Les cohortes. Intérêt, rôle et position de l'InVS

Publié le 1 Janvier 2010
Mis à jour le 5 juillet 2019

Les études de cohorte ont été développées principalement dans une perspective de recherche étiologique. Dans le champ de la veille et de la surveillance, les cohortes ne constituent pas l'outil le plus efficace, ni du meilleur rapport coût/efficacité. La surveillance doit reposer principalement sur d'autres outils. Les enquêtes répétées en population avec examen de santé et prélèvement biologiques devront être développées. Ces grandes enquêtes transversales ne doivent pas être confondues avec les cohortes, car elles ne comportent pas de suivi au long cours. Ces deux approches ne sont pas concurrentes mais complémentaires. Les cohortes ont leur utilité et leur place dans la surveillance et l'Institut de veille sanitaire (InVS) utilise des cohortes depuis plusieurs années. Elles ont, cependant, des limites qui résident essentiellement dans leur manque initial de représentativité ou de l'érosion de cette représentativité au fil du temps. Elles ne permettent pas de surveiller des tendances temporelles sur le long terme quand la cohorte est dite "fermée", c'est-à-dire lorsque les même sujets sont suivis tout au long de l'étude, sans inclusions nouvelles. Pour l'InVS, sur le plan opérationnel, les recommandations suivantes peuvent être faites : - pouvoir prendre l'initiative de mettre en place des cohortes lorsqu'elles sont nécessaires pour répondre à ses missions ; - rechercher des collaborations, y compris contractuelles, avec les organismes de recherche qui gèrent des cohortes de manière à pouvoir valoriser dans un objectif de veille et de surveillance les données qui sont recueillies par leurs équipes (y compris la cohorte ELFE dont l'InVS a recommandé la mise en place) ; - s'impliquer davantage dans les instances d'orientation, de coordination et de financement, afin de faire valoir les besoins de la veille et de la surveillance en amont de la mise en place des politiques de recherche ; - contribuer activement aux efforts de mutualisation des outils. L'InVS ne peut être (seul) l'animateur de la réflexion sur l'intérêt des cohortes pour la santé publique en France. Une réflexion devrait être organisée dans un cadre plus large associant d'autres organismes et en particulier l'Institut de santé publique de l'Inserm. (R.A.)

Auteur : Salines G, Delaunay C
Année de publication : 2010
Pages : 20 p.