto D.
Global Health Promotion, 2007, vol. 14, n°. Suppl 2, p. 12-6